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Mercredi cinéma : "L'enfant d'en haut" d'Ursula Meier avec Léa Seydoux

Publié le : 18-04-2012

Programme de la semaine des cinémas de la Vallée de Montmorency :
Enghien - Franconville - Saint-Gratien - Taverny et les séances du mercredi de Ermont
Autres cinémas proches : Epinay-sur-Seine - Saint-Ouen l'Aumône

 

l'enfant d'en haut de Ursula MeierZoom nouveauté : "L'enfant d'en haut" d'Ursula Meier

L'histoire
Simon, 12 ans, emprunte l’hiver venu la petite télécabine qui relie la plaine industrielle où il vit seul avec sa sœur Louise, à l’opulente station de ski qui la surplombe.
Là-haut, il vole les skis et l’équipement des riches touristes qu’il revend ensuite aux enfants de son immeuble pour en tirer de petits mais réguliers bénéfices.
Louise, qui vient de perdre son travail, profite des trafics de Simon qui prennent de l’ampleur et devient de plus en plus dépendante de lui...
Un film d'Ursula Meier avec Léa Seydoux, Kacey Mottet Klein, Martin Compston et Gillian Anderson

 

Bonus : propos d'Ursula Meier, réalisatrice

Un souvenir
Bien après m’être plongée dans l’histoire de "L’enfant d’en haut", le souvenir d’un jeune garçon m’est soudain revenu en tête. J’ai grandi aux pieds du Jura et « monter » en station en hiver pour aller y skier était quelque chose de très banal et faisait partie de notre quotidien. Il y avait un garçon qui venait très souvent skier seul alors que nous étions toujours en groupe. Il skiait très mal et fonçait à toute allure sur les pistes, comme enivré par la vitesse et la prise de risque. Il semblait avoir un tel plaisir d’être « en haut »... Ce garçon m’intriguait jusqu’au jour où j’ai appris qu’il était interdit d’entrée aux restaurants d’altitude car il était soupçonné de voler les clients. Un petit voleur de station. Une racaille d’en haut. Quel drôle de décalage. Je me souviens l’avoir vu un jour être chassé d’un restaurant comme un malfrat. Il y avait des rumeurs qui circulaient à son propos et tout le monde s’en méfiait comme d’un paria. Les gens qui travaillaient en station nous avaient recommandé de faire attention à nos affaires et de nous tenir à distance. Mais ce petit voleur ne cessait de me fasciner peut-être parce qu’il n’avait pas sa place dans un tel décor, n’appartenant pas au milieu social qui a les moyens de se payer du matériel de ski, un abonnement... Ses vols ont continué et il a fini par être définitivement interdit de monter en l'enfant d'en haut de Ursula Meierstation par le téléphérique. Ce jeune voleur, sans amis, skiant comme un fou sur les pistes enneigées du Jura, restera un anonyme et un mystère pour moi. J’avais alors à peine douze ans, l’âge de Simon, et m’en souviens encore.

Un film vertical
Après avoir réalisé "Home", un film horizontal le long d’une autoroute, un monde parallèle qui défile à quelques mètres des fenêtres d’une famille, j’ai eu le désir de réaliser un film vertical rythmé par le mouvement incessant entre le bas et le haut, entre une plaine industrielle et sa station de ski dans la montagne. Le lien entre ces deux mondes : un téléphérique qui glisse dans le vide de l’un à l’autre, qui monte vers la lumière puis redescend sous la couche de nuages. En haut, ce sont les riches touristes venant des quatre coins du monde et glissant au soleil sur les pistes enneigées, un lieu de consommation ostentatoire et d’oisiveté. En bas, c’est la plaine industrielle, continuellement à l’ombre, où la neige a fondu, avec ses cheminées qui ne cracheront bientôt plus leurs fumées, et ses tours HLM isolées au pied des montagnes.

