David Gabelin, notre cher "maître composteur" revient, en ce début 2015, pour nous dispenser de manière pédagogique de nouvelles règles concernant le jardinage et le compostage.
Aujourd'hui, il nous explique tous les bienfaits des composts sur les sols.
Pour parler des effets des composts sur les sols, il faut évoquer en préambule les sols eux-mêmes. Et commençons d'abord par expliquer différence entre terre et litière, qui composent deux parties distinctes. La litière (terre arable) est cette infime partie des sols, d'une hauteur n’excédant pas 40 cm, dans lesquelles les graines et les plantes peuvent trouver les éléments nécessaires à leur développement et leur survie. La terre (sous-sol) au contraire fait référence à la partie profonde, d'une structure généralement plus grossière, plus minérale.
Quels sont les éléments des sols ?
• Sables et limons sont inertes, et structurent le sol comme une charpente. Les particules minérales de tailles inégales conditionnent la capacité de drainage et de rétention d'eau.
• Argile et humus fournissent la structure de la couche de litière (complexe argilo-humique), abritent grâce au stock de matière organique les micro organismes décomposeurs et minéralisateurs, permettant aux plantes de tirer leur nourriture de ce substrat.
• L'eau, enfin, élément incontournable, qui maintient en solution les éléments minéraux et les nutriments, les rendant disponibles et assimilables par les plantes grâce à leurs réseaux racinaires.
Quels sont les différents types de sols ?
• Terre calcaire, de couleur claire, caillouteuse, dure à travailler car compacte. Deux indicateurs poussent en abondance sur ces terres : les coquelicots et la moutarde. L'amélioration de ces terres passe par un allègement et un décompactage, par l'adjonction d'éléments drainants, comme le sable par exemple.
• Terre argileuse, de couleur sombre, lourde et collante, difficile à travailler en hiver, mais conservant assez d'eau en été pour subvenir aux besoins des plantes. Ces terres peuvent être améliorées par l'ajout de sable et de compost, ou de matières organiques décomposées, même grossièrement. Les marqueurs sont par exemple le liseron, les pâquerettes, les boutons d'or.
• Terres sablonneuses, de structuration très faible, trop drainante, ne conservant pas beaucoup l'eau, impropres à la culture, sauf par de fréquents et abondants ajouts en composts. De couleur très claire, et « fluide », elles sont marquées par la pousse des genêts et des bruyères notamment• Enfin, les terres humifères, de couleur noire, de structure faible, légère, retenant bien l'eau, riche en matières organiques décomposées d'origine végétale. Cependant, elle est un peu acide et il est nécessaire parfois de l'alourdir avec de la terre argileuse ou calcaire, voire un peu de chaux pour ramener le pH vers un milieu neutre. La fougère se développe particulièrement bien sur ce type de sol.
Les sols, grossièrement identifiés, nous pouvons évoquer maintenant les avantages des composts, de manière générique, et sans être exhaustifs :
Avantages physiques :
• le complexe argilo-humique présent dans les composts permet d'agréger les éléments du sol entre eux, tendant à redonner une structure maillée au sol. Ceci apporte une souplesse de texture aux sols lourds, et au contraire donne une densité accrue aux sols trop légers du type sablonneux. Le sol retrouve une aération nécessaire à l'oxygénation des plantes.
• La capacité de rétention en eau des composts redonnera aux sols lourds la capacité de drainage, alors qu'elle apportera la capacité de rétention dans les sols sablonneux.
Avantages chimiques :
• les composts oscillent entre des pH allant de 6,8 à 8,2, redonnant aux sols en dérive acide ou basique une possibilité de revenir vers une gamme de pH dans laquelle la plupart des végétaux se développe de manière correcte.
• Les composts possèdent différents fractions organiques et minérales, offrant un enrichissement aux sols et aux plantes, et aident également à l'acte dépollutif en colloïdant les métaux lourds, les rendant non lessivables, diminuant ainsi la fuite d'éléments libres polluants vers les sous couches et les nappes phréatiques.
