Pendant trois ans, Moritz, le célèbre chat de Gérard Pouettre, est intervenu régulièrement dans le Journal de François pour nous délivrer avec humour son point de vue sur ce monde qui l'entoure.
Depuis octobre 2024, notre écrivain saint-loupien a innové en nous offrant les dialogues entre Moritz et Fagus, un hêtre philosophe. Cette idée originale a d’abord surpris les lecteurs, mais au fil des semaines, ils ont découvert la profondeur et l’inspiration de ces échanges.
A travers leurs discussions, Moritz et Fagus nous ont invité à déambuler dans l'univers des valeurs humaines… Aujourd'hui, ils nous quittent sur une note d'espoir laissant derrière eux un héritage de dialogues de grande qualité.
Un grand bravo à Gérard Pouettre pour cette œuvre inspirante !
A bientôt Moritz pour de nouvelles aventures...
Episodes précédents et aujourd'hui dernier épisode : l'espoir (illustration : Marine Gauvain)
Espoir
- Fagus : On s’est endormi sur une note d’espoir mais je me suis demandé comment on pourrait le faire partager.
- Moritz : J’ai une idée. Il faudrait que tu simules un discours à l’ONU comme si tu t’adressais au monde entier.
- F : Pourquoi moi ?
- M : Parce que les arbres sont l’espèce la plus nombreuse et que tu les représentes à l’Organisation de la Nature Unie.
- F : Ok, mais tu me donnes jusqu’à ce soir.
Le soir venu.
- Bon, j’y vais : « Nous sommes ensemble ce 5 juin pour la journée mondiale de la nature. C’est la première fois que nos 3 espèces sont réunies. Je me réjouis de la présence des représentants des animaux et des humains aux côtés des végétaux. Au titre de l’espèce la plus nombreuse, puisque nous sommes plus de 3000 milliards d’arbres, j’ai l’honneur, en tant que Hêtre, de présider cette séance. Je suis accompagné de mon ami le Chat qui représente les 8 millions d’espèces animales. Il est donc clair qu’en cas de vote selon les principes de notre nouvelle démocratie naturelle, l’espèce végétale est largement majoritaire.
Mais il ne s’agit pas pour nous d’imposer la volonté des arbres. C’est l’intérêt général de la nature, donc de nous tous, qui doit primer. Qu’attendons-nous de cette journée ? Que les valeurs qui figurent dans le rapport que vous a remis mon ami le Chat soient partagées par tous. Chacun de nous, animal ou végétal, apportons notre modeste contribution selon la place qui nous a été attribuée dans le grand puzzle de la nature mais il y a une valeur dont vous, les humains, êtes les seuls à détenir la clé, c’est le pouvoir.
Moi, le Hêtre, je n’ai pas le pouvoir de l’action ; je suis autonome, coopératif avec mes voisins, heureux d’apporter un peu d’ombre et de fraicheur sur cette terre mais je n’ai pas d’influence sur les forêts. Le Chat n’est pas totalement sans pouvoir, mais il ne peut l’exercer qu’au niveau individuel, auprès de ses maitres ; il porte l’espoir d’un monde plus sage, plus doux, plus serein, il leur transmet à sa manière mais il n’a pas non plus un pouvoir d’action collective. C’est donc à vous, les humains, qu’il revient de transformer en action, pour nous tous, les valeurs que nous partageons. C’est sur vous que repose notre espoir. J’espère que nous nous retrouverons d’année en année pour nous réjouir des progrès de notre santé, de la beauté peu à peu restaurée de notre planète.
Je vous invite maintenant à vous rafraichir sous ma frondaison. Quelques notes de musique nous accompagneront peut-être ».
Voilà, qu’en penses-tu Moritz ?
Il n’eut pas le temps de répondre. Soudain, sans que personne ne l’ait prévu, la grive se mit à chanter sur la cime du hêtre son concerto pour la Nature. Le ciel était clair ; pourtant quelques gouttes tombèrent lentement du feuillage de Fagus ; en écho à ces larmes végétales, le chat Moritz essuya de sa patte son oeil humide…
Fin
Pendant trois ans, Moritz, le célèbre chat de Gérard Pouettre, est intervenu régulièrement dans le Journal de François pour nous délivrer avec humour son point de vue sur ce monde qui l'entoure.
