Evénement ! Louis Aguilée vient de fêter ses 100 ans à Ermont ! Il a accepté de raconter au Journal de François ses souvenirs et évoquer le passage d'Ermont de village en ville.
Cette semaine, je vous propose un portrait de notre centenaire avec quelques anecdotes savoureuses. La semaine prochaine, une interview exceptionnelle permettra à Louis Aguilée d'égrener ses souvenirs d'Ermont : la vie d'antan, les fermes, les commerces, les fêtes sans oublier l'Occupation et la Libération de la ville.
Né en 1926, Louis Aguilée a traversé le siècle en homme de travail et de rencontres. Sa vie n’a jamais suivi une ligne droite : elle s’est construite pas à pas, au fil des occasions, des épreuves et des choix parfois contraints, souvent courageux. Ce qui la relie de bout en bout, c’est une énergie constante : ne jamais rester immobile ! Aujourd'hui encore, à 100 ans, vous pouvez le croiser dans les rues d'Ermont !
Louis commence à travailler très jeune, à 13 ou 14 ans, au moment où la Seconde Guerre mondiale bouleverse la vie quotidienne. Par précaution, ses parent l’envoient dans le sud de la France lors de l’exode. Là, au sein de la famille, il découvre ses premiers métiers. Dans un petit village du Tarn, il devient apprenti boulanger. Les nuits commencent à une heure du matin, on façonne des boules de pain à l’ancienne, on apprend la rigueur et l’endurance. Cette première expérience lui transmet le goût de l’effort et la fierté du travail bien fait.
Revenu à Ermont pendant l’Occupation, il est encore trop jeune pour travailler légalement de nuit. Il tente la pâtisserie, sans conviction, puis devient coursier à vélo à Paris. Chaque jour, il traverse la capitale occupée pour livrer des marchandises. Une expérience qui lui donne de l'assurance et une autonomie précoce.
Sa vie prend un nouveau tournant lorsqu’un cousin lui ouvre la porte d’un atelier de mécanique. Pendant trois ans, il apprend le métier d’ajusteur‑outilleur. À la Libération, appelé au service militaire, il préfère s’engager dans la Marine nationale plutôt que de partir en Allemagne. Il y obtient un brevet de mécanicien, puis se spécialise comme armurier. Il passera trois années dans la Marine, dont deux embarqué à Casablanca, et en sortira quartier‑maître armurier. Un accident lors du remontage d’un canon manque de lui coûter la main ; il n’en gardera qu’un doigt blessé, mais cet épisode met fin à sa carrière militaire.
La vie civile reprend, sans transition facile. Louis retourne à la mécanique, change d’entreprises au gré des difficultés économiques de l’après‑guerre, mais ne connaît jamais l’inactivité. Il travaille dans la bijouterie industrielle à Saint‑Leu‑la‑Forêt puis à Ermont, fabriquant des boîtiers de montres pour de grandes maisons françaises et étrangères.
En 1952, il se marie avec une Ermontoise, profondément attachée à sa ville natale. Ensemble, ils fondent une famille et affrontent les difficultés du logement et des déplacements professionnels. Louis accepte la gérance d’une petite entreprise de mécanique générale sous‑traitant pour Renault. L’aventure dure plusieurs années, jusqu’à l’arrêt brutal des commandes. Là encore, il faut repartir, trouver autre chose, ne pas se décourager.
Il travaille ensuite dans une forge en Haute‑Marne, puis se lance, avec audace, dans la restauration saisonnière sur la côte méditerranéenne. Dans un camping, il vend frites et plats à emporter. Le travail est harassant : de très longues journées pendant quelques mois, mais suffisantes pour faire vivre la famille sur l’année. Hors saison, il devient tourneur, spécialisé dans la fabrication de pivots pour prothèses dentaires ! Fidèle à son esprit inventif, il conçoit et améliore les machines.
Il travaillera ainsi jusqu’à 62 ans, prolongeant même sa carrière pour compléter des droits à la retraite acquis dans des métiers très différents.
