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A Saint-Prix, l'association CPCV aide les migrants à construire un nouveau parcours de vie ! Interview passionnante.

Publié le : 07-06-2021

CPCV à Saint-Prix

Le CPCV : quatre lettres… mais quelle est la mission de cette association solidaire qui est présente activement dans le Val d'Oise et notamment à Saint-Prix ? Réponse avec Bérénice Batcho et Naïma Legoff, respectivement Directrice générale et Responsable développement du CPCV : elles nous dévoilent les actions réalisées et les projets envisagés par l'association.

Bérénice BatchoLe CPCV ? Nous sommes encore nombreux à ne pas connaître l'association. Pouvez-vous nous faire un petit rappel historique ?
Bérénice : Vous avez raison, commençons par un peu d'histoire. En 1944, un Pasteur Jean Jousselin a mis à l'abri des enfants juifs pendant la guerre. Il a distrait les enfants en leur proposant de nombreuses animations. Cela leur a évité aussi une déportation dans les camps. Après la guerre, les parents ont souhaité qu'il continue ses actions car ils se sont rendus compte que les enfants ont pris du plaisir à être "ailleurs" et faire des activités ensemble. C'est ainsi qu'ont vu le jour les colonies de vacances ouvertes. CPCV signifiait alors "Centre Protestant de Colonie de Vacances".
Depuis cette époque, le CPCV a évidemment évolué et s'est adapté aux maux de la société. Aujourd'hui le CPCV est devenu le "Centre Pédagogique pour Construire une Vie active" et nous agissons dans de nombreux domaines. Actuellement, nous effectuons de l'accueil, de l'accompagnement et de l'hébergement pour des personnes migrantes ou en difficulté et des sortants de prison.
Nous avons aussi une mission d'insertion professionnelle et gérons ainsi à Enghien un institut de formation dans le domaine sanitaire et social, ouvert à tous et nous proposons des formations au BAFA (Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur) ou BAFD (Brevet d’Aptitude aux Fonctions de Directeur). Enfin, nous avons aussi récemment ouvert une école Montessori dans les Yvelines. Pour résumer, au CPCV, on accueille, on insère, on forme et on éduque les jeunes enfants avec la philosophie Montessori.

Naïma LegoffIntéressons-nous d'abord à votre action envers les migrants que vous accueillez ?
Naïma : Depuis 2015, nous accueillons des migrants orientés par l'OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) et des personnes en grande difficulté, orientées par les services du 115.
Quand une personne est accueillie par le CPCV, elle arrive avec ses drames, ses difficultés. Lors des premières semaines, nous aidons la personne à "poser ses valises". Nous devons tisser une confiance mutuelle. Ce temps est précieux pour les arrivants et pour nous et les équipes intervenantes.
Bérénice : La différence fait peur. Quand on ne cherche pas à comprendre ce qui se passe, on reste dans ses craintes, ses peurs, ses angoisses. Nous travaillons pour montrer qu'au-delà des différences de culture, de foi, il y a le vivre ensemble. Ceux qui arrivent parmi nous souhaitent construire une vie différente de celle qu'ils ont laissé derrière eux. Ils sont souvent jeunes, viennent d'Afghanistan, du Soudan, de la Palestine, de la Libye, d'Erythrée.

