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Histoire Forêt de Montmorency > Le prieuré du Bois Saint-Père

Publié le : 03-06-2019

André MonneauLa fontaine de Sainte-Radegonde est un des lieux remarquables de la forêt de Montmorency. A proximité se situait le Prieuré du Bois Saint-Père qui accueillait les pèlerins venus pour invoquer la sainte avant de se purifier avec l'eau de la fontaine… André Monneau, notre historien local, nous raconte son histoire. 

Le prieuré du Bois Saint-Père

Mathieu 1er de Montmorency donne vers 1135 le prieuré du Bois-Saint-Père, sur le territoire de Bouffémont, à l'abbaye de Saint-Victor de Paris pour assurer quotidiennement le service divin, ainsi qu'un revenu de cent sous parisis à prendre sur les droits du Port Saint-Denis de l'Estrée. Neuf chanoines de Saint-Victor s'y installent ainsi Mathieu 1er peut s'y recueillir et prier.
Vers 1150, l'isolement des lieux et la peur des brigands font fuir les chanoines qui emportent calice et vêtements sacrés. Le fils de Mathieu 1er, Bouchard V, les prie de revenir pour assurer le service divin et la confession. Ce sera chose faite en 1185 lorsqu'il entreprend, à proximité du prieuré, la construction du château de la Chasse.

Plan Forêt de MontmorencyEn 1214, à la suite de son exploit à la bataille de Bouvines, Mathieu II de Montmorency fait don aux chanoines d'un bois situé devant le prieuré et leur impose de ne point essarter ni couper les arbres fruitiers (pommiers, poiriers, néfliers). Les religieux, privés de l'exploitation du bois, se consacrent à la vigne, culture traditionnelle de la région.
En 1348, la peste noire éclaircit sauvagement les rangs des chanoines, le cimetière d'Ermont, où ils sont enterrés, est agrandi de six perches. Dix ans plus tard, le prieuré subit les ravages de la grande jacquerie, puis les campagnes anglaises de la guerre de cent ans.

Le procès verbal d'arpentage du 26 mai 1523 précise que le prieuré du Bois-Saint-Père consiste en un corps de logis : étable, grange, jardin et dépendances, fosse à poissons, étang, moulin. A la fin du XVIème, en pleine guerre de religions, les chanoines quittent les lieux et n'y reviennent que pour faire des retraites. Ils s'installent dans le village de Saint-Prix où ils fondent le prieuré blanc, face à l'église. L'église, réduite à une simple chapelle nommée Sainte-Radegonde, est fermée, sauf le lundi de Pâques. Le peuple s'y rend en pèlerinage, ainsi qu'à la source d'eau éponyme situé à proximité.
Saint Radegonde (statue visible maintenant dans l'églsie de Bouffémont)Le 2 décembre 1789, les biens ecclésiastiques sont saisis comme biens nationaux. Le prieuré se compose alors, au rez-de-chaussée, d'une chambre à four et d'un cellier ; au premier étage, de deux chambres à cheminée avec greniers au-dessus. Les communs enferment : grange, écurie, étables à porcs et greniers encore. On accède à la chapelle par six marches de pierre et un perron, sur lequel s'ouvre une porte à deux battants.
L'intérieur, quatre chandeliers de cuivre sont posés aux quatre coins de l'autel, un tableau représentant la Sainte-Vierge avec Sainte-Radegonde et Sainte-Véronique, surplombe l'ensemble. Au dessus, de part et d'autre de l'axe central, deux vitraux, l'un dédié à Saint-Pierre, l'autre à Saint-Victor. Deux statues en plâtre, l'une consacrée à Sainte-Radegonde et l'autre à Saint-Victor, et deux coffres de chêne, disposés de chaque côté de l'autel, complètent l'ensemble de chœur. Un cabinet renferme la cage de l'escalier qui monte au clocher, couvert d'ardoises. La cloche, montée sur sa hune, pèse environ 140 livres.

