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Le destin contrarié du lavoir de Saint-Prix !

Publié le : 28-07-2021

Les blanchisseuses de Saint-Prix (collection Gérard Bourse)Vous le savez, le Journal de François vous relate régulièrement l'histoire locale à travers des anecdotes assez savoureuses.
Aujourd'hui, Gérard Bourse, historien de Saint-Prix, nous raconte le destin du lavoir de Saint-Prix, contrarié par les desiderata du fantasque et richissime Baron Joseph Louis Léopold Double :

« Le village de Saint-Prix possédait sa fontaine publique et son lavoir, situés historiquement dans la Grande (rue du Vieux Village). Le lavoir servait aux blanchisseuses dont l’activité était florissante.
Depuis toujours, l’eau provenant des sources s’écoulait par la suite dans la propriété du Baron Double, pour alimenter sa pièce d’eau, puis allait ensuite à l’abreuvoir pour s’épandre dans la plaine.
Etang du Château de Léopold Double (Collection Gérard Bourse)Mais en septembre 1865, le Baron Double, furieux, prétendit que sa pièce d’eau est empoisonnée par les eaux provenant du lavoir communal, et se plaignit auprès d'Hector Carlin, le Maire de la Ville : « Le ruisseau traversant ma propriété reçoit un surcroit d’eaux de savon et d’acides produit par les blanchisseuses dont le nombre va en augmentant ».
Hector Carlin conteste vivement les dires du Baron Double. Alors un procès est alors engagé entre les deux parties !
En 1868, le jugement est prononcé : il donne raison au Baron Double et impose la fermeture du lavoir ! Le tribunal accorde au demandeur au-delà de sa demande, en supprimant non seulement l’écoulement des eaux de la rue, ménagères et autres, mais aussi l’usage du lavoir public qui jusque-là n’était nullement mis en cause ! Le tribunal a ainsi accordé la suppression du lavoir public.

Le nouveau lavoir de la rue Rubelle (collection Gérard Bourse)Une année passe et le Baron Double, voulant faire une bonne affaire, fait une nouvelle proposition au maire Hector Carlin. Il sollicite l’autorisation de construire un pont en forêt, sur le chemin de la Croix-Jacques, entre ses deux propriétés. En contrepartie, il cède une partie de son terrain pour y construire le nouveau lavoir.
Pour s'assurer de l'acceptation de cette requête, il propose alors à la commune le versement de deux mille francs et la mise à disposition d'un terrain de 9m sur 4m, le long de la rue de Rubelle pour y construire ce lavoir. Le Baron Double prend également à sa charge la moitié des frais pour rechercher les eaux et les amener au nouveau lavoir. Affaire conclue ! C’est ainsi que le nouveau lavoir rue de Rubelle voit le jour !
Aujourd'hui, l'édifice a disparu mais les plus attentifs peuvent l'apercevoir… sur la plaque de la rue Léon Cordier ! »

plaque rue Léon Cordier (photo Gérard Bourse)

Les blanchisseuses de Saint-Prix (collection Gérard Bourse)Vous le savez, le Journal de François vous relate régulièrement l'histoire locale à travers des anecdotes assez savoureuses.
Aujourd'hui, Gérard Bourse, historien de Saint-Prix, nous raconte le destin du lavoir de Saint-Prix, contrarié par les desiderata du fantasque et richissime Baron Joseph Louis Léopold Double :

« Le village de Saint-Prix possédait sa fontaine publique et son lavoir, situés historiquement dans la Grande (rue du Vieux Village). Le lavoir servait aux blanchisseuses dont l’activité était florissante.
Depuis toujours, l’eau provenant des sources s’écoulait par la suite dans la propriété du Baron Double, pour alimenter sa pièce d’eau, puis allait ensuite à l’abreuvoir pour s’épandre dans la plaine.
Etang du Château de Léopold Double (Collection Gérard Bourse)Mais en septembre 1865, le Baron Double, furieux, prétendit que sa pièce d’eau est empoisonnée par les eaux provenant du lavoir communal, et se plaignit auprès d'Hector Carlin, le Maire de la Ville : « Le ruisseau traversant ma propriété reçoit un surcroit d’eaux de savon et d’acides produit par les blanchisseuses dont le nombre va en augmentant ».
Hector Carlin conteste vivement les dires du Baron Double. Alors un procès est alors engagé entre les deux parties !
En 1868, le jugement est prononcé : il donne raison au Baron Double et impose la fermeture du lavoir ! Le tribunal accorde au demandeur au-delà de sa demande, en supprimant non seulement l’écoulement des eaux de la rue, ménagères et autres, mais aussi l’usage du lavoir public qui jusque-là n’était nullement mis en cause ! Le tribunal a ainsi accordé la suppression du lavoir public.

Le nouveau lavoir de la rue Rubelle (collection Gérard Bourse)Une année passe et le Baron Double, voulant faire une bonne affaire, fait une nouvelle proposition au maire Hector Carlin. Il sollicite l’autorisation de construire un pont en forêt, sur le chemin de la Croix-Jacques, entre ses deux propriétés. En contrepartie, il cède une partie de son terrain pour y construire le nouveau lavoir.
Pour s'assurer de l'acceptation de cette requête, il propose alors à la commune le versement de deux mille francs et la mise à disposition d'un terrain de 9m sur 4m, le long de la rue de Rubelle pour y construire ce lavoir. Le Baron Double prend également à sa charge la moitié des frais pour rechercher les eaux et les amener au nouveau lavoir. Affaire conclue ! C’est ainsi que le nouveau lavoir rue de Rubelle voit le jour !
Aujourd'hui, l'édifice a disparu mais les plus attentifs peuvent l'apercevoir… sur la plaque de la rue Léon Cordier ! »

plaque rue Léon Cordier (photo Gérard Bourse)

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