l'enfant d'en haut de Ursula MeierLe fond et la forme
Même si « L’enfant d’en haut » est le désir de faire après "Home" un film totalement ancré dans le réel, c’est-à-dire dans des décors existants, j’ai eu envie que cette station de ski et sa vallée ne soient pas identifiables par le spectateur. L’espace dans lequel l’action se déroule est ainsi constitué d’un ensemble de lieux rassemblés dans une cartographie imaginaire. Plus j’ai travaillé sur l’écriture du film, plus j’ai épuré le décor du bas en prenant le parti de ne montrer aucun autre décor en plaine que cette tour isolée plantée au milieu de nulle part et son parking, ainsi que le parcours non balisé de Simon à travers les champs pour rejoindre la bosse de neige où jouent les enfants, puis la station téléphérique locale. Le besoin d’épurer et de ramasser ainsi les lieux étant avant tout un désir de concision et de radicalité. L’histoire de "L’enfant d’en haut" fait corps avec le lieu qui n’est pas un simple décor mais est déjà porteur de l’histoire.
Nous voulions avec Agnès Godard, la chef opératrice avec laquelle j’avais déjà travaillé sur "Home", garder une approche conceptuelle tout en ouvrant vers un registre plus réaliste. Le choix de tourner en HD nous a amenées à aborder le travail de l’image avec la spécificité propre au numérique sans vouloir imiter le rendu de la pellicule. La HD ne devait en aucun cas se substituer au 35 mm, bien au contraire, nous avions eu le désir d’explorer des voies qui correspondent spécifiquement à ce support-là.
"L’Enfant d’en haut" est un film réaliste mais aussi une fable (il n’y a pas de services sociaux, pas de flics, etc.…). Notre volonté était de garder une forme de naturalisme pour le "haut", la station, le terrain de chasse de Simon en le suivant en L'enfant d'en haut d'Ursula Meierplans très serrés sans jamais saisir le grandiose du paysage.
Par contre en bas, dans la plaine, nous avons voulu casser le côté naturaliste, social, en allant à l’encontre de ce que l’on pouvait attendre : des plans larges – révélant les friches industrielles, la tour isolée, les routes, etc. – avec parfois des choix chromatiques très affirmés permettant d’interpréter les lieux et donc de les transposer. A chaque période du récit, qui se déroule sur toute une saison de ski (Noël, Février, Pâques), correspond une dominante de couleur.
Pour la première période, celle de Noël, Agnès a travaillé avec une lumière bleue. Lorsque Louise et Simon vont couper de nuit le sapin de Noël, toute la scène baigne dans une lumière bleutée qui l’adoucit et l’imprègne d’une touche « fable nordique », comme un conte d’Andersen : Simon rêve de faire Noël comme n’importe quel enfant. Le paysage dans toute sa grandeur n’apparaît qu’à la fin : la neige a fondu, la montagne s’est vidée des touristes et pour la première fois, Simon essaie de jouer comme un enfant, profitant de cet espace bien trop grand pour lui tout seul…
(extrait dossier de presse)

 

Autres films toujours à l'affiche :

"Radiostars" de Romain Lévy
"Le fils de l'autre" de Lorraine Lévy
"La terre outragée" de Michale Boganim
 "Les adieux à la reine" de Benoit Jacquot
"Cloclo" de Florent-Emilio Siri
"Nos plus belles vacances" de Philippe Lellouche
"Martha Marcy May Marlene" de Sean Durkin
"La mer à boire" de Jacques Maillot

"La désintégration" de Philippe Faucon
"Une bouteille à la mer" de Thierry Binisti

Programme de la semaine des cinémas de la Vallée de Montmorency :
Enghien - Franconville - Saint-Gratien - Taverny et les séances du mercredi de Ermont
Autres cinémas proches : Epinay-sur-Seine - Saint-Ouen l'Aumône

 

l'enfant d'en haut de Ursula MeierZoom nouveauté : "L'enfant d'en haut" d'Ursula Meier

L'histoire
Simon, 12 ans, emprunte l’hiver venu la petite télécabine qui relie la plaine industrielle où il vit seul avec sa sœur Louise, à l’opulente station de ski qui la surplombe.
Là-haut, il vole les skis et l’équipement des riches touristes qu’il revend ensuite aux enfants de son immeuble pour en tirer de petits mais réguliers bénéfices.
Louise, qui vient de perdre son travail, profite des trafics de Simon qui prennent de l’ampleur et devient de plus en plus dépendante de lui...
Un film d'Ursula Meier avec Léa Seydoux, Kacey Mottet Klein, Martin Compston et Gillian Anderson

 

Bonus : propos d'Ursula Meier, réalisatrice

Un souvenir
Bien après m’être plongée dans l’histoire de "L’enfant d’en haut", le souvenir d’un jeune garçon m’est soudain revenu en tête. J’ai grandi aux pieds du Jura et « monter » en station en hiver pour aller y skier était quelque chose de très banal et faisait partie de notre quotidien. Il y avait un garçon qui venait très souvent skier seul alors que nous étions toujours en groupe. Il skiait très mal et fonçait à toute allure sur les pistes, comme enivré par la vitesse et la prise de risque. Il semblait avoir un tel plaisir d’être « en haut »... Ce garçon m’intriguait jusqu’au jour où j’ai appris qu’il était interdit d’entrée aux restaurants d’altitude car il était soupçonné de voler les clients. Un petit voleur de station. Une racaille d’en haut. Quel drôle de décalage. Je me souviens l’avoir vu un jour être chassé d’un restaurant comme un malfrat. Il y avait des rumeurs qui circulaient à son propos et tout le monde s’en méfiait comme d’un paria. Les gens qui travaillaient en station nous avaient recommandé de faire attention à nos affaires et de nous tenir à distance. Mais ce petit voleur ne cessait de me fasciner peut-être parce qu’il n’avait pas sa place dans un tel décor, n’appartenant pas au milieu social qui a les moyens de se payer du matériel de ski, un abonnement... Ses vols ont continué et il a fini par être définitivement interdit de monter en l'enfant d'en haut de Ursula Meierstation par le téléphérique. Ce jeune voleur, sans amis, skiant comme un fou sur les pistes enneigées du Jura, restera un anonyme et un mystère pour moi. J’avais alors à peine douze ans, l’âge de Simon, et m’en souviens encore.

