Dimanche 4 octobre 2026
Saint-Gratien
"Notre salut", c'est le film-événement de cette rentrée-cinéma ! Récompensé par le Prix du Jury au Festival de Cannes, le long métrage a suscité un tel enthousiasme que de nombreux critiques lui auraient attribué la Palme d'or.
Après le brillant "Les Rayons et les Ombres", Emmanuel Marre nous propose, à son tour, une immersion dans le régime de Vichy à partir de la correspondance de son arrière-grand père avec sa femme. Et Swann Arlaud est exceptionnel dans le rôle principal.
A cette occasion, le réalisateur est l'invité exceptionnel des "Toiles" pour une ciné-rencontre le dimanche 4 octobre !
Pour célébrer cet événement, l'équipe des Toiles de Saint-Gratien nous a concocté une journée spéciale consacrée au cinéaste: une occasion unique de découvrir son univers et de rencontrer un réalisateur très talentueux !
Programme :
13h45
Projection des deux courts métrages d’Emmanuel Marre
"Le film de l'été"
C’est un film d’autoroute, de touristes en transhumance, de tables de pique-nique en béton, de files d’attente pour les WC, de melons tièdes et de car washs. C’est le film d’un homme qui veut partir et d’un petit garçon qui le retient. C’est le film de l’été.
"D'un château l'autre"
Printemps 2017. Pierre, vingt-cinq ans, étudiant boursier dans une grande école parisienne loge chez Francine, soixante-quinze ans, clouée par le handicap dans un fauteuil roulant. Ils assistent perplexes à la kermesse électorale de l’entre-deux tours qui bat son plein, dehors. Loin de la kermesse électorale, Pierre aide le corps de Francine et Francine essaie de soigner l’âme de Pierre.
15h15
Projection de "Rien à foutre", premier film d’Emmanuel Marre co-réalisé avec Julie Lecoustre
Cassandre, 26 ans, est hôtesse de l’air dans une compagnie low-cost. Vivant au jour le jour, elle enchaîne les vols et les fêtes sans lendemain, fidèle à son pseudo Tinder «Carpe Diem». Une existence sans attaches, en forme de fuite en avant, qui la comble en apparence. Alors que la pression de sa compagnie redouble, Cassandre finit par perdre pied. Saura-t-elle affronter les douleurs enfouies et revenir vers ceux qu'elle a laissés au sol ?
Un film d'Emmanuel Marre avec Adèle Exarchopoulos, Alexandre Perrier, Mara Taquin…
17h45
Projection de "Notre Salut" suivie d’une rencontre avec le réalisateur Emmanuel Marre
Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d'ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle…
Un film d'Emmanuel Marre avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Harpo Guit…
Dimanche 4 octobre 2026 à partir de 13h45 - Cinéma "Les Toiles" place François Truffaut Saint-Gratien - Tarif spécial pour la journée : 9 € - Billetterie en ligne ou prévente à la caisse du cinéma.
Bonus : propos d'Emmanuel Marre à propos de son film "Notre Salut" (extrait dossier de presse)
À quel moment est née l’idée de ce projet, l’envie de raconter cette histoire et comment cela a pris forme ?
Il y a un peu plus d’une dizaine d’années. J’ai une tante férue de généalogie, qui m’a montré un carton avec les lettres de mes arrière-grands-parents. Je savais que mon arrière-grand-père avait été partie prenante du régime de Vichy, qu’il avait écrit ce livre Notre Salut, un traité politique pétainiste, qu’on voit dans le film. Dans ma famille, on n’a jamais parlé de lui comme une personne ayant participé à des choses horribles, mais plutôt comme un individu à côté de la plaque. On lui aurait presque reproché d’avoir raté sa carrière administrative plutôt que ce dans quoi il s’était engagé. Dans une de ses lettres, il raconte son arrivée à Vichy, son enthousiasme, alors qu’il avait pratiquement tout perdu. J’ai commencé à lire les lettres qui allaient de 1937 à 1946 et je me suis tenu à la période de l’occupation. En faisant des recherches dans les archives, j’ai découvert que des personnes comme lui, il y en a eu plein... C’est pourquoi, le film n’est pas un biopic d’Henri Marre, mais une interprétation libre de la matière de sa correspondance.
