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Mercredi cinéma : "Monsieur Je-sais-tout" de Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie avec Arnaud Ducret, Max Baissette De Malglaive

Programme de la semaine des cinémas de la Vallée de Montmorency :
Enghien (ugc) - Enghien (centre des arts),  Franconville - Montmorency - Saint-Gratien et les séances à Ermont (mardi-mercredi) et Eaubonne (mercredi)
Autres cinémas proches : Epinay-sur-Seine - Saint-Ouen l'Aumône

 

Monsieur Je-sais-tout de Stéphan Archinard et François Prévôt-LeygonieSortie de la semaine (9 mai 2018) : "Monsieur Je-sais-tout" de Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie

L'histoire
Vincent Barteau, 35 ans, entraîneur de foot d'1,92 m, voit débouler dans son quotidien de célibataire invétéré, son neveu, Léo, 13 ans, 1,53 m autiste Asperger et joueur d'échecs émérite. Cette rencontre aussi singulière qu'explosive va bouleverser l'existence de Vincent et offrir à Léonard la chance de sa vie.
Un film de Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie avec Arnaud Ducret, Max Baissette De Malglaive, Alice David, Jean-François Cayrey, Caroline Silhol, Féodor Atkine, Christophe Bourseiller.

>> Bande annonce

 

Bonus : propos de Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie, réalisateurs du film

Monsieur Je-sais-tout de Stéphan Archinard et François Prévôt-LeygonieComment êtes-vous arrivés sur ce projet ?
Stéphan : Un peu par ce hasard qui fait parfois bien les choses. Un jour, notre agent nous donne à lire un roman qui s’intitule "La Surface de réparation". A cause de son titre, on s’attend à un livre sur le foot. Nous sommes circonspects. Nous aimons beaucoup ce sport, mais de là à lui consacrer un film... Surprise ! Non seulement le foot n’est que le « décor » du roman, mais ce dernier a tout pour nous plaire. Premièrement, il est bâti autour d’une thématique qui est, depuis toujours, au centre de tout ce qu’on fait au théâtre comme au cinéma : la filiation et la transmission. Deuxièmement, il fait le portrait d’un duo qu’on trouve irrésistible, parce qu’aussi mal assorti qu’inattendu : un enfant atteint du syndrome Asperger et un adulte comme on les aime, un peu fort en gueule, mais avec pleins d’arrière-plans psychologiques et sentimentaux. Et troisièmement, il aborde à travers le personnage de l’enfant, un sujet rarement évoqué sur les écrans français, celui de l’autisme Asperger. Pas besoin d’une relecture ! Cette histoire est de la graine de celles des comédies américaines des années 80 qu’on adore, de celle d’"Intouchables" aussi. On est emballé. Ne connaissant pas l’auteur du livre, Alain Gillot, on décide d’aller le voir sans perdre une seconde. Il se trouve qu’il habite La Rochelle, une ville que nous affectionnons beaucoup, au point d’y avoir tourné "Amitiés Sincères". Retourner sur les lieux d’un film qu’on avait pris beaucoup de plaisir à tourner... Pour nous, qui croyons aux petits clins d’œil du destin, c’était un signe supplémentaire que les planètes s’alignaient pour que ce projet débouche sur du concret !

Monsieur Je-sais-tout de Stéphan Archinard et François Prévôt-LeygonieComment se passe la première rencontre avec Alain Gillot ?
François :  On avait eu un coup de cœur pour son livre, on a un coup de foudre pour lui ! Un peu plus âgé que nous, Alain a le charme, la sagesse, la petite folie aussi de ceux qui ont beaucoup bourlingué. Il a un parcours dingue, complètement atypique. Il exerce mille métiers, de bûcheron à chauffeur routier, tout en cherchant un boulot dans lequel il pourra écrire. De fil en aiguille, il devient journaliste sportif puis grand reporter, fait le tour du monde et finit par mettre un pied dans le cinéma. Il devient « nègre » chez Luc Besson et travaille avec le documentariste Stéphane Peyron. Alain est un homme qui a une puissance de travail phénoménale, un humanisme viscéral et un grand sens de l’éthique. Entre nous, ça a tout de suite collé. On a d’ailleurs d’autres projets ensemble.
Il va devenir notre coscénariste attitré (rire).

