La Petite Boutique du Journal vous propose les principaux livres consacrés à l'histoire locale. N'hésitez pas à les commander. Je vous rappelle que la livraison est gratuite pour les habitants de la Vallée de Montmorency !
Cette semaine, zoom sur "Souvenirs d'Eaubonne au XXème siècle" de Jean Veillon.
Publié en 2007, cet ouvrage retrace avec sensibilité et précision l’évolution d’Eaubonne au cours du XXe siècle. Jean Veillon, disparu en 2013 à l’âge de 85 ans, y livre un témoignage vivant et profondément humain.
J’ai eu la chance de le rencontrer lors de la sortie de son livre (voir ci-dessous). Il expliquait ainsi sa démarche : « Je souhaitais laisser une image vivante de l’histoire d’Eaubonne et pas seulement un bilan des réalisations et une liste des notables. Ce livre me permet de parler d’Eugène Vallette, de Michel Mourre, d’Agogué et de quelques autres. Parce qu’il fallait le faire maintenant, alors que des témoins du temps sont encore là. »
À travers une multitude d’anecdotes, l’auteur propose une manière originale et chaleureuse de découvrir la ville. Comme l’écrivait M. Balageas, ancien maire d’Eaubonne, dans la préface : « Merci à M. Veillon pour ce merveilleux voyage dans le temps. »
Interview publiée lors de la sortie du livre de Jean Veillon
Comment est venue cette idée de retracer par écrit tant de souvenirs partagés par de nombreux Eaubonnais ?
Je souhaitais laisser une image vivante de l’histoire d’Eaubonne (et pas seulement un bilan des réalisations et une liste des notables). Ce livre me permet de parler d’Eugène Vallette, de Michel Mourre, d’Agogué et de quelques autres. Parce qu’il fallait le faire maintenant, alors que des témoins du temps sont encore là. "Souvenirs d’Eaubonne au XXème siècle" sera édité par le Cercle Historique et Archéologique d’Eaubonne et de la Vallée de Montmorency.
Vous habitez à Eaubonne depuis plus de 50 ans, comment jugez-vous son évolution ?
Le village du début de siècle est devenu une ville de 25000 habitants.
Après le flux des Parisiens et des Provinciaux qui a suivi 1914/1918, Eaubonne a vu arriver des émigrés Italiens, Polonais et Espagnols dans les années 30, puis Portugais, Antillais, Maghrébins et Africains après la 2ème guerre mondiale. Il y eut aussi, dans les années 40, des Allemands qui se sont un peu attardés mais sont finalement repartis, et des Américains de passage qui en ont profité pour enlever quelques-unes de nos jolies filles.
Entre temps, nous sommes passés de la toilette dans la cuvette de la cuisine à la salle de bain, de la bouilloire au chauffe-eau, de la salamandre au chauffage central, des fosses septiques au tout à l’égout, de la demoiselle du téléphone au portable, de la règle à calcul (avec laquelle fut conçu Concorde dans les années 50 !) à l’ordinateur. Nous avons vu arriver le cinéma, la photographie, la radio, la télévision. Il y a eu aussi les antibiotiques, la pilule, le vote des femmes, les grandes surfaces, les autoroutes…
Vous n’êtes pas à votre coup d’essai. Vous avez déjà écrit plusieurs livres dont un qui décrit l’enquête que vous avez menée au sujet de l’avion qui a emmené de Gaulle en Angleterre en juin 1940. Racontez-nous !
Je croyais comme beaucoup, pour l’avoir lu et entendu, que de Gaulle était parti en Angleterre en juin 40 à bord d’un de Havilland Dragon Rapide… jusqu’au jour où j’ai appris que ce n’était pas sûr du tout. Alors j’ai cherché pendant 6 ans et trouvé que le 17 juin 1940, le Général est parti à Londres à bord du de Havilland DH95 Flamingo R2764 piloté par le Flying Lieutenant Blennerrrassett.
Un article dans le journal Le Fana de l’aviation l’a fait savoir et un ouvrage l’a expliqué. L’institut Charles de Gaulle, l’Amiral Philippe de Gaulle, l’Elysée, le Ministère de la Défense et le musée de l’Air en ont été informés.
Lors des visites guidées du Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget que vous animez, vous nourrissez vos présentations de nombreuses anecdotes. Comment est née cette passion au cours de votre existence ?
Vous savez, la conquête du ciel et de l’espace est l’aventure humaine la plus fabuleuse de tous les temps et ceux de ma génération ont eu la chance de la vivre presque depuis le début.
Alors que nous sommes survolés chaque jour par des jumbo-jets bourrés d’ordinateurs, il est difficile d’imaginer à quel point les hommes et les femmes qui ont écrit les plus belles pages de l’aviation au péril de leur vie étaient des stars.Ce musée est magnifique, l’un des plus beaux qui soient. Les trésors qu’il renferme ne sont pas « des vieux trucs » mais des fabuleuses machines qui ont conquis le ciel et préparé la technologie des Airbus et Boeing d’aujourd’hui.
Vous collaborez à la restauration d’avions anciens au sein de l’association Les ailes anciennes. Combien de temps faut-il pour restaurer un avion et sont-ils tous exposés au Musée du Bourget ?