Depuis octobre 2024, notre écrivain saint-loupien a innové en nous offrant les dialogues entre Moritz et Fagus, un hêtre philosophe. Cette idée originale a d’abord surpris les lecteurs, mais au fil des semaines, ils ont découvert la profondeur et l’inspiration de ces échanges.
A travers leurs discussions, Moritz et Fagus nous ont invité à déambuler dans l'univers des valeurs humaines… Aujourd'hui, ils nous quittent sur une note d'espoir laissant derrière eux un héritage de dialogues de grande qualité.
Un grand bravo à Gérard Pouettre pour cette œuvre inspirante !
A bientôt Moritz pour de nouvelles aventures...
Episodes précédents et aujourd'hui dernier épisode : l'espoir (illustration : Marine Gauvain)
Espoir
- Fagus : On s’est endormi sur une note d’espoir mais je me suis demandé comment on pourrait le faire partager.
- Moritz : J’ai une idée. Il faudrait que tu simules un discours à l’ONU comme si tu t’adressais au monde entier.
- F : Pourquoi moi ?
- M : Parce que les arbres sont l’espèce la plus nombreuse et que tu les représentes à l’Organisation de la Nature Unie.
- F : Ok, mais tu me donnes jusqu’à ce soir.
Le soir venu.
- Bon, j’y vais : « Nous sommes ensemble ce 5 juin pour la journée mondiale de la nature. C’est la première fois que nos 3 espèces sont réunies. Je me réjouis de la présence des représentants des animaux et des humains aux côtés des végétaux. Au titre de l’espèce la plus nombreuse, puisque nous sommes plus de 3000 milliards d’arbres, j’ai l’honneur, en tant que Hêtre, de présider cette séance. Je suis accompagné de mon ami le Chat qui représente les 8 millions d’espèces animales. Il est donc clair qu’en cas de vote selon les principes de notre nouvelle démocratie naturelle, l’espèce végétale est largement majoritaire.
Mais il ne s’agit pas pour nous d’imposer la volonté des arbres. C’est l’intérêt général de la nature, donc de nous tous, qui doit primer. Qu’attendons-nous de cette journée ? Que les valeurs qui figurent dans le rapport que vous a remis mon ami le Chat soient partagées par tous. Chacun de nous, animal ou végétal, apportons notre modeste contribution selon la place qui nous a été attribuée dans le grand puzzle de la nature mais il y a une valeur dont vous, les humains, êtes les seuls à détenir la clé, c’est le pouvoir.
Moi, le Hêtre, je n’ai pas le pouvoir de l’action ; je suis autonome, coopératif avec mes voisins, heureux d’apporter un peu d’ombre et de fraicheur sur cette terre mais je n’ai pas d’influence sur les forêts. Le Chat n’est pas totalement sans pouvoir, mais il ne peut l’exercer qu’au niveau individuel, auprès de ses maitres ; il porte l’espoir d’un monde plus sage, plus doux, plus serein, il leur transmet à sa manière mais il n’a pas non plus un pouvoir d’action collective. C’est donc à vous, les humains, qu’il revient de transformer en action, pour nous tous, les valeurs que nous partageons. C’est sur vous que repose notre espoir. J’espère que nous nous retrouverons d’année en année pour nous réjouir des progrès de notre santé, de la beauté peu à peu restaurée de notre planète.
Je vous invite maintenant à vous rafraichir sous ma frondaison. Quelques notes de musique nous accompagneront peut-être ».
Voilà, qu’en penses-tu Moritz ?
Il n’eut pas le temps de répondre. Soudain, sans que personne ne l’ait prévu, la grive se mit à chanter sur la cime du hêtre son concerto pour la Nature. Le ciel était clair ; pourtant quelques gouttes tombèrent lentement du feuillage de Fagus ; en écho à ces larmes végétales, le chat Moritz essuya de sa patte son oeil humide…
Fin
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