En 1983, il rachète la maison familiale à Ermont, où il avait vécu. Pendant près de trois ans, il la rénove presque entièrement lui‑même, réalisant enfin son vieux rêve : façonner sa maison de ses propres mains.
Même à la retraite, Louis ne sait pas rester inactif. Pendant plusieurs années, il aidera son gendre à la Chambre de commerce pour des missions ponctuelles. Il continue aussi à bricoler, réparer, améliorer son habitat.
Entre 2000 et 2005, Louis fait même les vendanges de ses propres treilles. Il présentait ses vins lors de la fête de la Saint‑Martin à Pontoise, où il a été primé, notamment pour la qualité de ses rosés.
Mais la vie de Louis Aguilée ne se résume pas à ses métiers. Elle est aussi faite de fidélités. Dès l’enfance, il se lie d’amitié avec Jacques Berthod, ancien maire d'Ermont. Ils se connaissent depuis l’école et resteront liés toute leur vie. Cette amitié, simple et profonde, dit beaucoup de l’homme : loyal, constant, attaché aux liens durables.
Il a également connu Xavier Haquin dès sa petite enfance et se souvient encore de Mme Haquin affirmant, à l’école maternelle, que son fils serait un jour maire d’Ermont. Une anecdote devenue, avec le temps, savoureuse !
Tout au long de ce parcours, son épouse a été un pilier. Travailleuse infatigable, généreuse, dotée d’un grand sens pratique et d’une profonde gentillesse, elle l’a accompagné dans chaque changement, chaque déménagement, chaque nouvelle aventure, parfois avec inquiétude, toujours avec courage. Ensemble, ils ont trouvé, plus tard, le temps de voyager, de partir en cure, et surtout de profiter de leur famille.
Son épouse et sa fille sont aujourd'hui décédées, mais Louis est entouré de ses trois petits-enfants et six arrière-petits-enfants sans oublier son gendre qui veille sur lui.
Il peut être fier de cette vie ordinaire en apparence, mais tellement riche, dense et humaine. Très bon anniversaire à notre centenaire !
Rendez-vous la semaine prochaine pour une interview exceptionnelle où Louis Aguilée nous livrera de nombreux souvenirs passionnants.
Evénement ! Louis Aguilée vient de fêter ses 100 ans à Ermont ! Il a accepté de raconter au Journal de François ses souvenirs et évoquer le passage d'Ermont de village en ville.
Cette semaine, je vous propose un portrait de notre centenaire avec quelques anecdotes savoureuses. La semaine prochaine, une interview exceptionnelle permettra à Louis Aguilée d'égrener ses souvenirs d'Ermont : la vie d'antan, les fermes, les commerces, les fêtes sans oublier l'Occupation et la Libération de la ville.
Né en 1926, Louis Aguilée a traversé le siècle en homme de travail et de rencontres. Sa vie n’a jamais suivi une ligne droite : elle s’est construite pas à pas, au fil des occasions, des épreuves et des choix parfois contraints, souvent courageux. Ce qui la relie de bout en bout, c’est une énergie constante : ne jamais rester immobile ! Aujourd'hui encore, à 100 ans, vous pouvez le croiser dans les rues d'Ermont !
Louis commence à travailler très jeune, à 13 ou 14 ans, au moment où la Seconde Guerre mondiale bouleverse la vie quotidienne. Par précaution, ses parent l’envoient dans le sud de la France lors de l’exode. Là, au sein de la famille, il découvre ses premiers métiers. Dans un petit village du Tarn, il devient apprenti boulanger. Les nuits commencent à une heure du matin, on façonne des boules de pain à l’ancienne, on apprend la rigueur et l’endurance. Cette première expérience lui transmet le goût de l’effort et la fierté du travail bien fait.
Revenu à Ermont pendant l’Occupation, il est encore trop jeune pour travailler légalement de nuit. Il tente la pâtisserie, sans conviction, puis devient coursier à vélo à Paris. Chaque jour, il traverse la capitale occupée pour livrer des marchandises. Une expérience qui lui donne de l'assurance et une autonomie précoce.