Depuis 30 ans, "Les ailes anciennes" du Bourget ont restauré 24 avions et 33 moteurs pour le Musée de l’Air. Je les ai rejointes il y a près de 20 ans et j’en suis vice-président.
Parmi les avions restaurés, citons : le Morane-Saulnier de la première traversée de la Méditerranée, le Junker, le premier avion entièrement métallique, le SO 6000, le premier avion à réaction français (inventé par M. Servanty, l’ingénieur qui a dessiné le Concorde). Ceux-là et d’autres exposés au Musée de l’air. D’autres sont au Musée de l’Aéronavale de Rochefort et au musée de la Snecma à Melun-Villaroche.
En ce moment sont en chantier dans les ateliers le dernier des Lancaster… récupéré sur une île du Pacifique, ainsi qu’un chasseur Caudron 714, un Beech 18…
"Les ailes anciennes" ne travaillent que quelques heures par semaine, le mercredi et le samedi. Tous les adhérents sont des bénévoles. Certaines restaurations durent 2 ans, d’autres 20 ans. Pour le Lancaster, sans doute une trentaine d’années. En plus du travail, il faut trouver certaines pièces, il faut aussi pouvoir les acheter (l’association n’est pas subventionnée). Avis aux courageux qui souhaiteraient s’y joindre. Ils seraient les bienvenus !
Enfin, cerise sur le gâteau pour vous lecteurs, j’avais omis une autre facette de vos multiples talents : vous êtes dessinateur de presse. Pouvez-vous nous dire dans quel cadre vous effectuez ces dessins humoristiques ?
J’ai été dessinateur de presse dans les années 50 et 60. Mes gaudrioles étaient publiées dans les hebdomadaires humoristiques de l’époque. J’avais cessé de dessiner depuis une trentaine d’années lorsque, dans les années 90, le rédacteur en chef d’un bulletin nautique édité à Saint-Cyprien sollicita quelques dessins pour égayer ses articles. Je lui ai proposé les miens, les anciens ; ils lui ont plu, il les a publiés… et il m’en a demandé d’autres. Si bien que depuis, je me suis remis à dessiner des petites histoires !
Bonus : biographie de Jean Veillon par Hervé Collet
"Souvenirs d'Eaubonne au XXème siècle" de Jean Veillon – 110 pages - Editions du Cercle Historique et Archéologique d'Eaubonne et de la Vallée de Montmorency (2007) – 14 € - Le livre est désormais disponible dans la Petite Boutique du Journal de François
La Petite Boutique du Journal vous propose les principaux livres consacrés à l'histoire locale. N'hésitez pas à les commander. Je vous rappelle que la livraison est gratuite pour les habitants de la Vallée de Montmorency !
Cette semaine, zoom sur "Souvenirs d'Eaubonne au XXème siècle" de Jean Veillon.
Publié en 2007, cet ouvrage retrace avec sensibilité et précision l’évolution d’Eaubonne au cours du XXe siècle. Jean Veillon, disparu en 2013 à l’âge de 85 ans, y livre un témoignage vivant et profondément humain.
J’ai eu la chance de le rencontrer lors de la sortie de son livre (voir ci-dessous). Il expliquait ainsi sa démarche : « Je souhaitais laisser une image vivante de l’histoire d’Eaubonne et pas seulement un bilan des réalisations et une liste des notables. Ce livre me permet de parler d’Eugène Vallette, de Michel Mourre, d’Agogué et de quelques autres. Parce qu’il fallait le faire maintenant, alors que des témoins du temps sont encore là. »
À travers une multitude d’anecdotes, l’auteur propose une manière originale et chaleureuse de découvrir la ville. Comme l’écrivait M. Balageas, ancien maire d’Eaubonne, dans la préface : « Merci à M. Veillon pour ce merveilleux voyage dans le temps. »
Interview publiée lors de la sortie du livre de Jean Veillon
Comment est venue cette idée de retracer par écrit tant de souvenirs partagés par de nombreux Eaubonnais ?
Je souhaitais laisser une image vivante de l’histoire d’Eaubonne (et pas seulement un bilan des réalisations et une liste des notables). Ce livre me permet de parler d’Eugène Vallette, de Michel Mourre, d’Agogué et de quelques autres. Parce qu’il fallait le faire maintenant, alors que des témoins du temps sont encore là. "Souvenirs d’Eaubonne au XXème siècle" sera édité par le Cercle Historique et Archéologique d’Eaubonne et de la Vallée de Montmorency.
Vous habitez à Eaubonne depuis plus de 50 ans, comment jugez-vous son évolution ?
Le village du début de siècle est devenu une ville de 25000 habitants.
Après le flux des Parisiens et des Provinciaux qui a suivi 1914/1918, Eaubonne a vu arriver des émigrés Italiens, Polonais et Espagnols dans les années 30, puis Portugais, Antillais, Maghrébins et Africains après la 2ème guerre mondiale. Il y eut aussi, dans les années 40, des Allemands qui se sont un peu attardés mais sont finalement repartis, et des Américains de passage qui en ont profité pour enlever quelques-unes de nos jolies filles.
