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Les chroniques de Moritz : "Cours d’écologie à l’université des chats"

Publié le : 20-12-2020

Gérard Pouettre

Moritz nous sensibilise à l'écologie, mais... à sa manière ! Merci à Gérard Pouettre (écriture) et Jean-Marie Brochard (illustration) qui veillent sur lui ! Moritz nous propose une nouvelle fois son regard original et humoristique sur le monde qui l'entoure.
Notez bien que les infos distillées par Moritz sont toutes vérifiables.

Cours d’écologie à l’université des chats

MoritzMoritz s’imagine donner un cours d’écologie à des chats étudiants. Il arrive dans une grande salle avec ses chaussures modulables en matière naturelle. Il a évidemment du mal à marcher par manque d’habitude. Sitôt derrière le bureau il sépare d’un zip la semelle et la tige ; l’auditoire est étonné. Il y a des sourires sous les moustaches. S’il pleut en sortant, je changerai de semelle, c’est très pratique et écologique assure-t-il.

Puis il enlève sa veste achetée d’occasion sur Vinted ou Seconde Patte… Il précise que dans la vie courante, bien sûr, il ne porte pas de veste, son pelage lui suffit, mais pour l’occasion, il veut expliquer que la consommation de vêtements doit être limitée pour éviter que les océans ne doivent absorber des tonnes de microfibres textiles car on ne sait pas comment elles se dégradent.

Puisque je parle d’océan, dit Moritz, je vais vous montrer des images à des époques différentes. Que remarquez-vous ? Un tigré au milieu de la salle a une idée : la mer bouge de moins en moins. Bien vu, dit Moritz, et c’est un problème parce que si les couches d’eau ne se mélangent pas, l’oxygène du fonds ne remonte plus et le gaz carbonique est moins bien absorbé. C’est un effet du réchauffement climatique.

Nous, les chats, n’avons pas d’activité aquatique, mais cependant nous avons un peu de responsabilité dans les problèmes des océans. Le plastique de nos sachets peut se retrouver dans la mer ; nous ne mangeons plus comme les chats d’antan la production locale de mulots, musaraignes, papillons… Nous ne pouvons plus pratiquer l’économie circulaire.

« Pourtant, ça m’arrive souvent de tourner en rond et de jouer avec ma queue », dit un rigolo noir et blanc ! Peut-être, mais ça n’est pas utile pour l’environnement ! rétorque Moritz. Par contre, je vais vous montrer un pilier de l’économie circulaire : il sort de son sac un morceau de matière desséchée, verdâtre. C’est du fumier ! Tous les chats font Pouah ! et mettent une patte devant leur museau.

Cela ne sent plus rien. C’est maintenant devenu un fertilisant efficace qui permet d’éviter les engrais chimiques et qui connait une renaissance, en particulier dans les fermes biologiques. Il servira probablement dans les nouvelles fermes verticales qui cultivent des murs de plantes hors sol, avec peu de lumière, peu d’eau et peu d’engrais mais un rendement jusqu’à 400 fois plus élevé qu’un champ traditionnel ! Ces rideaux de fruits et légumes sont commandés par des robots.

« On pourrait y grimper à la place de l’ascension des arbres, ce serait amusant », dit un jeune étudiant effronté. Moritz répond que c’est moins poétique et qu’on ne serait pas les bienvenus.

Par contre, je vous invite à escalader les Tiny forêts. Ce sont des mini forêts urbaines de quelques arbres, très bienfaitrices, qui poussent en un temps record et dont l’initiateur nous est proche : le botaniste chaponais Miyawaki ! Les étudiants sourient par politesse au jeu de mot douteux de Moritz…

J’ai encore une surprise dans mon sac ! annonce-t-il. Les étudiants sont inquiets. Il sort une collection de lamelles de couleurs ternes, aux surfaces rêches, peu appétissantes. De quoi s’agit-il ? demande Moritz. Des vieux coquillages, des bouts d’ardoise… les réponses fusent mais il attendait autre chose : ce sont des champignons avec une particularité, ils dévorent toutes les matières organiques mortes et les digèrent sans déchets, ils sont saprophytes. Ils peuvent donc consommer nos tonnes de rejets de plastique.

Il faudrait en envoyer aux pauvres éléphants du Sri Lanka qui meurent d’absorber le plastique des décharges où ils se nourrissent bien que tout récemment des barrières soient installées. Moritz organiserait bien une collecte mais que pourrait-il demander à ses étudiants ?