Ensuite quel est le parcours de la personne accueillie ? Quelles démarches sont effectuées ?
Bérénice : Prenons l'exemple du demandeur d'asile, orienté par l'OFII qui est notre partenaire et un de nos financeurs. Comme le disait Naïma, la personne arrive à Saint-Prix, elle est écoutée. Nous lui offrons le gite et le couvert, nous l'aidons aussi à se vêtir, achetons éventuellement ses médicaments et l'aidons dans ses déplacements. Elle est prise en charge par un de nos travailleurs sociaux qui va suivre sa procédure de demande d'asile, en relation avec les avocats, les tribunaux…
Pendant toute cette période, la personne est logée chez nous, l'hébergement pris en charge par l'Etat.
Si cette procédure aboutit, notre travailleur social a six mois pour lui trouver un logement et un emploi. Quand cette procédure n'aboutit pas, la personne est dite "déboutée". Soit elle fait appel, et nous repartons sur un nouvel accompagnement.
Quand cela n'aboutit pas, la personne sort du dispositif officiel de l'accueil migratoire. Même "sans-papiers", nous devons l'accompagner pour que la personne ne se retrouve pas à la rue… Dans ce cas, nous faisons de "l'humanitaire".
Quand le migrant doit quitter le territoire, nous actionnons nos réseaux internationaux pour qu'il soit reçu dans son pays et que notre accompagnement réalisé ici puisse être "prolongé".
Naïma : Pendant toutes ses démarches qui sont longues, nous anticipons en travaillant avec les personnes accueillies des compétences, des acquis qui serviront ensuite pour trouver un travail. Nous leur proposons des activités par le biais d'ateliers afin qu'elles puissent trouver leur voie.
Rappelons que ces personnes ne viennent pas bébé, ils sont adultes, ils étaient dans leur pays agriculteur, ingénieur, instituteur, couturier, écrivain… Notre mission va au-delà de l'administratif, la relation humaine est primordiale ! Tout le personnel du CPCV est à leur écoute.

CPCVComment communiquez-vous avec ces personnes qui parlent différentes langues ? Et quelle place consacrez-vous aux différentes religions ?
Naïma : On a inventé des langues chez nous ! Du français, un peu d'arabe, un peu d'anglais, de pachtou, de dari… Bref, on arrive toujours à se comprendre.
Bérénice : Quant aux religions, l'association est laïque et donc nous écoutons la personne parlant de sa foi et de ses convctions. Nous faisons très attention à ce que leur pratique religieuse reste respectueuse des autres hébergés. Les nombreux échanges permettent une belle tolérance entre nous tous.

Dans le futur, vous souhaitez que le centre de Saint-Prix accueille de nouveau du public ?
Bérénice : Oui, nous continuons de réfléchir à de nouvelles offres d’accueil pour des publics en situation de fragilité sur le territoire de l’Ile De France. Notre accueil de publics migrants accompagné sur notre hôtellerie de St Prix, entrera en logements diffus dès janvier 2022 toujours accompagnés par nos équipes. Nos chambres accueilleront ensuite une clientèle hotelière au printemps.

Aujourd'hui, vous nous expliquez que le CPCV se réorganise tout en gardant le même cap solidaire. Pour réussir votre mission, accueillez-vous des bénévoles ?
Naïma : Oui ! Nous avons besoin de bénévoles ! Actuellement une personne propose chaque semaine un atelier pour l'apprentissage de français, une autre un atelier sur l'inclusion numérique.
Nous avons aujourd'hui besoin d'autres bénévoles pour mettre en place efficacement un vestiaire afin d'aider nos migrants à se vêtir correctement.
Nous avons aussi des ruches et un beau potager sur notre site de Saint-Prix : nous cherchons des personnes qui puissent partager leurs connaissances sur les plantes, les arbres, les abeilles, l'entretien d'un jardin…  Même chose au niveau culturel : nous accueillons volontiers des artistes pour animer des ateliers de chant, de théâtre… La création de ce pôle bénévole est essentielle pour nous. Nous sommes ouverts à toute proposition, n'hésitez pas à nous contacter !

Merci pour ce tour d'horizon des activités solidaires du CPCV. Les résultats sont à la hauteur de vos espérances ?
Bérénice : Oui, je souhaitais terminer par une note très positive. Des jeunes que nous avons accueillis et qui ne parlaient pas français, passent aujourd'hui le bac dans un lycée professionnel ! Naima et moi et toute l'équipe du CPCV, nous sommes fières de participer à cet élan de solidarité et permettre à toutes les personnes que nous accueillons de commencer une nouvelle vie, un nouveau départ.

Merci à Bérénice et Naïma pour leur disponibilité et bravo pour vos actions solidaires.

CPCV à Saint-Prix

Le CPCV : quatre lettres… mais quelle est la mission de cette association solidaire qui est présente activement dans le Val d'Oise et notamment à Saint-Prix ? Réponse avec Bérénice Batcho et Naïma Legoff, respectivement Directrice générale et Responsable développement du CPCV : elles nous dévoilent les actions réalisées et les projets envisagés par l'association.