• Les composts sont des puits de carbone, et par extension, d'excellents pièges d'azote, qui libèrent le fertilisant au fur et à mesure de la dégradation des matières dans le temps.
Avantages biologiques :
• les composts sont riches en matières organiques et en micro organismes, qui ramènent et amplifient la vie du sol, système écologique complet nécessaire aux plantes pour transformer les matières organiques en matières minérales assimilables et nutriments bénéfiques.
• Le sol nourrissant les plantes, et retrouvant sa capacité à dégrader les matières organiques, redevient un milieu vivant qui s'entretient et s'organise. Les plantes évoluant dans des sols riches et vivants sont plus saines et donc plus fortes pour affronter la concurrence, les parasites et les maladies.
On l'aura compris, les composts apportent de nombreux avantages s'ils sont utilisés dans de bonnes conditions, et dans les bonnes proportions. En effet, des végétaux n'ayant pas besoin de beaucoup de matières organiques n'auront pas besoin d'apports (cela serait un gaspillage!) alors que d'autres nécessiteront des apports constants, car très exigeants en fumures.
Comment, et en quelles proportions faut-il utiliser le compost, et dans quel état de maturation ? Tâchons d'y voir un peu plus clair :
Plantes qui ne nécessitent que peu ou pas d'apports :
• ail, chou de Bruxelles, fève, échalote, endive, mâche, navet, oignon, radis
Plantes moyennement exigeantes (- de 3kg au mètre carré) :
• asperge, betterave (*) , bette,
• carotte (*) , laitue, panais (*) , haricot (*) , pois (*) , salsifis (*)
* apport en compost mûr
Plantes très exigeantes (+ de 3kg au mètre carré) :
• artichaut, aubergine,
• choux (*) , concombre, courge, épinard (*) , fraisier, maïs, melon,
• poireau, poivron, pomme de terre, cucurbitacées, tomate
Les plantes non marquées par une * peuvent supporter un apport de compost mi-mûr. Rappelez-vous qu'une brouette peut contenir jusqu'à 40 kg de compost.
David Gabelin, notre cher "maître composteur" revient, en ce début 2015, pour nous dispenser de manière pédagogique de nouvelles règles concernant le jardinage et le compostage.
Aujourd'hui, il nous explique tous les bienfaits des composts sur les sols.
Pour parler des effets des composts sur les sols, il faut évoquer en préambule les sols eux-mêmes. Et commençons d'abord par expliquer différence entre terre et litière, qui composent deux parties distinctes. La litière (terre arable) est cette infime partie des sols, d'une hauteur n’excédant pas 40 cm, dans lesquelles les graines et les plantes peuvent trouver les éléments nécessaires à leur développement et leur survie. La terre (sous-sol) au contraire fait référence à la partie profonde, d'une structure généralement plus grossière, plus minérale.
Quels sont les éléments des sols ?
• Sables et limons sont inertes, et structurent le sol comme une charpente. Les particules minérales de tailles inégales conditionnent la capacité de drainage et de rétention d'eau.
• Argile et humus fournissent la structure de la couche de litière (complexe argilo-humique), abritent grâce au stock de matière organique les micro organismes décomposeurs et minéralisateurs, permettant aux plantes de tirer leur nourriture de ce substrat.
• L'eau, enfin, élément incontournable, qui maintient en solution les éléments minéraux et les nutriments, les rendant disponibles et assimilables par les plantes grâce à leurs réseaux racinaires.
Quels sont les différents types de sols ?
• Terre calcaire, de couleur claire, caillouteuse, dure à travailler car compacte. Deux indicateurs poussent en abondance sur ces terres : les coquelicots et la moutarde. L'amélioration de ces terres passe par un allègement et un décompactage, par l'adjonction d'éléments drainants, comme le sable par exemple.
• Terre argileuse, de couleur sombre, lourde et collante, difficile à travailler en hiver, mais conservant assez d'eau en été pour subvenir aux besoins des plantes. Ces terres peuvent être améliorées par l'ajout de sable et de compost, ou de matières organiques décomposées, même grossièrement. Les marqueurs sont par exemple le liseron, les pâquerettes, les boutons d'or.
