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Rencontre à Saint-Gratien avec Pierre Neveu, le peintre qui a séduit l'Amérique !

Publié le : 09-02-2015

PIERRE NEVEU couverture du livre (Menton le port)Il habite Saint-Gratien. Il est âgé de 85 ans. Il a conquis le cœur des Américains avec sa peinture. Aujourd'hui, un livre lui est enfin consacré. Cela méritait bien une belle rencontre avec… Pierre Neveu, cet artiste à la destinée exceptionnelle. Merci aussi à François Paget, concepteur du livre, qui m'a accompagné dans cette interview.

En découvrant le superbe livre de François Paget, consacré à votre peinture, j'ai eu envie de vous rencontrer et je m'étonnais de votre discrétion. Vous êtes peu médiatisés en France alors que les Américains apprécient énormément vos tableaux ?
Vous savez, en France, on ne voit pas tellement mes peintures. A Paris, j'expose aux "Artistes français" où j'ai eu toutes les récompenses mais, sinon, j'ai commencé par exposer dans la rPierre Neveuégion. La première fois, c'était à Sannois et  cela doit remonter à 1970 !  J'ai été primé dès ma première exposition puis j'ai reçu des invitations pour présenter mes toiles à Montmorency, Enghien, etc. Si bien que cela a fait boule de neige… Mais c'est vrai, j'ai vendu presque tous mes tableaux aux Etats-Unis. 700 toiles ont traversé l'Atlantique !

Quelle est donc la recette pour séduire ces fameux Américains ?

J'exposais dans les grands salons parisiens (les "Artistes français", le Salon d'automne…) et j'ai été remarqué.
Un soir, j'ai reçu un appel téléphonique en français provenant des Etats-Unis :
« Je représente la galerie Philips à Palm Beach et à Houston.
- Très bien… lui ai-je répondu.
- Nous avons vu vos œuvres à Paris. Cela nous intéresserait. Est-ce qu'on peut venir vous voir ? »
A ce moment de ma vie, j'étais encore en activité professionnelle et n'avait guère de toiles à proposer. Je préviens donc tout de suite mon interlocuteur :
« Je n'ai pas de petit format et peu de toiles à montrer. Je préférerais que vous attendiez une année. Je serai à la retraite, je pourrai peindre plus de tableaux et vous les présenter.
- Rassurez-vous, aux Etats-Unis ce sont les grands formats que nous recherchons. D'accord, on patiente un an.»
Ensuite, je me suis renseigné auprès de peintres de renom qui exposent dans cette galerie : ils m'ont tous assuré du sérieux de celle-ci.
Je ne pensais pas les réentendre mais, un an plus tard, les Américains ont tenu parole : ils sont venus chez moi regarder mes œuvres ! Le propriétaire de la galerie ne parlait pas français et disait seulement « nice… nice…» C'était bon signe, me suis-je dit ! Ils m'ont pris trois toiles représentant des paysages. Et un mois et demi après, le soir (il faut compter avec le décalage horaire !), de nouveau un coup de fil : « Ici la galerie Philips, on va vous envoyer un chèque car vos trois toiles ont été vendues. Est-ce qu'on peut revenir vous voir ? ». Vous imaginez bien ma joie à ce moment-là.
Ils sont revenus et m'ont pris une quinzaine de toiles. Au bout de quelque temps, ils m'ont organisé une exposition personnelle dans leur galerie à Houston. J'ai été très bien reçu et cela a très bien marché. Depuis, ce miracle dure depuis 24 ans ! C'est vrai, je peux dire que je suis verni ! Ma femme et moi, nous sommes allés chaque année aux Etats-Unis. Maintenant, nous y avons renoncé car nous sommes trop âgés.

livre sur PIERRE NEVEUFrançois Paget, président de l'association "Aimons Saint-Gratien en Val d'OIse" a souhaité mettre à l'honneur Pierre Neveu et sa peinture à réalisant un ouvrage intitulé sobrement "Pierre Neveu". De très nombreuses toiles de l'artiste sont ainsi rassemblées dans ce livre où des textes courts laissent la place prépondérante à la peinture.
La préface est signée Jean Campistron, président d'honneur de la Société des Artistes Français et Jean Hulin, son ami peintre de Saint-Gratien lui rend aussi un hommage vibrant en tout simplicité. Un bel ouvrage qui reflète bien la personnalité et le talent de Pierre Neveu;
Grand merci à François Paget pour ce travail sur le patrimoine historique mais aussi culturel de Saint-Gratien et de la région.
"Pierre Neveu"  - livre réalisé par François Paget – 20 €.
Offre spéciale livraison à domicile  en fin d'article.