A votre avis, qu’est-ce qui lui a inspiré cette "Surface de réparation" ?
François :  C’est son premier roman et, comme souvent dans ce cas-là, il a dû y mettre beaucoup de lui-même. Dans quelle mesure ce livre est autobiographique ?  C’est difficile à évaluer. Alain est plutôt du genre taiseux en ce qui le concerne. Ce que l’on sait, c’est qu’il est, comme Stéphan et moi, un grand fan du ballon rond. En plus, le foot amateur est un milieu qu’il connaît de l’intérieur pour l’avoir beaucoup fréquenté quand il était journaliste sportif. En ce qui concerne les personnages de Vincent et Léo, on pense, maintenant qu’on le connaît bien, qu’il leur a prêté, à l’un comme à l’autre, des traits de son caractère. Ils sont chacun un peu comme les deux moitiés d’une même orange !

Pourquoi n’avez-vous pas gardé le titre du livre pour votre film ?
Stéphan : On a planché pour dégoter quelque chose de plus universel et de plus « feel good ». C’est François qui a eu l’illumination ! "Monsieur Je-sais-tout", c’est d’abord une réplique que Vincent donne à Léo à un moment clé du film, juste avant qu’il ne décide de le mettre dans les buts. Dans ces quelques mots gentiment provocateurs, il y a le désarroi de l’adulte qui ne sait pas trop communiquer avec cet enfant et qui utilise une expression puérile - qu’il imagine appropriée - pour tenter de le faire réagir, et il y a aussi, sous-jacente, la marque du début de l’attachement que Vincent va avoir pour Léo. Au final, ce titre nous a semblé être en totale adéquation avec le film et la manière de traiter notre sujet : tenter de mettre de la légèreté et de la lumière au service de la profondeur.

Monsieur Je-sais-tout de Stéphan Archinard et François Prévôt-LeygonieJustement, le film raconte la naissance d’une amitié, pour ne pas dire d’amour presque filial, entre un adulte et un ado atteint du syndrome d’Asperger. Il avait tout pour sombrer dans le pathos. Or non seulement il n’est, à aucun moment, ni larmoyant, ni mélo, ni sinistre, mais il dégage, au contraire, une grande gaité et un bel optimisme. On rit parfois beaucoup....
Stéphan :  Pour une comédie, car c’en est une, cela vaut mieux ! (rires). Plus sérieusement... dès le départ, il a été hors de question qu’on mette les pleins feux sur le sujet de l’autisme Asperger. Parce que "Monsieur Je-sais-tout", pas plus que le livre dont il est tiré, n’est le portrait d’un enfant atteint de ce syndrome. C’est un film sur un tandem mal assorti dont le sujet central est « comment trouver sa place sur la terre », face à n’importe quelle situation de la vie, qu’on soit footballeur, intellectuel ou manuel. Ce sujet a été un point d’appui pour en aborder d’autres, comme la paternité, la transmission, l’amitié, la responsabilité, la peur de s’engager, la réconciliation, la différence...
François :  Dans la première version de notre scénario, par respect pour Alain, nous étions restés très proches de l’environnement de son roman. Il se passe dans l’Est de la France. Les ciels y sont plombés, les paysages boueux, les villes, grises et les familles impécunieuses. A lire c’est magnifique, mais à regarder moins. Alain en a convenu. Avec son accord, nous avons donc changé notre fusil d’épaule et transplanté ses personnages dans une région ensoleillée, où l’on respire et où les horizons sont dégagés. Nous avons finalement choisi La Rochelle puisque c’est là qu’il habitait et qu’en plus, comme nous vous l’avons dit plus haut, on connaissait parfaitement cette ville et ses environs, pour y avoir déjà tourné.

Dans votre film, Vincent est entraîneur de foot pour enfants...
François : Dans le livre aussi, Vincent est un ancien joueur de haut niveau qui, ayant été blessé, s’est reconverti dans l’entraînement des jeunes. C’est un personnage passionnant, notamment en raison de son rapport très complexe à ces enfants : il n’arrive pas à les considérer comme tels. Il les traite en adultes, comme des futurs professionnels. Seule différence entre le Vincent du livre et celui du film, le premier exerce son métier au bord d’une mer tempérée par le Gulf Stream, l’autre à Sedan, une ville où l’hiver, les terrains sont gelés et, de ce fait, les entraînements plus âpres.

