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Rencontre avec David Gabelin, maître composteur à Eaubonne : interview écologique !

Publié le : 24-09-2013

David GabelinLe Journal de François me réserve de belles surprises et la rencontre avec David Gabelin, maître composteur et responsable de l'entreprise "Terre de Lombric" à Eaubonne, en fait partie. En effet, pendant trois heures, nous avons échangé sur ses actions, ses ambitions environnementales et son souhait de partager son savoir avec le public. C'est pourquoi, vous retrouverez prochainement dans le Journal une rubrique "Jardinage et compostage" que David animera.

 

David, vous habitez Eaubonne et vous êtes maître composteur et spécialiste dans la gestion des déchets organiques. Pouvez-vous nous éclairer sur votre spécialité en nous racontant votre parcours ?
Au départ, j'ai une formation de biologiste. Puis, pendant 15 ans, j'ai fait de l'assistance à maitrise d'ouvrage dans la gestion de projets informatiques. Bref, cela n'avait plus rien à voir avec ma formation initiale.
Puis en 2009, j'ai envisagé de mettre à profit mon expérience de gestion de projet dans un domaine qui m'intéresse vraiment : la gestion de proximité des déchets organiques, c'est-à-dire tous nos déchets de préparation de cuisine, restes de repas ainsi que les déchets verts issus du jardin, qui représentent 30% de la totalité de nos poubelles ! Ces 30 % vont à l'incinérateur et ils sont gorgés d'eau.  Cela pose souci. Il faut de l'énergie pour les brûler ; c'est donc une aberration écologique et économique. On transforme de la matière en énergie mais on ne peut plus faire le contraire, tout du moins sous une forme utilisable par nous. On  brise ainsi un cycle naturel ! 
 
Je vous sens passionné ! Comment avez-vous débuté ?
Je souhaitais me responsabiliser sur mes déchets. J'ai débuté avec une lombricompostière (lombricomposteur) d'appartement, pour 4 personnes. On trouve ce genre de matériel en vente sur Internet. J'aurais pu aussi la fabriquer moi-même. Un temps d'apprentissage mutuel est nécessaire mais largement récompensé par le travail incessant des vers transformant la matière. Les vers se reproduisent vite, et permettent la production d'un amendement très riche ainsi qu'un jus gorgé de nutriments qu'il faut diluer si l'on veut l'appliquer sur des plantes d'intérieur. Plus besoin de produits chimiques !
Ensuite, j'ai créé une activité permettant la production d'une tonne par an de Lombricompost, selon une autre technique. Mais cela restait « artisanal ». En parallèle, j'ai suivi une formation complète de Maitre-Composteur en Belgique au Comité Jean Pain, centre réputé mondialement pour ses enseignements sur les techniques de compostage.
 
Terre de LombricVous parlez d'expérience artisanale. Quel chemin vous a ensuite mené à la création de "Terre de lombric" ?
Convaincu de la grande richesse du produit, j'ai vite compris son grand intérêt pour l'infertilité des sols, leur pollution par des produits chimiques de synthèse, la mort de la vie du sol et les enjeux de l'alimentation des populations. Mais il faut produire le lombricompost à grande échelle et le proposer aux collectivités et agriculteurs pour répondre aux besoins en fertilisants naturels dans une démarche générale de "Zéro phytosanitaires". Terre de Lombric travaille sur la partie commerciale pour accentuer la connaissance et l'usage du Lombricompost.
D'autre part, actuellement, les quantités de déchets organiques de nos poubelles et jardins à traiter sont phénoménales : les incinérateurs sont pleins, les décharges aussi ! Jusqu'à très récemment, on jetait tout, on mettait nos poubelles sur le trottoir, et la gestion des déchets n'était plus notre problème ! Sauf qu'on le paie très cher dans nos impôts et que cela occasionne aussi des problèmes environnementaux.  Nous devons changer ce mode de fonctionnement. Il est nécessaire sensibiliser, éduquer le public et les collectivités dans la gestion de proximité des déchets organiques à travers différentes actions pédagogiques.  C'est ainsi que Terre de lombric voit le jour avec ce double objectif  : vente de lombricompost, engrais naturel performant auprès des particuliers, entreprises et collectivités et participation à la réduction des déchets fermentescibles à travers des formations, conférences et accompagnement des différents projets (collectivités, écoles, compostage partagé, compostage autonome en établissement).
 