Antoine Da Sylva Les abords du prieuré sont un délice pour la vue et l'odorat. Cette flore magnifique attire tous les dimanches chez la veuve Voyer un jeune botaniste Louis-Augustin Bosc. Le 14 février 1792, Bosc acquiert au nom de son ami, Bancal des Issard député de la Drôme, la "maison appelée le Prieuré de Notre Dame du Bois-Saint-Père, dite Sainte-Radegonde". Un an plus tard, le prieuré devient le refuge des proscrits Girondins. Roland, La Reveillière, Mazuyer, Pilastre partagent le menu de Bosc : racines et limaçons.
En 1828 quelques jours avant la mort de Bosc, le prieuré est vendu au prince de Condé par les héritiers de Bancal. En 1842, la chapelle s'écroule. Pendant la guerre de 1870, sous l'injonction du maire, les habitants du lieu se réfugient à Domont. En 1937, les derniers bâtiments du prieuré sont démolis. Il n'en reste plus rien aujourd'hui.

 

En bonus, voici la description du prieuré et de la chapelle, établie par le maire de Bouffémont en 1790

Croquis de la chapelle Sainte RadegondeLe prieuré
On y entre par une porte charretière dans une cour de ferme qui est d’un aspect misérable, entourée à droite d’un bâtiment, à gauche des communs. Au fond, une petite chapelle avec un petit clocher. Le tout clos d’un mur, également un jardin de sept arpents.
La chapelle
On y accède par un perron composé de six marches de pierres où s’ouvre une porte à deux battants. L’intérieur était éclairé par un œil de bœuf et sept croisées. Un cabinet dans un coin renfermant la cage d’escalier qui montait au clocher couvert d’ardoises. A l’autel, était représentée la sainte Vierge, première patronne avec la sainte Radegonde et la Véronique. Aux vitrages étaient peints saint Pierre avec les armes des Montmorency et saint Victor, martyr.
Le mobilier religieux de la chapelle : La contre-table, l’autel, une cloche pesant environ 140 livres, un tableau, quatre chandeliers de cuivre, deux coffres de chênes et deux saints en plâtre.
(extrait de Histoire de Montlignon / Madame Jean Delbée. - Société française d'impressions, 1914)

La fontaine de Sainte-Radegonde est un des lieux remarquables de la forêt de Montmorency. A proximité se situait le Prieuré du Bois Saint-Père qui accueillait les pèlerins venus pour invoquer la sainte avant de se purifier avec l'eau de la fontaine… André Monneau, notre historien local, relaie la présentation réalisée par Antoine Da Sylva, auteur de "Bosc, l'enfant des lumières".

 

Le prieuré du Bois Saint-Père

Mathieu 1er de Montmorency donne vers 1135 le prieuré du Bois-Saint-Père, sur le territoire de Bouffémont, à l'abbaye de Saint-Victor de Paris pour assurer quotidiennement le service divin, ainsi qu'un revenu de cent sous parisis à prendre sur les droits du Port Saint-Denis de l'Estrée. Neuf chanoines de Saint-Victor s'y installent ainsi Mathieu 1er peut s'y recueillir et prier.
Vers 1150, l'isolement des lieux et la peur des brigands font fuir les chanoines qui emportent calice et vêtements sacrés. Le fils de Mathieu 1er, Bouchard V, les prie de revenir pour assurer le service divin et la confession. Ce sera chose faite en 1185 lorsqu'il entreprend, à proximité du prieuré, la construction du château de la Chasse.

Plan Forêt de MontmorencyEn 1214, à la suite de son exploit à la bataille de Bouvines, Mathieu II de Montmorency fait don aux chanoines d'un bois situé devant le prieuré et leur impose de ne point essarter ni couper les arbres fruitiers (pommiers, poiriers, néfliers). Les religieux, privés de l'exploitation du bois, se consacrent à la vigne, culture traditionnelle de la région.
En 1348, la peste noire éclaircit sauvagement les rangs des chanoines, le cimetière d'Ermont, où ils sont enterrés, est agrandi de six perches. Dix ans plus tard, le prieuré subit les ravages de la grande jacquerie, puis les campagnes anglaises de la guerre de cent ans.