Pourquoi avez-vous pensé à Arnaud Ducret pour l’interpréter ?
Stéphan : Nous cherchions un comédien costaud, athlétique, sympathique, tonitruant, à mi-chemin entre un Lino Ventura et un Gérard Lanvin. Un acteur capable d’être dans un va et vient de jeu à la fois intériorisé et très extériorisé, très physique, très empathique quand il joue le coach. C’est notre directeur de casting Martin Rougier qui nous a soufflé le nom d’Arnaud. Comme on le connaissait mal, on a fait comme d’habitude dans ces cas-là, on s’est « Arnauducrétisé », en regardant tout ce qu’Arnaud avait fait. Il nous a particulièrement estomaqués dans un film sur de Gaulle où il jouait un Jacques Chirac phénoménal ! On l’a alors rencontré et, comme avec Alain Gillot, on a eu un coup de cœur. Il a tout
Arnaud : la gentillesse, la disponibilité, le désir, l’humour, l’instinct, le sens de l’écoute et l’envie. C’est un gros bosseur. En plus, physiquement c’est une masse. Il emporte tout sur son passage. Pour le rôle, il était idéal.

Monsieur Je-sais-tout de Stéphan Archinard et François Prévôt-LeygonieEt votre Léonard, Max Baissette de Malglaive, comment l’avez-vous trouvé ?
François : Encore une fois grâce à Martin Rougier. Il avait fait pas mal de distributions de films avec des enfants. Il en a sélectionné une trentaine. Max a tout de suite crevé l’écran. Il avait pourtant une grippe carabinée quand il est venu passer les essais, mais il a tout explosé. Par acquis de conscience, on a organisé un deuxième tour avec deux autres candidats, mais il a remporté ce second essai haut la main !

Qu’est-ce qu’il avait de plus que les autres ?
François :  La maturité et la sagesse. Sur un plateau, Max est le plus sage de tous. Personnellement, je crois que c’est un génie de l’interprétation. On peut lui demander ce qu’on veut, il le fait. C’est un caméléon. Je crois que, malgré son gabarit d’allumette, il parviendrait à être crédible en tueur à gages ! Son regard est impressionnant. Quand ses yeux bruns en forme de billes vous prennent, il est difficile de leur échapper. En plus, c’est bête à dire, il est, comme Arnaud d’ailleurs, d’une courtoisie et d’une élégance extrêmes. Pour Stéphan et moi qui sommes un peu « old school », ce sont des qualités très importantes, primordiales même. Nous aimons que la cordialité règne sur le plateau.

A propos de plateau... Arnaud et Max vous ont-ils épatés ? Si oui, en quoi ?
Stéphan :  Arnaud nous a bouleversés par l’intensité de son sourire. Il a une luminosité incroyable et aussi une douceur et une subtilité de jeu insoupçonnable sous sa carrure d’athlète. C’est un hippopotame qui sait danser sur le fil des émotions avec la finesse et la grâce d’une ballerine. Dans la scène où il demande pardon à sa mère, il a mis tout le monde en larmes, les autres acteurs, l‘équipe technique et nous, compris. C’était la première fois qu’on voyait ça.
François : En ce qui concerne les compliments, Max n’est pas en reste. Ce garçon est un feu d’artifice de propositions. Il invente tout le temps. Sa précision est incroyable. Chaque prise est un émerveillement. Dans son personnage de Léo, Max est d’une justesse hallucinante. Avant de commencer le tournage, on lui avait fait rencontrer une jeune femme atteinte du syndrome d’Asperger. Il ne l’a pas quittée des yeux pendant les trois heures qu’a duré l’entretien. Comme s’il la vampirisait. Pourtant, quand il s’est mis à jouer, il ne l’a pas copiée. Il a inventé son propre Léo, mais avec une vérité et une intériorité qui nous ont fichus par terre. Max est un acteur. Un pur, un vrai acteur. On l’avait pressenti en le voyant dans "Versailles" de Pierre Schoeller. Il n’a alors que six ans, mais face à Guillaume Depardieu qui est pourtant exceptionnel, il est fabuleux !