Gérard Pouettre

Moritz nous sensibilise à l'écologie, mais... à sa manière ! Merci à Gérard Pouettre (écriture) et Jean-Marie Brochard (illustration) qui veillent sur lui ! Moritz nous propose une nouvelle fois son regard original et humoristique sur le monde qui l'entoure.
Notez bien que les infos distillées par Moritz sont toutes vérifiables.

Cours d’écologie à l’université des chats

MoritzMoritz s’imagine donner un cours d’écologie à des chats étudiants. Il arrive dans une grande salle avec ses chaussures modulables en matière naturelle. Il a évidemment du mal à marcher par manque d’habitude. Sitôt derrière le bureau il sépare d’un zip la semelle et la tige ; l’auditoire est étonné. Il y a des sourires sous les moustaches. S’il pleut en sortant, je changerai de semelle, c’est très pratique et écologique assure-t-il.

Puis il enlève sa veste achetée d’occasion sur Vinted ou Seconde Patte… Il précise que dans la vie courante, bien sûr, il ne porte pas de veste, son pelage lui suffit, mais pour l’occasion, il veut expliquer que la consommation de vêtements doit être limitée pour éviter que les océans ne doivent absorber des tonnes de microfibres textiles car on ne sait pas comment elles se dégradent.

Puisque je parle d’océan, dit Moritz, je vais vous montrer des images à des époques différentes. Que remarquez-vous ? Un tigré au milieu de la salle a une idée : la mer bouge de moins en moins. Bien vu, dit Moritz, et c’est un problème parce que si les couches d’eau ne se mélangent pas, l’oxygène du fonds ne remonte plus et le gaz carbonique est moins bien absorbé. C’est un effet du réchauffement climatique.

Nous, les chats, n’avons pas d’activité aquatique, mais cependant nous avons un peu de responsabilité dans les problèmes des océans. Le plastique de nos sachets peut se retrouver dans la mer ; nous ne mangeons plus comme les chats d’antan la production locale de mulots, musaraignes, papillons… Nous ne pouvons plus pratiquer l’économie circulaire.

« Pourtant, ça m’arrive souvent de tourner en rond et de jouer avec ma queue », dit un rigolo noir et blanc ! Peut-être, mais ça n’est pas utile pour l’environnement ! rétorque Moritz. Par contre, je vais vous montrer un pilier de l’économie circulaire : il sort de son sac un morceau de matière desséchée, verdâtre. C’est du fumier ! Tous les chats font Pouah ! et mettent une patte devant leur museau.

Cela ne sent plus rien. C’est maintenant devenu un fertilisant efficace qui permet d’éviter les engrais chimiques et qui connait une renaissance, en particulier dans les fermes biologiques. Il servira probablement dans les nouvelles fermes verticales qui cultivent des murs de plantes hors sol, avec peu de lumière, peu d’eau et peu d’engrais mais un rendement jusqu’à 400 fois plus élevé qu’un champ traditionnel ! Ces rideaux de fruits et légumes sont commandés par des robots.

« On pourrait y grimper à la place de l’ascension des arbres, ce serait amusant », dit un jeune étudiant effronté. Moritz répond que c’est moins poétique et qu’on ne serait pas les bienvenus.

Par contre, je vous invite à escalader les Tiny forêts. Ce sont des mini forêts urbaines de quelques arbres, très bienfaitrices, qui poussent en un temps record et dont l’initiateur nous est proche : le botaniste chaponais Miyawaki ! Les étudiants sourient par politesse au jeu de mot douteux de Moritz…

J’ai encore une surprise dans mon sac ! annonce-t-il. Les étudiants sont inquiets. Il sort une collection de lamelles de couleurs ternes, aux surfaces rêches, peu appétissantes. De quoi s’agit-il ? demande Moritz. Des vieux coquillages, des bouts d’ardoise… les réponses fusent mais il attendait autre chose : ce sont des champignons avec une particularité, ils dévorent toutes les matières organiques mortes et les digèrent sans déchets, ils sont saprophytes. Ils peuvent donc consommer nos tonnes de rejets de plastique.

Il faudrait en envoyer aux pauvres éléphants du Sri Lanka qui meurent d’absorber le plastique des décharges où ils se nourrissent bien que tout récemment des barrières soient installées. Moritz organiserait bien une collecte mais que pourrait-il demander à ses étudiants ?


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