Qu'est-ce que les Américains apprécient dans votre peinture ?
Surtout les paysages et ceux de Provence notamment ! Mais j'ai aussi vendu des toiles illustrant Paris et même Saint-Gratien. En effet, j'ai vendu une toile aux Etats-Unis représentant la place de la mairie de Saint-Gratien !
A l'occasion des vernissages, je rencontre les personnes qui achètent mes tableaux : ils veulent tous se faire photographier en compagnie du peintre avec derrière eux la toile qu'ils ont achetée. D'ailleurs, je suis resté en termes amicaux avec beaucoup d'entre eux.

Votre succès aux Etats-Unis est un vrai conte de fée !
C'est vrai. Pour l'anecdote, je me rappelle de la première fois que nous sommes allés là-bas, nous avons été invités par un client, c'était le concessionnaire des automobiles Cadillac. Il nous a emmenés dans son club au…43e étage d'un building. Il y avait plusieurs personnes qui étaient venues en mon honneur, je me faisais tout petit ! Nous avons toujours été très bien reçus.

Comment réalisez-vous vos peintures ? Vous travaillez vite ou bien vous prenez votre temps ?
Cela dépend. En ce qui me concerne, je travaille d'après mes croquis et j'ai ce que la mémoire a imprimé. Les photos me servent uniquement pour des rappels. Je prends le tout, j'en fais la synthèse, je recompose en gardant toujours "l'impression" que j'ai eu sur place. Comme disait Bonnart, qui parlait de sa "petite sensation"… Je la garde toujours, elle est essentielle.
Je ne recopie pas des photos, je suis même tout à fait contre. Les gens qui me demandent : « Vous pourriez faire le portait de ma petite fille ?» Je réponds oui, mais amenez-moi la petite fille ! Je ne travaille pas d'après photo, cela ne m'intéresse pas.

La place de la Mairie de Saint-Gratien par PIERRE NEVEUVous avez toujours habité à Saint-Gratien ?
Non, mais je suis venu à Saint-Gratien avant ma naissance ! Je n'habitais pas ici mais mes grands-parents y résidaient. Tous les jeudis, souvent le dimanche, pendant les vacances je venais dans le Val d'Oise !
Mais mes parents ont habité Paris dans le 11e arrondissement, puis le 18e, rue Fauvet, une rue entre l'avenue de Saint-Ouen et la rue Ganneron : il y avait là… des ateliers de peintres ! Et, en plus, je montais à Montmartre pour voir les artistes sur place. Et c'est là que j'ai posé mon chevalet pour la première fois.

Vous avez toujours su que vous seriez dessinateur et peintre ?
C'est vrai que je n'ai jamais pensé à autre chose. J'ai récupéré des dessins que j'avais faits à 2 ou 3 ans. Je dessinais tout le temps ! Quant à mes études générales, elles n'étaient pas brillantes. Je suis allé jusqu'en 3e. J'ai passé et obtenu mon BE (Brevet Elémentaire) et mon BEPS (Brevet d'Etudes Primaires Secondaires), seule condition imposée par mon père pour pouvoir me lancer dans la carrière artistique. Puis j'ai passé les concours dans toutes les écoles d'art (école Boulle, arts appliqués…). J'ai été reçu partout et j'ai choisi l'école Boulle car j'avais un professeur de dessin de l'école communale qui avait fait ses études là-bas.
J'ai fait une année dans cet établissement puis j'ai intégré les "Métiers d'art" et enfin la "Galerie des Beaux-arts", porte d'entrée au Beaux-Arts et préparation à l'admission définitive en atelier (concours interne). En parallèle, pour assurer l'avenir, j'ai tenté à plusieurs reprises le concours de professorat de la ville de Paris pour enfin l'obtenir à ma… quatrième tentative !
Je me suis marié et j'ai ainsi continué comme professeur. J'ai commencé à Saint-Denis, puis Levallois et c'est là que ma carrière a pris un autre tournant.
En effet, un collègue instituteur m'a demandé si cela m'intéressait de gagner un peu d'argent en dehors des cours ? Vous pensez bien, que la paie n'était pas élevée en tant que débutant.
Il m'a ainsi présenté à un maitre assistant de Saint Cloud qui m'a fait faire des essais pour illustrer une méthode de français de lecture pour les étrangers. Cela lui convenait et voilà qu'il me demande : « J'ai tout un livre à faire, donc 300 à 400 illustrations. En combien de temps pensez-vous pouvoir faire ce travail ? ». Sans référence, j'avance timidement : « un mois, un mois et demi… ». Il me regarde avec des yeux ronds et me répond : « Votre collègue me demandait deux ans ! ». C'est comme cela que j'ai commencé à Normale Sup à Saint-Cloud et que j'y ai fait toute ma carrière !
J'avais beaucoup de travail mais cela me plaisait. J'ai fait les illustrations pour quatre ou cinq méthodes de français, j'ai même dessiné pour une méthode d'anglais sans parler l'anglais ! J'ai illustré une méthode d'italien sans parler l'italien, pareil en russe ! Heureusement, on me donnait le texte en français… et je me débrouillais pour réaliser des images suffisamment expressives qui collaient avec le texte.

