Ciné-patrimoine : Claude Schwab, ermontois et cinéphile invétéré, nous invite à découvrir les célèbres films tournés dans notre Vallée de Montmorency.
Aujourd'hui, il évoque "L'armée des ombres" de Jean-Pierre Melville dont une célèbre scène a été tournée au Fort de Cormeilles-en-Parisis !
Les films dont le cadre, au moins pour une scène, a été le fort de Cormeilles, sont si nombreux que les énumérer reviendrait à remplir à elle seule notre modeste chronique ! Ayant le sentiment de n'avoir pas toujours évoqué des films impérissables, je choisis, aujorud'hui un film culte : "L'Armée des Ombres" de Jean Pierre Melville (1969).
C'est en effet un très grand film, le préféré de son réalisateur, qui adapte le roman éponyme de Joseph Kessel. "L'Armée des ombres". c'est l'armée clandestine et souterraine de la Résistance.
Plusieurs personnages, appartenant tous au même réseau, y sont magistralement campés : Philippe Gerbier (Lino Ventura), Mathilde (Simone Signoret), Luc Jardie (Paul Meurisse), Jean François Jardie (Jean-Pierre Cassel)...
Melville nous montre la Résistance dans son effroyable banalité, sans artifices mélodramatiques ni romantisme, dans un film à l'allure de tragédie. « D'un récit sublime, merveilleux documentaire sur la Résistance, j'ai fait une rêverie rétrospective ; un pèlerinage nostalgique sur une époque qui a marqué profondément ma génération » confiait le réalisateur à Rui Noguera dans "Le cinéma selon Jean Pierre Melvillle".
Une scène-clé du film a été tournée dans le fort de Cormeilles : la seconde évasion de Philippe Gerbier. Ce dernier, un des chefs de la Résistance, est activement recherché depuis sa précédente évasion des locaux de la Gestapo à l'hôtel Martinez. Gerbier est arrêté tout à fait par hasard dans un restaurant lyonnais, lors d'une banale descente de police qui suspecte un trafic de cartes d'alimentation.
Remis aux autorités allemandes, Philippe Gerbier doit être exécuté avec une demi-douzaine d'autres résistants. Ils attendant dans un cachot. Seul, Gerbier a sur lui des cigarettes, il fait tourner son paquet pour que chaque codétenu puisse fumer une dernière fois, mais il en manque une : c'est Gerbier qui s'en passera ! Scène éclairante quant à la générosité de Gerbier, mais le personnage peut aussi se montrer implacable : il n'a pas hésité à faire exécuter un traître et, plus tard, à ordonner la mort de Mathilde afin de lui éviter de parler sous la torture.
A l'heure de l'exécution, la perversité de l'ennemi est épouvantable : « Nous allons vous donner une chance, nous n'allons pas tirer tout de suite, vous allez courir, celui qui arrivera le premier au mur sera fusillé la prochaine fois avec d'autres condamnés » leur annonce l'officier commandant la batterie de mitrailleuses. Gerbier refuse d'abord de se prêter à ce jeu macabre mais y est contraint. Bien lui en prend : des grenades fumigènes obscurcissent le champ de tir et une corde l'attend au pied du mur. Ses camarades; Mathilde en tête, ont organisé son évasion ! Bien évidemment cette fuite est invraisemblable et nous sommes à mille lieues de tout réalisme : ce n'est pas la personne de Gerbier qui échappe au feu de la mitrailleuse allemande mais ce qu'il incarne : la Résistance.
Si la première partie de cette scène se déroule bien dans les souterrains du fort, la seconde en revanche a été filmée au camp militaire de Satory, dans un bunker détruit peu après le tournage.
N'hésitez surtout pas à revoir cette scène et même l'intégralité de ce film formidable dans lequel Lino Ventura est exceptionnel. On sait qu'il n'adressait plus la parole à Melville depuis "Le deuxième souffle" et que toute la communication entre le réalisateur et son acteur principal passait par l'intermédiaire d'assistants. Cela n'a manifestement pas empêché l'éclosion d'un chef d'œuvre !