Un film vertical
Après avoir réalisé "Home", un film horizontal le long d’une autoroute, un monde parallèle qui défile à quelques mètres des fenêtres d’une famille, j’ai eu le désir de réaliser un film vertical rythmé par le mouvement incessant entre le bas et le haut, entre une plaine industrielle et sa station de ski dans la montagne. Le lien entre ces deux mondes : un téléphérique qui glisse dans le vide de l’un à l’autre, qui monte vers la lumière puis redescend sous la couche de nuages. En haut, ce sont les riches touristes venant des quatre coins du monde et glissant au soleil sur les pistes enneigées, un lieu de consommation ostentatoire et d’oisiveté. En bas, c’est la plaine industrielle, continuellement à l’ombre, où la neige a fondu, avec ses cheminées qui ne cracheront bientôt plus leurs fumées, et ses tours HLM isolées au pied des montagnes.

l'enfant d'en haut de Ursula MeierLe fond et la forme
Même si « L’enfant d’en haut » est le désir de faire après "Home" un film totalement ancré dans le réel, c’est-à-dire dans des décors existants, j’ai eu envie que cette station de ski et sa vallée ne soient pas identifiables par le spectateur. L’espace dans lequel l’action se déroule est ainsi constitué d’un ensemble de lieux rassemblés dans une cartographie imaginaire. Plus j’ai travaillé sur l’écriture du film, plus j’ai épuré le décor du bas en prenant le parti de ne montrer aucun autre décor en plaine que cette tour isolée plantée au milieu de nulle part et son parking, ainsi que le parcours non balisé de Simon à travers les champs pour rejoindre la bosse de neige où jouent les enfants, puis la station téléphérique locale. Le besoin d’épurer et de ramasser ainsi les lieux étant avant tout un désir de concision et de radicalité. L’histoire de "L’enfant d’en haut" fait corps avec le lieu qui n’est pas un simple décor mais est déjà porteur de l’histoire.
Nous voulions avec Agnès Godard, la chef opératrice avec laquelle j’avais déjà travaillé sur "Home", garder une approche conceptuelle tout en ouvrant vers un registre plus réaliste. Le choix de tourner en HD nous a amenées à aborder le travail de l’image avec la spécificité propre au numérique sans vouloir imiter le rendu de la pellicule. La HD ne devait en aucun cas se substituer au 35 mm, bien au contraire, nous avions eu le désir d’explorer des voies qui correspondent spécifiquement à ce support-là.
"L’Enfant d’en haut" est un film réaliste mais aussi une fable (il n’y a pas de services sociaux, pas de flics, etc.…). Notre volonté était de garder une forme de naturalisme pour le "haut", la station, le terrain de chasse de Simon en le suivant en L'enfant d'en haut d'Ursula Meierplans très serrés sans jamais saisir le grandiose du paysage.
Par contre en bas, dans la plaine, nous avons voulu casser le côté naturaliste, social, en allant à l’encontre de ce que l’on pouvait attendre : des plans larges – révélant les friches industrielles, la tour isolée, les routes, etc. – avec parfois des choix chromatiques très affirmés permettant d’interpréter les lieux et donc de les transposer. A chaque période du récit, qui se déroule sur toute une saison de ski (Noël, Février, Pâques), correspond une dominante de couleur.
Pour la première période, celle de Noël, Agnès a travaillé avec une lumière bleue. Lorsque Louise et Simon vont couper de nuit le sapin de Noël, toute la scène baigne dans une lumière bleutée qui l’adoucit et l’imprègne d’une touche « fable nordique », comme un conte d’Andersen : Simon rêve de faire Noël comme n’importe quel enfant. Le paysage dans toute sa grandeur n’apparaît qu’à la fin : la neige a fondu, la montagne s’est vidée des touristes et pour la première fois, Simon essaie de jouer comme un enfant, profitant de cet espace bien trop grand pour lui tout seul…
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Autres films toujours à l'affiche :

"Radiostars" de Romain Lévy
"Le fils de l'autre" de Lorraine Lévy
"La terre outragée" de Michale Boganim
 "Les adieux à la reine" de Benoit Jacquot
"Cloclo" de Florent-Emilio Siri
"Nos plus belles vacances" de Philippe Lellouche
"Martha Marcy May Marlene" de Sean Durkin
"La mer à boire" de Jacques Maillot

"La désintégration" de Philippe Faucon
"Une bouteille à la mer" de Thierry Binisti

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