Comment se passe votre rôle d'intermédiaire entre les Producteurs et vos clients Entreprise ?
Je travaille en collaboration avec un partenaire qui produit plus de 500 T par an.  Le lombricompost vendu est issu uniquement à partir de fumier de cheval et de bovins et devient un amendement de très grande qualité.  Pour ma part, je prospecte auprès des collectivités, entreprises, golfs, etc.
Je travaille par exemple avec la ville de Montmorency, passée complètement au "zéro phyto", l'entreprise MANUTAN qui construit un potager Bio de 5000 m², un arboriculteur de Groslay...
J'apporte mes connaissances et mon sens de l'organisation. J'assure la logistique des livraisons qui se font par "big bag" de 500 kg. Mes clients sont de plus en plus demandeurs et surpris par l'efficacité du lombricompost. Des particuliers qui m'achètent des seaux lors des Salons où je suis présent ("Naturelles" à Montmorency, "Saveurs d'automne" à Eaubonne…), n'en reviennent pas : leurs plantes refleurissent, retrouvent de plus belles couleurs… La jardinerie Taffin de Montmorency utilise aussi notre lombricompost comme engrais naturel et nous mettons en place ensemble un site permanent de démonstration et d'apprentissage de la technique du compostage à domicile. A venir visiter dès cet automne, et s'instruire dès le printemps prochain. 
 
Ces ateliers font partie, je le suppose, de vos démarches de sensibilisation envers le public ?
Effectivement, nous initialisons de nombreuses démarches envers le public comme ces ateliers chez Taffin mais aussi envers les jeunes et les collectivités. Par exemple, nous menons des projets à Bessancourt, auprès de toutes les écoles, et montons les sites de compostage et jardinage pédadogique. Au centre Lamartine notamment : nous avons sensibilisé le personnel de cantine, les animateurs et les élèves en montant un projet pédagogique : gestion des déchets organiques de proximité avec mise en place du compostage. Aux jardins pédagogiques nous tenterons de montrer une façon différente de cultiver la terre sans l'abimer, et sans l'épuiser, par l'exemple de la permaculture et de jardins d'inspiration médiévale.
 
terre de LombricLa gestion des déchets organiques vous tient à cœur…
Mais elle est essentielle ! Rendez-vous compte : pour notre territoire concerné par le syndicat Emeraude qui regroupe 17 communes et 270 000 habitants, c'est 23 000 tonnes de déchets organiques produits (360 kg par personne et par an d'Ordures Ménagères Résiduelles OMR) et tout ou presque part à l'incinérateur. C'est l'inertie de l'irresponsabilité !  Cependant, on essaie timidement de faire marche arrière. Prochainement, une redevance incitative va être mise en place pour responsabiliser tout le monde : chacun va payer réellement ce qu'il jette en "puçant" chaque poubelle. On aura une facture comme pour l'électricité ou le gaz. Cela posera sûrement des problèmes d'organisation au départ mais cela responsabilisera chacun. Certaines entreprises sont déjà passées à la redevance spéciale, et la loi impose des restrictions de tonnage qui seront au maximum de 10 T/an en 2016, autrement dit demain.

Grand merci à David que vous retrouvez régulièrement très prochainement.

David GabelinLe Journal de François me réserve de belles surprises et la rencontre avec David Gabelin, maître composteur et responsable de l'entreprise "Terre de Lombric" à Eaubonne, en fait partie. En effet, pendant trois heures, nous avons échangé sur ses actions, ses ambitions environnementales et son souhait de partager son savoir avec le public. C'est pourquoi, vous retrouverez prochainement dans le Journal une rubrique "Jardinage et compostage" que David animera.

 

David, vous habitez Eaubonne et vous êtes maître composteur et spécialiste dans la gestion des déchets organiques. Pouvez-vous nous éclairer sur votre spécialité en nous racontant votre parcours ?
Au départ, j'ai une formation de biologiste. Puis, pendant 15 ans, j'ai fait de l'assistance à maitrise d'ouvrage dans la gestion de projets informatiques. Bref, cela n'avait plus rien à voir avec ma formation initiale.
Puis en 2009, j'ai envisagé de mettre à profit mon expérience de gestion de projet dans un domaine qui m'intéresse vraiment : la gestion de proximité des déchets organiques, c'est-à-dire tous nos déchets de préparation de cuisine, restes de repas ainsi que les déchets verts issus du jardin, qui représentent 30% de la totalité de nos poubelles ! Ces 30 % vont à l'incinérateur et ils sont gorgés d'eau.  Cela pose souci. Il faut de l'énergie pour les brûler ; c'est donc une aberration écologique et économique. On transforme de la matière en énergie mais on ne peut plus faire le contraire, tout du moins sous une forme utilisable par nous. On  brise ainsi un cycle naturel ! 
 
Je vous sens passionné ! Comment avez-vous débuté ?
Je souhaitais me responsabiliser sur mes déchets. J'ai débuté avec une lombricompostière (lombricomposteur) d'appartement, pour 4 personnes. On trouve ce genre de matériel en vente sur Internet. J'aurais pu aussi la fabriquer moi-même. Un temps d'apprentissage mutuel est nécessaire mais largement récompensé par le travail incessant des vers transformant la matière. Les vers se reproduisent vite, et permettent la production d'un amendement très riche ainsi qu'un jus gorgé de nutriments qu'il faut diluer si l'on veut l'appliquer sur des plantes d'intérieur. Plus besoin de produits chimiques !
Ensuite, j'ai créé une activité permettant la production d'une tonne par an de Lombricompost, selon une autre technique. Mais cela restait « artisanal ». En parallèle, j'ai suivi une formation complète de Maitre-Composteur en Belgique au Comité Jean Pain, centre réputé mondialement pour ses enseignements sur les techniques de compostage.
 