Le « duo » Arnaud - Max a-t-il été compliqué à tourner ?
Stéphan : Sur le plan technique, assez oui ! Faire entrer dans un même plan, et côte à côte, un géant d’1m92 et un gamin d’1m53 relève du tour de passe-passe ! (rires). Mais nous, nous voulions insister sur cette différence de taille et de gabarit, parce qu’on savait qu’elle aurait beaucoup d’impact sur la force émotionnelle du film. Sur sa drôlerie aussi. Nous avons donc demandé à notre chef op de jouer les magiciens. Dans le film, on a le sentiment que Max marche constamment derrière Arnaud, presque collé à lui, comme un poisson pilote sur un requin. On a dû beaucoup « découper » pour donner cette impression-là. Dans les scènes où Max est seul, on l’a souvent filmé en gros plan, pour capter l’intensité de son regard, un regard qu’à cause de son handicap, il ne donne à personne.

Pourquoi avoir offert à Alice David le rôle du médecin ?
François : Notre film est un genre de « buddy movie », dans lequel le personnage du médecin est, en quelque sorte, l’observateur du couple vedette. Nous devions donc trouver une comédienne qui ait suffisamment d’humilité pour accepter ce principe de jouer à côté d’un duo. Nous la voulions encore peu médiatisée, mais très solaire, ce qui n’est pas antinomique ! (rires). Quand Alice David nous a été présentée, nous avons tout suite su qu’elle était « notre » médecin. Elle est simple, intelligente, à la fois à l’écoute et très investie. Elle est entrée immédiatement dans notre « famille ». C’est rigolo, parce qu’au départ, nous désirions une comédienne blonde, qui fasse l’effet d’une brise marine dans le cou d’Arnaud et de Max. Alice est naturellement brune. Il se trouve que le jour où on l’a rencontrée, elle était devenue blonde pour les besoins d’un film à venir. Encore un heureux hasard !

Comment travaillez-vous, tous les deux ?
Stéphan : On se parle beaucoup, tous les jours, sur le choix des textes, les personnages vers lesquels on a envie d’aller, les acteurs avec lesquels on a envie de travailler. Jusqu’à notre rencontre avec Alain, une fois fixée la trame de notre histoire, on écrivait toujours à deux, quotidiennement, pendant de longues séances de travail. Maintenant c’est à trois. Du « ping-pong à trois bandes » ! On écrit toujours autant, même des trucs dont on sait qu’on ne les gardera pas dans le scénario. En rentrant chacun chez soi, on écrit encore, on s’échange des longues lettres par mail dans lesquelles on s’interroge sur le sentiment des scènes. On bâtit notre petit édifice. Et, quand on a une belle matière, alors, on trie et on coupe, pour aller à l’essentiel.  On s’engueule rarement parce qu’on aime les mêmes choses.

Comment aimeriez-vous qu’on reçoive "Monsieur Je-sais-tout" ? Comme un "Rain Man" à la française ?
Stéphan : Ce serait formidable. Mais sans aller jusqu’à le comparer à ce chef d’œuvre américain, on espère que notre "Monsieur Je-sais-tout" procurera aux spectateurs des émotions similaires à celles que dégage le film de Barry Levinson.
François : L’enfant, autiste, d’un technicien est venu voir le film. Il a simplement dit : « il est bien, ce film ». Il l’a dit avec un grand sourire. C’était le plus beau compliment qu’on puisse entendre. Maintenant, on souhaite à notre "Monsieur Je-sais-tout" un beau voyage à travers de nombreux publics. Que sa douceur, sa drôlerie et son énergie soient porteuses d’espoir pour tous les enfants atteints du syndrome d’Asperger, pour tous leurs proches aussi et leurs moins proches. Si ce film pouvait un peu aider ces enfants atteints de ce handicap, on aura gagné !