Bérénice BatchoLe CPCV ? Nous sommes encore nombreux à ne pas connaître l'association. Pouvez-vous nous faire un petit rappel historique ?
Bérénice : Vous avez raison, commençons par un peu d'histoire. En 1944, un Pasteur Jean Jousselin a mis à l'abri des enfants juifs pendant la guerre. Il a distrait les enfants en leur proposant de nombreuses animations. Cela leur a évité aussi une déportation dans les camps. Après la guerre, les parents ont souhaité qu'il continue ses actions car ils se sont rendus compte que les enfants ont pris du plaisir à être "ailleurs" et faire des activités ensemble. C'est ainsi qu'ont vu le jour les colonies de vacances ouvertes. CPCV signifiait alors "Centre Protestant de Colonie de Vacances".
Depuis cette époque, le CPCV a évidemment évolué et s'est adapté aux maux de la société. Aujourd'hui le CPCV est devenu le "Centre Pédagogique pour Construire une Vie active" et nous agissons dans de nombreux domaines. Actuellement, nous effectuons de l'accueil, de l'accompagnement et de l'hébergement pour des personnes migrantes ou en difficulté et des sortants de prison.
Nous avons aussi une mission d'insertion professionnelle et gérons ainsi à Enghien un institut de formation dans le domaine sanitaire et social, ouvert à tous et nous proposons des formations au BAFA (Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur) ou BAFD (Brevet d’Aptitude aux Fonctions de Directeur). Enfin, nous avons aussi récemment ouvert une école Montessori dans les Yvelines. Pour résumer, au CPCV, on accueille, on insère, on forme et on éduque les jeunes enfants avec la philosophie Montessori.

Naïma LegoffIntéressons-nous d'abord à votre action envers les migrants que vous accueillez ?
Naïma : Depuis 2015, nous accueillons des migrants orientés par l'OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) et des personnes en grande difficulté, orientées par les services du 115.
Quand une personne est accueillie par le CPCV, elle arrive avec ses drames, ses difficultés. Lors des premières semaines, nous aidons la personne à "poser ses valises". Nous devons tisser une confiance mutuelle. Ce temps est précieux pour les arrivants et pour nous et les équipes intervenantes.
Bérénice : La différence fait peur. Quand on ne cherche pas à comprendre ce qui se passe, on reste dans ses craintes, ses peurs, ses angoisses. Nous travaillons pour montrer qu'au-delà des différences de culture, de foi, il y a le vivre ensemble. Ceux qui arrivent parmi nous souhaitent construire une vie différente de celle qu'ils ont laissé derrière eux. Ils sont souvent jeunes, viennent d'Afghanistan, du Soudan, de la Palestine, de la Libye, d'Erythrée.

Ensuite quel est le parcours de la personne accueillie ? Quelles démarches sont effectuées ?
Bérénice : Prenons l'exemple du demandeur d'asile, orienté par l'OFII qui est notre partenaire et un de nos financeurs. Comme le disait Naïma, la personne arrive à Saint-Prix, elle est écoutée. Nous lui offrons le gite et le couvert, nous l'aidons aussi à se vêtir, achetons éventuellement ses médicaments et l'aidons dans ses déplacements. Elle est prise en charge par un de nos travailleurs sociaux qui va suivre sa procédure de demande d'asile, en relation avec les avocats, les tribunaux…
Pendant toute cette période, la personne est logée chez nous, l'hébergement pris en charge par l'Etat.
Si cette procédure aboutit, notre travailleur social a six mois pour lui trouver un logement et un emploi. Quand cette procédure n'aboutit pas, la personne est dite "déboutée". Soit elle fait appel, et nous repartons sur un nouvel accompagnement.
Quand cela n'aboutit pas, la personne sort du dispositif officiel de l'accueil migratoire. Même "sans-papiers", nous devons l'accompagner pour que la personne ne se retrouve pas à la rue… Dans ce cas, nous faisons de "l'humanitaire".
Quand le migrant doit quitter le territoire, nous actionnons nos réseaux internationaux pour qu'il soit reçu dans son pays et que notre accompagnement réalisé ici puisse être "prolongé".
Naïma : Pendant toutes ses démarches qui sont longues, nous anticipons en travaillant avec les personnes accueillies des compétences, des acquis qui serviront ensuite pour trouver un travail. Nous leur proposons des activités par le biais d'ateliers afin qu'elles puissent trouver leur voie.
Rappelons que ces personnes ne viennent pas bébé, ils sont adultes, ils étaient dans leur pays agriculteur, ingénieur, instituteur, couturier, écrivain… Notre mission va au-delà de l'administratif, la relation humaine est primordiale ! Tout le personnel du CPCV est à leur écoute.