Bonus : extrait de l'évasion de Lino Ventura dans "L'Armée des ombres" (site Alllociné)
Ciné-patrimoine : Claude Schwab, ermontois et cinéphile invétéré, nous invite à découvrir les célèbres films tournés dans notre Vallée de Montmorency.
Aujourd'hui, il évoque "L'armée des ombres" de Jean-Pierre Melville dont une célèbre scène a été tournée au Fort de Cormeilles-en-Parisis !
Les films dont le cadre, au moins pour une scène, a été le fort de Cormeilles, sont si nombreux que les énumérer reviendrait à remplir à elle seule notre modeste chronique ! Ayant le sentiment de n'avoir pas toujours évoqué des films impérissables, je choisis, aujorud'hui un film culte : "L'Armée des Ombres" de Jean Pierre Melville (1969).
C'est en effet un très grand film, le préféré de son réalisateur, qui adapte le roman éponyme de Joseph Kessel. "L'Armée des ombres". c'est l'armée clandestine et souterraine de la Résistance.
Plusieurs personnages, appartenant tous au même réseau, y sont magistralement campés : Philippe Gerbier (Lino Ventura), Mathilde (Simone Signoret), Luc Jardie (Paul Meurisse), Jean François Jardie (Jean-Pierre Cassel)...
Melville nous montre la Résistance dans son effroyable banalité, sans artifices mélodramatiques ni romantisme, dans un film à l'allure de tragédie. « D'un récit sublime, merveilleux documentaire sur la Résistance, j'ai fait une rêverie rétrospective ; un pèlerinage nostalgique sur une époque qui a marqué profondément ma génération » confiait le réalisateur à Rui Noguera dans "Le cinéma selon Jean Pierre Melvillle".
Une scène-clé du film a été tournée dans le fort de Cormeilles : la seconde évasion de Philippe Gerbier. Ce dernier, un des chefs de la Résistance, est activement recherché depuis sa précédente évasion des locaux de la Gestapo à l'hôtel Martinez. Gerbier est arrêté tout à fait par hasard dans un restaurant lyonnais, lors d'une banale descente de police qui suspecte un trafic de cartes d'alimentation.
Remis aux autorités allemandes, Philippe Gerbier doit être exécuté avec une demi-douzaine d'autres résistants. Ils attendant dans un cachot. Seul, Gerbier a sur lui des cigarettes, il fait tourner son paquet pour que chaque codétenu puisse fumer une dernière fois, mais il en manque une : c'est Gerbier qui s'en passera ! Scène éclairante quant à la générosité de Gerbier, mais le personnage peut aussi se montrer implacable : il n'a pas hésité à faire exécuter un traître et, plus tard, à ordonner la mort de Mathilde afin de lui éviter de parler sous la torture.
A l'heure de l'exécution, la perversité de l'ennemi est épouvantable : « Nous allons vous donner une chance, nous n'allons pas tirer tout de suite, vous allez courir, celui qui arrivera le premier au mur sera fusillé la prochaine fois avec d'autres condamnés » leur annonce l'officier commandant la batterie de mitrailleuses. Gerbier refuse d'abord de se prêter à ce jeu macabre mais y est contraint. Bien lui en prend : des grenades fumigènes obscurcissent le champ de tir et une corde l'attend au pied du mur. Ses camarades; Mathilde en tête, ont organisé son évasion ! Bien évidemment cette fuite est invraisemblable et nous sommes à mille lieues de tout réalisme : ce n'est pas la personne de Gerbier qui échappe au feu de la mitrailleuse allemande mais ce qu'il incarne : la Résistance.
Si la première partie de cette scène se déroule bien dans les souterrains du fort, la seconde en revanche a été filmée au camp militaire de Satory, dans un bunker détruit peu après le tournage.
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Bonus : extrait de l'évasion de Lino Ventura dans "L'Armée des ombres" (site Alllociné)
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