À partir de ces lettres, je me suis surtout intéressé à ce moment de confusion entre un échec intime et un échec national. Mon aïeul a confondu son sort personnel avec celui du pays. Il a vu dans le régime de Vichy, après la défaite (mai-juin 1940), un moyen de « redresser » quelque chose, à l’échelle de la France mais aussi en lui-même. Il vient à Vichy pour chercher du travail, espérant avoir une place à la hauteur des talents qu’il estimait avoir. La sensation de la guerre vue au quotidien, avec des ellipses, des trous de plusieurs mois, m’a fasciné dans cette correspondance. Au fil des lettres, j’ai eu la sensation d’une traversée temporelle de cette période hors des clous des grandes dates. Cela m’a questionné sur la façon de filmer l’Histoire. On filme l’Histoire en connaissant la fin alors que dans ces lettres, on ne sait pas comment cela va se terminer. Le fil de l’histoire politique est discontinu, il s’agence mal.
Dans les lettres d’Henri Marre, il n’y a aucun moment où il exprime des questions de choix, à part des choix administratifs. Face à cette période de l’histoire de France, tout le monde se demande ce qu’il aurait fait. Au lieu d’être confronté au fantasme d’un mur de choix, on est ici dans un engrenage, un crantage, selon la façon dont un régime autoritaire vient contaminer la vie des gens.
Je crée un personnage qui garde le nom et le prénom de mon arrière-grand-père mais qui devient un homme de fiction. Il y a en France une mémoire fantôme de cette période sous cet angle, une mémoire qui est tue. Il est important de parler de la honte de ce qui s’est fait dans l’ordinaire, par des personnes du mauvais côté. Je voulais garder ce nom-là, celui de Marre, car le personnage est proche de la personne réelle. Je ne trahis pas sa conduite. Ce nom est prononcé dans le film par Swann Arlaud qui prend soin de l’épeler pour éviter toute confusion, le spectateur pouvant faire le lien avec le mien. Ensuite, il devient monsieur Henri, un personnage générique de cette période. Libre à chaque spectateur de se poser la question, « Et mes grands-parents, et mes arrières grands parents ? »
Extrait dossier de presse – Propos recueillis par Charles Tesson
Dimanche 4 octobre 2026
Saint-Gratien
"Notre salut", c'est le film-événement de cette rentrée-cinéma ! Récompensé par le Prix du Jury au Festival de Cannes, le long métrage a suscité un tel enthousiasme que de nombreux critiques lui auraient attribué la Palme d'or.
Après le brillant "Les Rayons et les Ombres", Emmanuel Marre nous propose, à son tour, une immersion dans le régime de Vichy à partir de la correspondance de son arrière-grand père avec sa femme. Et Swann Arlaud est exceptionnel dans le rôle principal.
A cette occasion, le réalisateur est l'invité exceptionnel des "Toiles" pour une ciné-rencontre le dimanche 4 octobre !
Pour célébrer cet événement, l'équipe des Toiles de Saint-Gratien nous a concocté une journée spéciale consacrée au cinéaste: une occasion unique de découvrir son univers et de rencontrer un réalisateur très talentueux !
Programme :
13h45
Projection des deux courts métrages d’Emmanuel Marre
"Le film de l'été"
C’est un film d’autoroute, de touristes en transhumance, de tables de pique-nique en béton, de files d’attente pour les WC, de melons tièdes et de car washs. C’est le film d’un homme qui veut partir et d’un petit garçon qui le retient. C’est le film de l’été.
"D'un château l'autre"
Printemps 2017. Pierre, vingt-cinq ans, étudiant boursier dans une grande école parisienne loge chez Francine, soixante-quinze ans, clouée par le handicap dans un fauteuil roulant. Ils assistent perplexes à la kermesse électorale de l’entre-deux tours qui bat son plein, dehors. Loin de la kermesse électorale, Pierre aide le corps de Francine et Francine essaie de soigner l’âme de Pierre.
15h15
Projection de "Rien à foutre", premier film d’Emmanuel Marre co-réalisé avec Julie Lecoustre
Cassandre, 26 ans, est hôtesse de l’air dans une compagnie low-cost. Vivant au jour le jour, elle enchaîne les vols et les fêtes sans lendemain, fidèle à son pseudo Tinder «Carpe Diem». Une existence sans attaches, en forme de fuite en avant, qui la comble en apparence. Alors que la pression de sa compagnie redouble, Cassandre finit par perdre pied. Saura-t-elle affronter les douleurs enfouies et revenir vers ceux qu'elle a laissés au sol ?