• Terres sablonneuses, de structuration très faible, trop drainante, ne conservant pas beaucoup l'eau, impropres à la culture, sauf par de fréquents et abondants ajouts en composts. De couleur très claire, et « fluide », elles sont marquées par la pousse des genêts et des bruyères notamment• Enfin, les terres humifères, de couleur noire, de structure faible, légère, retenant bien l'eau, riche en matières organiques décomposées d'origine végétale. Cependant, elle est un peu acide et il est nécessaire parfois de l'alourdir avec de la terre argileuse ou calcaire, voire un peu de chaux pour ramener le pH vers un milieu neutre. La fougère se développe particulièrement bien sur ce type de sol.
Les sols, grossièrement identifiés, nous pouvons évoquer maintenant les avantages des composts, de manière générique, et sans être exhaustifs :
Avantages physiques :
• le complexe argilo-humique présent dans les composts permet d'agréger les éléments du sol entre eux, tendant à redonner une structure maillée au sol. Ceci apporte une souplesse de texture aux sols lourds, et au contraire donne une densité accrue aux sols trop légers du type sablonneux. Le sol retrouve une aération nécessaire à l'oxygénation des plantes.
• La capacité de rétention en eau des composts redonnera aux sols lourds la capacité de drainage, alors qu'elle apportera la capacité de rétention dans les sols sablonneux.
Avantages chimiques :
• les composts oscillent entre des pH allant de 6,8 à 8,2, redonnant aux sols en dérive acide ou basique une possibilité de revenir vers une gamme de pH dans laquelle la plupart des végétaux se développe de manière correcte.
• Les composts possèdent différents fractions organiques et minérales, offrant un enrichissement aux sols et aux plantes, et aident également à l'acte dépollutif en colloïdant les métaux lourds, les rendant non lessivables, diminuant ainsi la fuite d'éléments libres polluants vers les sous couches et les nappes phréatiques.
• Les composts sont des puits de carbone, et par extension, d'excellents pièges d'azote, qui libèrent le fertilisant au fur et à mesure de la dégradation des matières dans le temps.
Avantages biologiques :
• les composts sont riches en matières organiques et en micro organismes, qui ramènent et amplifient la vie du sol, système écologique complet nécessaire aux plantes pour transformer les matières organiques en matières minérales assimilables et nutriments bénéfiques.
• Le sol nourrissant les plantes, et retrouvant sa capacité à dégrader les matières organiques, redevient un milieu vivant qui s'entretient et s'organise. Les plantes évoluant dans des sols riches et vivants sont plus saines et donc plus fortes pour affronter la concurrence, les parasites et les maladies.
On l'aura compris, les composts apportent de nombreux avantages s'ils sont utilisés dans de bonnes conditions, et dans les bonnes proportions. En effet, des végétaux n'ayant pas besoin de beaucoup de matières organiques n'auront pas besoin d'apports (cela serait un gaspillage!) alors que d'autres nécessiteront des apports constants, car très exigeants en fumures.
Comment, et en quelles proportions faut-il utiliser le compost, et dans quel état de maturation ? Tâchons d'y voir un peu plus clair :
Plantes qui ne nécessitent que peu ou pas d'apports :
• ail, chou de Bruxelles, fève, échalote, endive, mâche, navet, oignon, radis
Plantes moyennement exigeantes (- de 3kg au mètre carré) :
• asperge, betterave (*) , bette,
• carotte (*) , laitue, panais (*) , haricot (*) , pois (*) , salsifis (*)
* apport en compost mûr
Plantes très exigeantes (+ de 3kg au mètre carré) :
• artichaut, aubergine,
• choux (*) , concombre, courge, épinard (*) , fraisier, maïs, melon,
• poireau, poivron, pomme de terre, cucurbitacées, tomate
Les plantes non marquées par une * peuvent supporter un apport de compost mi-mûr. Rappelez-vous qu'une brouette peut contenir jusqu'à 40 kg de compost.
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