Donc vous étiez un professeur sans élèves ?
C'est vrai. J'ai enseigné uniquement de 1953 à 1957 puis je suis resté plus de trente ans à dessiner à Normal sup à Saint-Cloud. J'ai donné aussi des conférences sur "l'image pédagogique" à des professeurs de français à l'étranger. Je n'aimais pas cela (rires) : avoir un auditoire ce n'était pas mon truc. Je ne suis pas un orateur, alors je leur dessinais des croquis au tableau et cela se passait bien !

C'est donc à la retraite que vous avez commencé à peindre de manière intensive.
Oui et une nouvelle fois, j'ai eu de la chance. En effet, c'est Jean Hulin (célèbre peintre de Saint-Gratien) qui m'a remis dans le bain.
Jean Hulin a été professeur de mes filles au lycée d'Enghien. On s'est rencontrés lors d'une réunion de parents d'élèves puis on a sympathisé et…on ne s'est plus quittés. C'est lui qui m'a encouragé à reprendre la peinture, à persister. A force de faire des dessins de petits "bonshommes" pour mes illustrations, je voulais que mes peintures correspondent toujours à quelques chose… c'était comme une déformation professionnelle Je représentais lE PONT DES ARTS par PIERRE NEVEUtoujours des personnages avec une envie de mettre un ballon à côté ! Je dois donc beaucoup à Jean Hulin. Il me disait toujours : « tu devrais simplifier !»

Comment faites-vous pour rendre vos toiles si lumineuses ?
Je ne peux pas l'expliquer. Je recherche la lumière, les contrastes de valeurs, de couleurs de façon que ça remue un peu, Je dirais même que cela ne s'apprend pas. C'est dans le tempérament des gens et chaque peintre a son œil : le même paysage réalisé par une centaine de peintres, vous aurez cent peintures différentes !

Dans vos tableaux présentés dans le livre, j'ai remarqué ceux consacrés aux courses cyclistes qui se déroulaient au Vel d'Hiv. Le vélo, c'est une autre passion ?
J'allais au Vel d'Hiv' et je connaissais tous les coureurs par cœur, si bien que j'avais cela en tête : les tableaux que vous avez vu, je les ai faits de mémoire sans aucun document. Je suis capable de les refaire car c'est imprimé dans ma mémoire !

Enfin, dernière question rituelle, quels sont les peintres que vous appréciez ?
Actuellement, je ne vous cache pas que je vais beaucoup moins dans les expositions.
Aux Beaux-arts, dans les années 50, j'avais comme patron Maurice Brianchon qui tenait beaucoup de Bonnart, Vuillard. Je dois dire que cela me botte aussi !
Sinon j'aime beaucoup les œuvres de Michel Rodde, un peintre figuratif. Enfin, je suis attiré par des peintres comme Goya, Manet. Bien sûr, j'aime bien regarder la technique employée mais c'est lPierre Neveu et François Paget'ensemble qui me plaît ou non. Quand je vois de belles peintures, je me dis que ces artistes ont de la classe. Mais ce n'est pas pour cela qu'on les copie… mais ils nous inspirent !

Un très grand merci à Pierre pour son accueil et sa gentillesse et à François qui m'a permis cette rencontre passionnante.

 

NOUVEAU : vos livres à domicile !