Sa vie prend un nouveau tournant lorsqu’un cousin lui ouvre la porte d’un atelier de mécanique. Pendant trois ans, il apprend le métier d’ajusteur‑outilleur. À la Libération, appelé au service militaire, il préfère s’engager dans la Marine nationale plutôt que de partir en Allemagne. Il y obtient un brevet de mécanicien, puis se spécialise comme armurier. Il passera trois années dans la Marine, dont deux embarqué à Casablanca, et en sortira quartier‑maître armurier. Un accident lors du remontage d’un canon manque de lui coûter la main ; il n’en gardera qu’un doigt blessé, mais cet épisode met fin à sa carrière militaire.
La vie civile reprend, sans transition facile. Louis retourne à la mécanique, change d’entreprises au gré des difficultés économiques de l’après‑guerre, mais ne connaît jamais l’inactivité. Il travaille dans la bijouterie industrielle à Saint‑Leu‑la‑Forêt puis à Ermont, fabriquant des boîtiers de montres pour de grandes maisons françaises et étrangères.
En 1952, il se marie avec une Ermontoise, profondément attachée à sa ville natale. Ensemble, ils fondent une famille et affrontent les difficultés du logement et des déplacements professionnels. Louis accepte la gérance d’une petite entreprise de mécanique générale sous‑traitant pour Renault. L’aventure dure plusieurs années, jusqu’à l’arrêt brutal des commandes. Là encore, il faut repartir, trouver autre chose, ne pas se décourager.
Il travaille ensuite dans une forge en Haute‑Marne, puis se lance, avec audace, dans la restauration saisonnière sur la côte méditerranéenne. Dans un camping, il vend frites et plats à emporter. Le travail est harassant : de très longues journées pendant quelques mois, mais suffisantes pour faire vivre la famille sur l’année. Hors saison, il devient tourneur, spécialisé dans la fabrication de pivots pour prothèses dentaires ! Fidèle à son esprit inventif, il conçoit et améliore les machines.
Il travaillera ainsi jusqu’à 62 ans, prolongeant même sa carrière pour compléter des droits à la retraite acquis dans des métiers très différents.
En 1983, il rachète la maison familiale à Ermont, où il avait vécu. Pendant près de trois ans, il la rénove presque entièrement lui‑même, réalisant enfin son vieux rêve : façonner sa maison de ses propres mains.
Même à la retraite, Louis ne sait pas rester inactif. Pendant plusieurs années, il aidera son gendre à la Chambre de commerce pour des missions ponctuelles. Il continue aussi à bricoler, réparer, améliorer son habitat.
Entre 2000 et 2005, Louis fait même les vendanges de ses propres treilles. Il présentait ses vins lors de la fête de la Saint‑Martin à Pontoise, où il a été primé, notamment pour la qualité de ses rosés.
Mais la vie de Louis Aguilée ne se résume pas à ses métiers. Elle est aussi faite de fidélités. Dès l’enfance, il se lie d’amitié avec Jacques Berthod, ancien maire d'Ermont. Ils se connaissent depuis l’école et resteront liés toute leur vie. Cette amitié, simple et profonde, dit beaucoup de l’homme : loyal, constant, attaché aux liens durables.
Il a également connu Xavier Haquin dès sa petite enfance et se souvient encore de Mme Haquin affirmant, à l’école maternelle, que son fils serait un jour maire d’Ermont. Une anecdote devenue, avec le temps, savoureuse !
Tout au long de ce parcours, son épouse a été un pilier. Travailleuse infatigable, généreuse, dotée d’un grand sens pratique et d’une profonde gentillesse, elle l’a accompagné dans chaque changement, chaque déménagement, chaque nouvelle aventure, parfois avec inquiétude, toujours avec courage. Ensemble, ils ont trouvé, plus tard, le temps de voyager, de partir en cure, et surtout de profiter de leur famille.
Son épouse et sa fille sont aujourd'hui décédées, mais Louis est entouré de ses trois petits-enfants et six arrière-petits-enfants sans oublier son gendre qui veille sur lui.
Il peut être fier de cette vie ordinaire en apparence, mais tellement riche, dense et humaine. Très bon anniversaire à notre centenaire !
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