Entre temps, nous sommes passés de la toilette dans la cuvette de la cuisine à la salle de bain, de la bouilloire au chauffe-eau, de la salamandre au chauffage central, des fosses septiques au tout à l’égout, de la demoiselle du téléphone au portable, de la règle à calcul (avec laquelle fut conçu Concorde dans les années 50 !) à l’ordinateur. Nous avons vu arriver le cinéma, la photographie, la radio, la télévision. Il y a eu aussi les antibiotiques, la pilule, le vote des femmes, les grandes surfaces, les autoroutes…
Vous n’êtes pas à votre coup d’essai. Vous avez déjà écrit plusieurs livres dont un qui décrit l’enquête que vous avez menée au sujet de l’avion qui a emmené de Gaulle en Angleterre en juin 1940. Racontez-nous !
Je croyais comme beaucoup, pour l’avoir lu et entendu, que de Gaulle était parti en Angleterre en juin 40 à bord d’un de Havilland Dragon Rapide… jusqu’au jour où j’ai appris que ce n’était pas sûr du tout. Alors j’ai cherché pendant 6 ans et trouvé que le 17 juin 1940, le Général est parti à Londres à bord du de Havilland DH95 Flamingo R2764 piloté par le Flying Lieutenant Blennerrrassett.
Un article dans le journal Le Fana de l’aviation l’a fait savoir et un ouvrage l’a expliqué. L’institut Charles de Gaulle, l’Amiral Philippe de Gaulle, l’Elysée, le Ministère de la Défense et le musée de l’Air en ont été informés.
Lors des visites guidées du Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget que vous animez, vous nourrissez vos présentations de nombreuses anecdotes. Comment est née cette passion au cours de votre existence ?
Vous savez, la conquête du ciel et de l’espace est l’aventure humaine la plus fabuleuse de tous les temps et ceux de ma génération ont eu la chance de la vivre presque depuis le début.
Alors que nous sommes survolés chaque jour par des jumbo-jets bourrés d’ordinateurs, il est difficile d’imaginer à quel point les hommes et les femmes qui ont écrit les plus belles pages de l’aviation au péril de leur vie étaient des stars.Ce musée est magnifique, l’un des plus beaux qui soient. Les trésors qu’il renferme ne sont pas « des vieux trucs » mais des fabuleuses machines qui ont conquis le ciel et préparé la technologie des Airbus et Boeing d’aujourd’hui.
Vous collaborez à la restauration d’avions anciens au sein de l’association Les ailes anciennes. Combien de temps faut-il pour restaurer un avion et sont-ils tous exposés au Musée du Bourget ?
Depuis 30 ans, "Les ailes anciennes" du Bourget ont restauré 24 avions et 33 moteurs pour le Musée de l’Air. Je les ai rejointes il y a près de 20 ans et j’en suis vice-président.
Parmi les avions restaurés, citons : le Morane-Saulnier de la première traversée de la Méditerranée, le Junker, le premier avion entièrement métallique, le SO 6000, le premier avion à réaction français (inventé par M. Servanty, l’ingénieur qui a dessiné le Concorde). Ceux-là et d’autres exposés au Musée de l’air. D’autres sont au Musée de l’Aéronavale de Rochefort et au musée de la Snecma à Melun-Villaroche.
En ce moment sont en chantier dans les ateliers le dernier des Lancaster… récupéré sur une île du Pacifique, ainsi qu’un chasseur Caudron 714, un Beech 18…
"Les ailes anciennes" ne travaillent que quelques heures par semaine, le mercredi et le samedi. Tous les adhérents sont des bénévoles. Certaines restaurations durent 2 ans, d’autres 20 ans. Pour le Lancaster, sans doute une trentaine d’années. En plus du travail, il faut trouver certaines pièces, il faut aussi pouvoir les acheter (l’association n’est pas subventionnée). Avis aux courageux qui souhaiteraient s’y joindre. Ils seraient les bienvenus !
Enfin, cerise sur le gâteau pour vous lecteurs, j’avais omis une autre facette de vos multiples talents : vous êtes dessinateur de presse. Pouvez-vous nous dire dans quel cadre vous effectuez ces dessins humoristiques ?
J’ai été dessinateur de presse dans les années 50 et 60. Mes gaudrioles étaient publiées dans les hebdomadaires humoristiques de l’époque. J’avais cessé de dessiner depuis une trentaine d’années lorsque, dans les années 90, le rédacteur en chef d’un bulletin nautique édité à Saint-Cyprien sollicita quelques dessins pour égayer ses articles. Je lui ai proposé les miens, les anciens ; ils lui ont plu, il les a publiés… et il m’en a demandé d’autres. Si bien que depuis, je me suis remis à dessiner des petites histoires !
Bonus : biographie de Jean Veillon par Hervé Collet
"Souvenirs d'Eaubonne au XXème siècle" de Jean Veillon – 110 pages - Editions du Cercle Historique et Archéologique d'Eaubonne et de la Vallée de Montmorency (2007) – 14 € - Le livre est désormais disponible dans la Petite Boutique du Journal de François
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