Très prochainement, vous pourrez commander en ligne les différents livres qui concernent la Vallée de Montmorency.
Mais dès maintenant, vous souhaitez acheter ou offrir ce livre consacré à Pierre Neveu !
N'hésitez pas : le Journal de François vous le livre à domicile avec paiement à la livraison.

Livre "Pierre Neveu" à 20 € - livraison offerte.

>> contactez le Journal par mail (contact@journaldefrancois.fr) ou par téléphone au 06 89 80 56 28.


 

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En découvrant le superbe livre de François Paget, consacré à votre peinture, j'ai eu envie de vous rencontrer et je m'étonnais de votre discrétion. Vous êtes peu médiatisés en France alors que les Américains apprécient énormément vos tableaux ?
Vous savez, en France, on ne voit pas tellement mes peintures. A Paris, j'expose aux "Artistes français" où j'ai eu toutes les récompenses mais, sinon, j'ai commencé par exposer dans la rPierre Neveuégion. La première fois, c'était à Sannois et  cela doit remonter à 1970 !  J'ai été primé dès ma première exposition puis j'ai reçu des invitations pour présenter mes toiles à Montmorency, Enghien, etc. Si bien que cela a fait boule de neige… Mais c'est vrai, j'ai vendu presque tous mes tableaux aux Etats-Unis. 700 toiles ont traversé l'Atlantique !

Quelle est donc la recette pour séduire ces fameux Américains ?

J'exposais dans les grands salons parisiens (les "Artistes français", le Salon d'automne…) et j'ai été remarqué.
Un soir, j'ai reçu un appel téléphonique en français provenant des Etats-Unis :
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- Très bien… lui ai-je répondu.
- Nous avons vu vos œuvres à Paris. Cela nous intéresserait. Est-ce qu'on peut venir vous voir ? »
A ce moment de ma vie, j'étais encore en activité professionnelle et n'avait guère de toiles à proposer. Je préviens donc tout de suite mon interlocuteur :
« Je n'ai pas de petit format et peu de toiles à montrer. Je préférerais que vous attendiez une année. Je serai à la retraite, je pourrai peindre plus de tableaux et vous les présenter.
- Rassurez-vous, aux Etats-Unis ce sont les grands formats que nous recherchons. D'accord, on patiente un an.»
Ensuite, je me suis renseigné auprès de peintres de renom qui exposent dans cette galerie : ils m'ont tous assuré du sérieux de celle-ci.
Je ne pensais pas les réentendre mais, un an plus tard, les Américains ont tenu parole : ils sont venus chez moi regarder mes œuvres ! Le propriétaire de la galerie ne parlait pas français et disait seulement « nice… nice…» C'était bon signe, me suis-je dit ! Ils m'ont pris trois toiles représentant des paysages. Et un mois et demi après, le soir (il faut compter avec le décalage horaire !), de nouveau un coup de fil : « Ici la galerie Philips, on va vous envoyer un chèque car vos trois toiles ont été vendues. Est-ce qu'on peut revenir vous voir ? ». Vous imaginez bien ma joie à ce moment-là.
Ils sont revenus et m'ont pris une quinzaine de toiles. Au bout de quelque temps, ils m'ont organisé une exposition personnelle dans leur galerie à Houston. J'ai été très bien reçu et cela a très bien marché. Depuis, ce miracle dure depuis 24 ans ! C'est vrai, je peux dire que je suis verni ! Ma femme et moi, nous sommes allés chaque année aux Etats-Unis. Maintenant, nous y avons renoncé car nous sommes trop âgés.

livre sur PIERRE NEVEUFrançois Paget, président de l'association "Aimons Saint-Gratien en Val d'OIse" a souhaité mettre à l'honneur Pierre Neveu et sa peinture à réalisant un ouvrage intitulé sobrement "Pierre Neveu". De très nombreuses toiles de l'artiste sont ainsi rassemblées dans ce livre où des textes courts laissent la place prépondérante à la peinture.
La préface est signée Jean Campistron, président d'honneur de la Société des Artistes Français et Jean Hulin, son ami peintre de Saint-Gratien lui rend aussi un hommage vibrant en tout simplicité. Un bel ouvrage qui reflète bien la personnalité et le talent de Pierre Neveu;
Grand merci à François Paget pour ce travail sur le patrimoine historique mais aussi culturel de Saint-Gratien et de la région.
"Pierre Neveu"  - livre réalisé par François Paget – 20 €.
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Qu'est-ce que les Américains apprécient dans votre peinture ?
Surtout les paysages et ceux de Provence notamment ! Mais j'ai aussi vendu des toiles illustrant Paris et même Saint-Gratien. En effet, j'ai vendu une toile aux Etats-Unis représentant la place de la mairie de Saint-Gratien !
A l'occasion des vernissages, je rencontre les personnes qui achètent mes tableaux : ils veulent tous se faire photographier en compagnie du peintre avec derrière eux la toile qu'ils ont achetée. D'ailleurs, je suis resté en termes amicaux avec beaucoup d'entre eux.

