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Les chroniques de Moritz : "L’océan d’après"

Publié le : 10-05-2020

Gérard Pouettre

Après le confinement, Moritz fait un bond en avant dans le temps et se projette en... 2030. Grâce à Gérard Pouettre (écriture) et Jean-Marie Brochard (illustration) qui veillent sur lui, Moritz nous propose une nouvelle fois son regard original et humoristique sur le monde qui l'entoure.

L’océan d’après

MoritzMoritz fait un rêve. On est en 2030. Il quitte le port d’Ancône sur un bateau solaire, là où ce prototype est fabriqué. Il porte un gilet de sauvetage avec une inscription : Moritz 30 du nom du nouveau bateau.
Le capitaine dit : « Faisons un tour à Venise ». Moritz est étonné qu’il n’y ait plus d’embouteillages de navires de croisière dans le chenal face à la cité. Ils redescendent l’Adriatique sans croiser ces monstres en acier dont le museau semble prêt à avaler tous les chats.

« Allons à la recherche d’autres espèces en voie de disparition », propose-t-il à Moritz, inquiet de la suite du voyage. « Nous allons franchir le détroit d’Ormuz ». Moritz se souvient alors d’un reportage sur LCP (La Chaine Pétrolière) où les tankers défilaient l’un derrière l’autre dans ce détroit.

Arrivés sur les lieux, le capitaine lui dit : « Alors, que remarques-tu ? » Il n’y a presque plus de pétroliers, répond Moritz, et les rares qui se trainent font une sale tête.

« Donc on peut accélérer. En route vers l’Australie ! » Moritz est projeté au fond du bateau, assommé. Quand il retrouve ses esprits, des albatros font la police aux abords de la côte. Ils portent des balises autour du cou pour identifier les bateaux qui pêchent illégalement. N’ayant jamais vu un chat sur un bateau, ils se posent sur le bastingage et le regarde avec méfiance puis retournent au travail.

Le rêve continue, bercé par les vagues, et le ronron de la propulsion solaire. Parvenu en Californie, Moritz est prêt à plonger car il croit voir un chat sombrer dans les flots. Le capitaine l’arrête au dernier moment en lui disant : « C’est une loutre de mer, pas un chat, c’est le plus petit mammifère marin. Il te ressemble un peu, c’est vrai. Il a risqué de disparaitre de la planète mais il se reproduit maintenant autant que vous, les chats. Et c’est la même chose pour les phoques au Canada ».

« Bon, on retourne en Europe ». Moritz s’accroche dans la houle. Au large de l’Irlande, pendant une pause, il regarde au fond de la mer avec des lunettes 3D, les mêmes que porte la seiche de laboratoire Supersandy qui travaille pour les drones. Il découvre alors des récifs d’éponges rares et de nouveaux coraux inconnus.

De retour vers la Manche, il s’attend à voir des piles de containers dépassant à peine la surface de l’eau de cette voie maritime surpeuplée. Non seulement il y en a moins mais ils sont dissimulés par une myriade d’énormes voiles de 1000 m2 qui tirent des navires presque propres, comme d’immenses oiseaux blancs. Moritz se voit étalé au milieu d’un de ces immenses hamacs. Peut-être ira-t-il à Toulouse en acheter un ?

En s’approchant de nos côtes, les barrières flottantes contre les déchets se multiplient. Moritz imagine qu’il peut caresser Ideonella, la petite enzyme mangeuse de plastique. Son travail acharné permet que les marais salants scintillent à nouveau, que les récifs d’huitres et de coquillages se multiplient.

Le Moritz 30 termine son périple. Une dernière image le fait sortir subitement de son rêve, à la fois impressionné par la beauté de la scène et effrayé d’être envahi par les centaines de flamants rose qui crient de joie de pouvoir se reproduire sans limite dans leur Camargue désertée par les humains et dans bien d’autres lagunes…

Gérard Pouettre

Après le confinement, Moritz fait un bond en avant dans le temps et se projette en... 2030. Grâce à Gérard Pouettre (écriture) et Jean-Marie Brochard (illustration) qui veillent sur lui, Moritz nous propose une nouvelle fois son regard original et humoristique sur le monde qui l'entoure.

L’océan d’après

MoritzMoritz fait un rêve. On est en 2030. Il quitte le port d’Ancône sur un bateau solaire, là où ce prototype est fabriqué. Il porte un gilet de sauvetage avec une inscription : Moritz 30 du nom du nouveau bateau.
Le capitaine dit : « Faisons un tour à Venise ». Moritz est étonné qu’il n’y ait plus d’embouteillages de navires de croisière dans le chenal face à la cité. Ils redescendent l’Adriatique sans croiser ces monstres en acier dont le museau semble prêt à avaler tous les chats.

« Allons à la recherche d’autres espèces en voie de disparition », propose-t-il à Moritz, inquiet de la suite du voyage. « Nous allons franchir le détroit d’Ormuz ». Moritz se souvient alors d’un reportage sur LCP (La Chaine Pétrolière) où les tankers défilaient l’un derrière l’autre dans ce détroit.

Arrivés sur les lieux, le capitaine lui dit : « Alors, que remarques-tu ? » Il n’y a presque plus de pétroliers, répond Moritz, et les rares qui se trainent font une sale tête.

« Donc on peut accélérer. En route vers l’Australie ! » Moritz est projeté au fond du bateau, assommé. Quand il retrouve ses esprits, des albatros font la police aux abords de la côte. Ils portent des balises autour du cou pour identifier les bateaux qui pêchent illégalement. N’ayant jamais vu un chat sur un bateau, ils se posent sur le bastingage et le regarde avec méfiance puis retournent au travail.

Le rêve continue, bercé par les vagues, et le ronron de la propulsion solaire. Parvenu en Californie, Moritz est prêt à plonger car il croit voir un chat sombrer dans les flots. Le capitaine l’arrête au dernier moment en lui disant : « C’est une loutre de mer, pas un chat, c’est le plus petit mammifère marin. Il te ressemble un peu, c’est vrai. Il a risqué de disparaitre de la planète mais il se reproduit maintenant autant que vous, les chats. Et c’est la même chose pour les phoques au Canada ».

« Bon, on retourne en Europe ». Moritz s’accroche dans la houle. Au large de l’Irlande, pendant une pause, il regarde au fond de la mer avec des lunettes 3D, les mêmes que porte la seiche de laboratoire Supersandy qui travaille pour les drones. Il découvre alors des récifs d’éponges rares et de nouveaux coraux inconnus.

De retour vers la Manche, il s’attend à voir des piles de containers dépassant à peine la surface de l’eau de cette voie maritime surpeuplée. Non seulement il y en a moins mais ils sont dissimulés par une myriade d’énormes voiles de 1000 m2 qui tirent des navires presque propres, comme d’immenses oiseaux blancs. Moritz se voit étalé au milieu d’un de ces immenses hamacs. Peut-être ira-t-il à Toulouse en acheter un ?

En s’approchant de nos côtes, les barrières flottantes contre les déchets se multiplient. Moritz imagine qu’il peut caresser Ideonella, la petite enzyme mangeuse de plastique. Son travail acharné permet que les marais salants scintillent à nouveau, que les récifs d’huitres et de coquillages se multiplient.

Le Moritz 30 termine son périple. Une dernière image le fait sortir subitement de son rêve, à la fois impressionné par la beauté de la scène et effrayé d’être envahi par les centaines de flamants rose qui crient de joie de pouvoir se reproduire sans limite dans leur Camargue désertée par les humains et dans bien d’autres lagunes…


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