CPCVComment communiquez-vous avec ces personnes qui parlent différentes langues ? Et quelle place consacrez-vous aux différentes religions ?
Naïma : On a inventé des langues chez nous ! Du français, un peu d'arabe, un peu d'anglais, de pachtou, de dari… Bref, on arrive toujours à se comprendre.
Bérénice : Quant aux religions, l'association est laïque et donc nous écoutons la personne parlant de sa foi et de ses convctions. Nous faisons très attention à ce que leur pratique religieuse reste respectueuse des autres hébergés. Les nombreux échanges permettent une belle tolérance entre nous tous.

Dans le futur, vous souhaitez que le centre de Saint-Prix accueille de nouveau du public ?
Bérénice : Oui, nous continuons de réfléchir à de nouvelles offres d’accueil pour des publics en situation de fragilité sur le territoire de l’Ile De France. Notre accueil de publics migrants accompagné sur notre hôtellerie de St Prix, entrera en logements diffus dès janvier 2022 toujours accompagnés par nos équipes. Nos chambres accueilleront ensuite une clientèle hotelière au printemps.

Aujourd'hui, vous nous expliquez que le CPCV se réorganise tout en gardant le même cap solidaire. Pour réussir votre mission, accueillez-vous des bénévoles ?
Naïma : Oui ! Nous avons besoin de bénévoles ! Actuellement une personne propose chaque semaine un atelier pour l'apprentissage de français, une autre un atelier sur l'inclusion numérique.
Nous avons aujourd'hui besoin d'autres bénévoles pour mettre en place efficacement un vestiaire afin d'aider nos migrants à se vêtir correctement.
Nous avons aussi des ruches et un beau potager sur notre site de Saint-Prix : nous cherchons des personnes qui puissent partager leurs connaissances sur les plantes, les arbres, les abeilles, l'entretien d'un jardin…  Même chose au niveau culturel : nous accueillons volontiers des artistes pour animer des ateliers de chant, de théâtre… La création de ce pôle bénévole est essentielle pour nous. Nous sommes ouverts à toute proposition, n'hésitez pas à nous contacter !

Merci pour ce tour d'horizon des activités solidaires du CPCV. Les résultats sont à la hauteur de vos espérances ?
Bérénice : Oui, je souhaitais terminer par une note très positive. Des jeunes que nous avons accueillis et qui ne parlaient pas français, passent aujourd'hui le bac dans un lycée professionnel ! Naima et moi et toute l'équipe du CPCV, nous sommes fières de participer à cet élan de solidarité et permettre à toutes les personnes que nous accueillons de commencer une nouvelle vie, un nouveau départ.

Merci à Bérénice et Naïma pour leur disponibilité et bravo pour vos actions solidaires.

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2 commentaire(s)

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Edith GRINBERG - Il y a 9 jours
Je connais le CPCV depuis longtemps, je suis moi même bénévole depuis 23 ans (Médecins du Monde et Maison de la Solidarite) j'y ai accompagné des personnes logées par le 115. Je suis heureuse de savoir
l'évolution de cet organisme.
Terdiman - Il y a 9 jours
Merci. Au Centre pour cette action qui réjouit, comparée aux ostracismes et à l’indifférence si fréquente.
Merci au Journal de Francois d’ouvrir ses pages à de tels acteurs
Michèle Terdiman
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