Votre succès aux Etats-Unis est un vrai conte de fée !
C'est vrai. Pour l'anecdote, je me rappelle de la première fois que nous sommes allés là-bas, nous avons été invités par un client, c'était le concessionnaire des automobiles Cadillac. Il nous a emmenés dans son club au…43e étage d'un building. Il y avait plusieurs personnes qui étaient venues en mon honneur, je me faisais tout petit ! Nous avons toujours été très bien reçus.

Comment réalisez-vous vos peintures ? Vous travaillez vite ou bien vous prenez votre temps ?
Cela dépend. En ce qui me concerne, je travaille d'après mes croquis et j'ai ce que la mémoire a imprimé. Les photos me servent uniquement pour des rappels. Je prends le tout, j'en fais la synthèse, je recompose en gardant toujours "l'impression" que j'ai eu sur place. Comme disait Bonnart, qui parlait de sa "petite sensation"… Je la garde toujours, elle est essentielle.
Je ne recopie pas des photos, je suis même tout à fait contre. Les gens qui me demandent : « Vous pourriez faire le portait de ma petite fille ?» Je réponds oui, mais amenez-moi la petite fille ! Je ne travaille pas d'après photo, cela ne m'intéresse pas.

La place de la Mairie de Saint-Gratien par PIERRE NEVEUVous avez toujours habité à Saint-Gratien ?
Non, mais je suis venu à Saint-Gratien avant ma naissance ! Je n'habitais pas ici mais mes grands-parents y résidaient. Tous les jeudis, souvent le dimanche, pendant les vacances je venais dans le Val d'Oise !
Mais mes parents ont habité Paris dans le 11e arrondissement, puis le 18e, rue Fauvet, une rue entre l'avenue de Saint-Ouen et la rue Ganneron : il y avait là… des ateliers de peintres ! Et, en plus, je montais à Montmartre pour voir les artistes sur place. Et c'est là que j'ai posé mon chevalet pour la première fois.

Vous avez toujours su que vous seriez dessinateur et peintre ?
C'est vrai que je n'ai jamais pensé à autre chose. J'ai récupéré des dessins que j'avais faits à 2 ou 3 ans. Je dessinais tout le temps ! Quant à mes études générales, elles n'étaient pas brillantes. Je suis allé jusqu'en 3e. J'ai passé et obtenu mon BE (Brevet Elémentaire) et mon BEPS (Brevet d'Etudes Primaires Secondaires), seule condition imposée par mon père pour pouvoir me lancer dans la carrière artistique. Puis j'ai passé les concours dans toutes les écoles d'art (école Boulle, arts appliqués…). J'ai été reçu partout et j'ai choisi l'école Boulle car j'avais un professeur de dessin de l'école communale qui avait fait ses études là-bas.
J'ai fait une année dans cet établissement puis j'ai intégré les "Métiers d'art" et enfin la "Galerie des Beaux-arts", porte d'entrée au Beaux-Arts et préparation à l'admission définitive en atelier (concours interne). En parallèle, pour assurer l'avenir, j'ai tenté à plusieurs reprises le concours de professorat de la ville de Paris pour enfin l'obtenir à ma… quatrième tentative !
Je me suis marié et j'ai ainsi continué comme professeur. J'ai commencé à Saint-Denis, puis Levallois et c'est là que ma carrière a pris un autre tournant.
En effet, un collègue instituteur m'a demandé si cela m'intéressait de gagner un peu d'argent en dehors des cours ? Vous pensez bien, que la paie n'était pas élevée en tant que débutant.
Il m'a ainsi présenté à un maitre assistant de Saint Cloud qui m'a fait faire des essais pour illustrer une méthode de français de lecture pour les étrangers. Cela lui convenait et voilà qu'il me demande : « J'ai tout un livre à faire, donc 300 à 400 illustrations. En combien de temps pensez-vous pouvoir faire ce travail ? ». Sans référence, j'avance timidement : « un mois, un mois et demi… ». Il me regarde avec des yeux ronds et me répond : « Votre collègue me demandait deux ans ! ». C'est comme cela que j'ai commencé à Normale Sup à Saint-Cloud et que j'y ai fait toute ma carrière !
J'avais beaucoup de travail mais cela me plaisait. J'ai fait les illustrations pour quatre ou cinq méthodes de français, j'ai même dessiné pour une méthode d'anglais sans parler l'anglais ! J'ai illustré une méthode d'italien sans parler l'italien, pareil en russe ! Heureusement, on me donnait le texte en français… et je me débrouillais pour réaliser des images suffisamment expressives qui collaient avec le texte.