Le procès verbal d'arpentage du 26 mai 1523 précise que le prieuré du Bois-Saint-Père consiste en un corps de logis : étable, grange, jardin et dépendances, fosse à poissons, étang, moulin. A la fin du XVIème, en pleine guerre de religions, les chanoines quittent les lieux et n'y reviennent que pour faire des retraites. Ils s'installent dans le village de Saint-Prix où ils fondent le prieuré blanc, face à l'église. L'église, réduite à une simple chapelle nommée Sainte-Radegonde, est fermée, sauf le lundi de Pâques. Le peuple s'y rend en pèlerinage, ainsi qu'à la source d'eau éponyme situé à proximité.
Saint Radegonde (statue visible maintenant dans l'églsie de Bouffémont)Le 2 décembre 1789, les biens ecclésiastiques sont saisis comme biens nationaux. Le prieuré se compose alors, au rez-de-chaussée, d'une chambre à four et d'un cellier ; au premier étage, de deux chambres à cheminée avec greniers au-dessus. Les communs enferment : grange, écurie, étables à porcs et greniers encore. On accède à la chapelle par six marches de pierre et un perron, sur lequel s'ouvre une porte à deux battants.
L'intérieur, quatre chandeliers de cuivre sont posés aux quatre coins de l'autel, un tableau représentant la Sainte-Vierge avec Sainte-Radegonde et Sainte-Véronique, surplombe l'ensemble. Au dessus, de part et d'autre de l'axe central, deux vitraux, l'un dédié à Saint-Pierre, l'autre à Saint-Victor. Deux statues en plâtre, l'une consacrée à Sainte-Radegonde et l'autre à Saint-Victor, et deux coffres de chêne, disposés de chaque côté de l'autel, complètent l'ensemble de chœur. Un cabinet renferme la cage de l'escalier qui monte au clocher, couvert d'ardoises. La cloche, montée sur sa hune, pèse environ 140 livres.

Antoine Da Sylva Les abords du prieuré sont un délice pour la vue et l'odorat. Cette flore magnifique attire tous les dimanches chez la veuve Voyer un jeune botaniste Louis-Augustin Bosc. Le 14 février 1792, Bosc acquiert au nom de son ami, Bancal des Issard député de la Drôme, la "maison appelée le Prieuré de Notre Dame du Bois-Saint-Père, dite Sainte-Radegonde". Un an plus tard, le prieuré devient le refuge des proscrits Girondins. Roland, La Reveillière, Mazuyer, Pilastre partagent le menu de Bosc : racines et limaçons.
En 1828 quelques jours avant la mort de Bosc, le prieuré est vendu au prince de Condé par les héritiers de Bancal. En 1842, la chapelle s'écroule. Pendant la guerre de 1870, sous l'injonction du maire, les habitants du lieu se réfugient à Domont. En 1937, les derniers bâtiments du prieuré sont démolis. Il n'en reste plus rien aujourd'hui.
Antoine Da Sylva.

"Bosc, l'enfant des lumières" est édité par "'Le Chemin du philosophe"- 270 pages 30 €.

 

En bonus, voici la description du prieuré et de la chapelle, établie par le maire de Bouffémont en 1790

Croquis de la chapelle Sainte RadegondeLe prieuré
On y entre par une porte charretière dans une cour de ferme qui est d’un aspect misérable, entourée à droite d’un bâtiment, à gauche des communs. Au fond, une petite chapelle avec un petit clocher. Le tout clos d’un mur, également un jardin de sept arpents.
La chapelle
On y accède par un perron composé de six marches de pierres où s’ouvre une porte à deux battants. L’intérieur était éclairé par un œil de bœuf et sept croisées. Un cabinet dans un coin renfermant la cage d’escalier qui montait au clocher couvert d’ardoises. A l’autel, était représentée la sainte Vierge, première patronne avec la sainte Radegonde et la Véronique. Aux vitrages étaient peints saint Pierre avec les armes des Montmorency et saint Victor, martyr.
Le mobilier religieux de la chapelle : La contre-table, l’autel, une cloche pesant environ 140 livres, un tableau, quatre chandeliers de cuivre, deux coffres de chênes et deux saints en plâtre.
(extrait de Histoire de Montlignon / Madame Jean Delbée. - Société française d'impressions, 1914)

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