Un film d'Emmanuel Marre avec Adèle Exarchopoulos, Alexandre Perrier, Mara Taquin…
17h45
Projection de "Notre Salut" suivie d’une rencontre avec le réalisateur Emmanuel Marre
Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d'ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle…
Un film d'Emmanuel Marre avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Harpo Guit…
Dimanche 4 octobre 2026 à partir de 13h45 - Cinéma "Les Toiles" place François Truffaut Saint-Gratien - Tarif spécial pour la journée : 9 € - Billetterie en ligne ou prévente à la caisse du cinéma.
Bonus : propos d'Emmanuel Marre à propos de son film "Notre Salut" (extrait dossier de presse)
À quel moment est née l’idée de ce projet, l’envie de raconter cette histoire et comment cela a pris forme ?
Il y a un peu plus d’une dizaine d’années. J’ai une tante férue de généalogie, qui m’a montré un carton avec les lettres de mes arrière-grands-parents. Je savais que mon arrière-grand-père avait été partie prenante du régime de Vichy, qu’il avait écrit ce livre Notre Salut, un traité politique pétainiste, qu’on voit dans le film. Dans ma famille, on n’a jamais parlé de lui comme une personne ayant participé à des choses horribles, mais plutôt comme un individu à côté de la plaque. On lui aurait presque reproché d’avoir raté sa carrière administrative plutôt que ce dans quoi il s’était engagé. Dans une de ses lettres, il raconte son arrivée à Vichy, son enthousiasme, alors qu’il avait pratiquement tout perdu. J’ai commencé à lire les lettres qui allaient de 1937 à 1946 et je me suis tenu à la période de l’occupation. En faisant des recherches dans les archives, j’ai découvert que des personnes comme lui, il y en a eu plein... C’est pourquoi, le film n’est pas un biopic d’Henri Marre, mais une interprétation libre de la matière de sa correspondance.
À partir de ces lettres, je me suis surtout intéressé à ce moment de confusion entre un échec intime et un échec national. Mon aïeul a confondu son sort personnel avec celui du pays. Il a vu dans le régime de Vichy, après la défaite (mai-juin 1940), un moyen de « redresser » quelque chose, à l’échelle de la France mais aussi en lui-même. Il vient à Vichy pour chercher du travail, espérant avoir une place à la hauteur des talents qu’il estimait avoir. La sensation de la guerre vue au quotidien, avec des ellipses, des trous de plusieurs mois, m’a fasciné dans cette correspondance. Au fil des lettres, j’ai eu la sensation d’une traversée temporelle de cette période hors des clous des grandes dates. Cela m’a questionné sur la façon de filmer l’Histoire. On filme l’Histoire en connaissant la fin alors que dans ces lettres, on ne sait pas comment cela va se terminer. Le fil de l’histoire politique est discontinu, il s’agence mal.
Dans les lettres d’Henri Marre, il n’y a aucun moment où il exprime des questions de choix, à part des choix administratifs. Face à cette période de l’histoire de France, tout le monde se demande ce qu’il aurait fait. Au lieu d’être confronté au fantasme d’un mur de choix, on est ici dans un engrenage, un crantage, selon la façon dont un régime autoritaire vient contaminer la vie des gens.
Je crée un personnage qui garde le nom et le prénom de mon arrière-grand-père mais qui devient un homme de fiction. Il y a en France une mémoire fantôme de cette période sous cet angle, une mémoire qui est tue. Il est important de parler de la honte de ce qui s’est fait dans l’ordinaire, par des personnes du mauvais côté. Je voulais garder ce nom-là, celui de Marre, car le personnage est proche de la personne réelle. Je ne trahis pas sa conduite. Ce nom est prononcé dans le film par Swann Arlaud qui prend soin de l’épeler pour éviter toute confusion, le spectateur pouvant faire le lien avec le mien. Ensuite, il devient monsieur Henri, un personnage générique de cette période. Libre à chaque spectateur de se poser la question, « Et mes grands-parents, et mes arrières grands parents ? »
Extrait dossier de presse – Propos recueillis par Charles Tesson
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