Donc vous étiez un professeur sans élèves ?
C'est vrai. J'ai enseigné uniquement de 1953 à 1957 puis je suis resté plus de trente ans à dessiner à Normal sup à Saint-Cloud. J'ai donné aussi des conférences sur "l'image pédagogique" à des professeurs de français à l'étranger. Je n'aimais pas cela (rires) : avoir un auditoire ce n'était pas mon truc. Je ne suis pas un orateur, alors je leur dessinais des croquis au tableau et cela se passait bien !

C'est donc à la retraite que vous avez commencé à peindre de manière intensive.
Oui et une nouvelle fois, j'ai eu de la chance. En effet, c'est Jean Hulin (célèbre peintre de Saint-Gratien) qui m'a remis dans le bain.
Jean Hulin a été professeur de mes filles au lycée d'Enghien. On s'est rencontrés lors d'une réunion de parents d'élèves puis on a sympathisé et…on ne s'est plus quittés. C'est lui qui m'a encouragé à reprendre la peinture, à persister. A force de faire des dessins de petits "bonshommes" pour mes illustrations, je voulais que mes peintures correspondent toujours à quelques chose… c'était comme une déformation professionnelle Je représentais lE PONT DES ARTS par PIERRE NEVEUtoujours des personnages avec une envie de mettre un ballon à côté ! Je dois donc beaucoup à Jean Hulin. Il me disait toujours : « tu devrais simplifier !»

Comment faites-vous pour rendre vos toiles si lumineuses ?
Je ne peux pas l'expliquer. Je recherche la lumière, les contrastes de valeurs, de couleurs de façon que ça remue un peu, Je dirais même que cela ne s'apprend pas. C'est dans le tempérament des gens et chaque peintre a son œil : le même paysage réalisé par une centaine de peintres, vous aurez cent peintures différentes !

Dans vos tableaux présentés dans le livre, j'ai remarqué ceux consacrés aux courses cyclistes qui se déroulaient au Vel d'Hiv. Le vélo, c'est une autre passion ?
J'allais au Vel d'Hiv' et je connaissais tous les coureurs par cœur, si bien que j'avais cela en tête : les tableaux que vous avez vu, je les ai faits de mémoire sans aucun document. Je suis capable de les refaire car c'est imprimé dans ma mémoire !

Enfin, dernière question rituelle, quels sont les peintres que vous appréciez ?
Actuellement, je ne vous cache pas que je vais beaucoup moins dans les expositions.
Aux Beaux-arts, dans les années 50, j'avais comme patron Maurice Brianchon qui tenait beaucoup de Bonnart, Vuillard. Je dois dire que cela me botte aussi !
Sinon j'aime beaucoup les œuvres de Michel Rodde, un peintre figuratif. Enfin, je suis attiré par des peintres comme Goya, Manet. Bien sûr, j'aime bien regarder la technique employée mais c'est lPierre Neveu et François Paget'ensemble qui me plaît ou non. Quand je vois de belles peintures, je me dis que ces artistes ont de la classe. Mais ce n'est pas pour cela qu'on les copie… mais ils nous inspirent !

Un très grand merci à Pierre pour son accueil et sa gentillesse et à François qui m'a permis cette rencontre passionnante.

 

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Mais dès maintenant, vous souhaitez acheter ou offrir ce livre consacré à Pierre Neveu !
N'hésitez pas : le Journal de François vous le livre à domicile avec paiement à la livraison.

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Elie ATTAL - Il y a 11 mois
bonjour
j,ai un tableau de pierre neuveu intitulé la maison de Rothschild je voulais connaitre sa valeur sur le marché
cordialement
marie ange le rochais - Il y a 5 ans
Très beau parcours d'un homme de passion!
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