Terre de LombricVous parlez d'expérience artisanale. Quel chemin vous a ensuite mené à la création de "Terre de lombric" ?
Convaincu de la grande richesse du produit, j'ai vite compris son grand intérêt pour l'infertilité des sols, leur pollution par des produits chimiques de synthèse, la mort de la vie du sol et les enjeux de l'alimentation des populations. Mais il faut produire le lombricompost à grande échelle et le proposer aux collectivités et agriculteurs pour répondre aux besoins en fertilisants naturels dans une démarche générale de "Zéro phytosanitaires". Terre de Lombric travaille sur la partie commerciale pour accentuer la connaissance et l'usage du Lombricompost.
D'autre part, actuellement, les quantités de déchets organiques de nos poubelles et jardins à traiter sont phénoménales : les incinérateurs sont pleins, les décharges aussi ! Jusqu'à très récemment, on jetait tout, on mettait nos poubelles sur le trottoir, et la gestion des déchets n'était plus notre problème ! Sauf qu'on le paie très cher dans nos impôts et que cela occasionne aussi des problèmes environnementaux.  Nous devons changer ce mode de fonctionnement. Il est nécessaire sensibiliser, éduquer le public et les collectivités dans la gestion de proximité des déchets organiques à travers différentes actions pédagogiques.  C'est ainsi que Terre de lombric voit le jour avec ce double objectif  : vente de lombricompost, engrais naturel performant auprès des particuliers, entreprises et collectivités et participation à la réduction des déchets fermentescibles à travers des formations, conférences et accompagnement des différents projets (collectivités, écoles, compostage partagé, compostage autonome en établissement).
 
Comment se passe votre rôle d'intermédiaire entre les Producteurs et vos clients Entreprise ?
Je travaille en collaboration avec un partenaire qui produit plus de 500 T par an.  Le lombricompost vendu est issu uniquement à partir de fumier de cheval et de bovins et devient un amendement de très grande qualité.  Pour ma part, je prospecte auprès des collectivités, entreprises, golfs, etc.
Je travaille par exemple avec la ville de Montmorency, passée complètement au "zéro phyto", l'entreprise MANUTAN qui construit un potager Bio de 5000 m², un arboriculteur de Groslay...
J'apporte mes connaissances et mon sens de l'organisation. J'assure la logistique des livraisons qui se font par "big bag" de 500 kg. Mes clients sont de plus en plus demandeurs et surpris par l'efficacité du lombricompost. Des particuliers qui m'achètent des seaux lors des Salons où je suis présent ("Naturelles" à Montmorency, "Saveurs d'automne" à Eaubonne…), n'en reviennent pas : leurs plantes refleurissent, retrouvent de plus belles couleurs… La jardinerie Taffin de Montmorency utilise aussi notre lombricompost comme engrais naturel et nous mettons en place ensemble un site permanent de démonstration et d'apprentissage de la technique du compostage à domicile. A venir visiter dès cet automne, et s'instruire dès le printemps prochain. 
 
Ces ateliers font partie, je le suppose, de vos démarches de sensibilisation envers le public ?
Effectivement, nous initialisons de nombreuses démarches envers le public comme ces ateliers chez Taffin mais aussi envers les jeunes et les collectivités. Par exemple, nous menons des projets à Bessancourt, auprès de toutes les écoles, et montons les sites de compostage et jardinage pédadogique. Au centre Lamartine notamment : nous avons sensibilisé le personnel de cantine, les animateurs et les élèves en montant un projet pédagogique : gestion des déchets organiques de proximité avec mise en place du compostage. Aux jardins pédagogiques nous tenterons de montrer une façon différente de cultiver la terre sans l'abimer, et sans l'épuiser, par l'exemple de la permaculture et de jardins d'inspiration médiévale.
 
terre de LombricLa gestion des déchets organiques vous tient à cœur…
Mais elle est essentielle ! Rendez-vous compte : pour notre territoire concerné par le syndicat Emeraude qui regroupe 17 communes et 270 000 habitants, c'est 23 000 tonnes de déchets organiques produits (360 kg par personne et par an d'Ordures Ménagères Résiduelles OMR) et tout ou presque part à l'incinérateur. C'est l'inertie de l'irresponsabilité !  Cependant, on essaie timidement de faire marche arrière. Prochainement, une redevance incitative va être mise en place pour responsabiliser tout le monde : chacun va payer réellement ce qu'il jette en "puçant" chaque poubelle. On aura une facture comme pour l'électricité ou le gaz. Cela posera sûrement des problèmes d'organisation au départ mais cela responsabilisera chacun. Certaines entreprises sont déjà passées à la redevance spéciale, et la loi impose des restrictions de tonnage qui seront au maximum de 10 T/an en 2016, autrement dit demain.

Grand merci à David que vous retrouvez régulièrement très prochainement.


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