Quels sont vos projets ?
Stéphan :  Ils sont essentiellement "cinéma". On planche actuellement sur une comédie romanesque, tirée du roman d’Antoine Laurain, "La Femme au carnet rouge". Il est aussi fortement question qu’on adapte, "Les Inséparables", notre pièce qui se joue en ce moment au théâtre Hébertot. Et puis bien sûr, on reste à l’affût de tous les romans d’Alain Gillot. C’est un conteur extraordinaire.
(extrait dossier de presse)

Programme de la semaine des cinémas de la Vallée de Montmorency :
Enghien (ugc) - Enghien (centre des arts),  Franconville - Montmorency - Saint-Gratien et les séances à Ermont (mardi-mercredi) et Eaubonne (mercredi)
Autres cinémas proches : Epinay-sur-Seine - Saint-Ouen l'Aumône

 

Monsieur Je-sais-tout de Stéphan Archinard et François Prévôt-LeygonieSortie de la semaine (9 mai 2018) : "Monsieur Je-sais-tout" de Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie

L'histoire
Vincent Barteau, 35 ans, entraîneur de foot d'1,92 m, voit débouler dans son quotidien de célibataire invétéré, son neveu, Léo, 13 ans, 1,53 m autiste Asperger et joueur d'échecs émérite. Cette rencontre aussi singulière qu'explosive va bouleverser l'existence de Vincent et offrir à Léonard la chance de sa vie.
Un film de Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie avec Arnaud Ducret, Max Baissette De Malglaive, Alice David, Jean-François Cayrey, Caroline Silhol, Féodor Atkine, Christophe Bourseiller.

>> Bande annonce

 

Bonus : propos de Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie, réalisateurs du film

Monsieur Je-sais-tout de Stéphan Archinard et François Prévôt-LeygonieComment êtes-vous arrivés sur ce projet ?
Stéphan : Un peu par ce hasard qui fait parfois bien les choses. Un jour, notre agent nous donne à lire un roman qui s’intitule "La Surface de réparation". A cause de son titre, on s’attend à un livre sur le foot. Nous sommes circonspects. Nous aimons beaucoup ce sport, mais de là à lui consacrer un film... Surprise ! Non seulement le foot n’est que le « décor » du roman, mais ce dernier a tout pour nous plaire. Premièrement, il est bâti autour d’une thématique qui est, depuis toujours, au centre de tout ce qu’on fait au théâtre comme au cinéma : la filiation et la transmission. Deuxièmement, il fait le portrait d’un duo qu’on trouve irrésistible, parce qu’aussi mal assorti qu’inattendu : un enfant atteint du syndrome Asperger et un adulte comme on les aime, un peu fort en gueule, mais avec pleins d’arrière-plans psychologiques et sentimentaux. Et troisièmement, il aborde à travers le personnage de l’enfant, un sujet rarement évoqué sur les écrans français, celui de l’autisme Asperger. Pas besoin d’une relecture ! Cette histoire est de la graine de celles des comédies américaines des années 80 qu’on adore, de celle d’"Intouchables" aussi. On est emballé. Ne connaissant pas l’auteur du livre, Alain Gillot, on décide d’aller le voir sans perdre une seconde. Il se trouve qu’il habite La Rochelle, une ville que nous affectionnons beaucoup, au point d’y avoir tourné "Amitiés Sincères". Retourner sur les lieux d’un film qu’on avait pris beaucoup de plaisir à tourner... Pour nous, qui croyons aux petits clins d’œil du destin, c’était un signe supplémentaire que les planètes s’alignaient pour que ce projet débouche sur du concret !

Monsieur Je-sais-tout de Stéphan Archinard et François Prévôt-LeygonieComment se passe la première rencontre avec Alain Gillot ?
François :  On avait eu un coup de cœur pour son livre, on a un coup de foudre pour lui ! Un peu plus âgé que nous, Alain a le charme, la sagesse, la petite folie aussi de ceux qui ont beaucoup bourlingué. Il a un parcours dingue, complètement atypique. Il exerce mille métiers, de bûcheron à chauffeur routier, tout en cherchant un boulot dans lequel il pourra écrire. De fil en aiguille, il devient journaliste sportif puis grand reporter, fait le tour du monde et finit par mettre un pied dans le cinéma. Il devient « nègre » chez Luc Besson et travaille avec le documentariste Stéphane Peyron. Alain est un homme qui a une puissance de travail phénoménale, un humanisme viscéral et un grand sens de l’éthique. Entre nous, ça a tout de suite collé. On a d’ailleurs d’autres projets ensemble.
Il va devenir notre coscénariste attitré (rire).

A votre avis, qu’est-ce qui lui a inspiré cette "Surface de réparation" ?
François :  C’est son premier roman et, comme souvent dans ce cas-là, il a dû y mettre beaucoup de lui-même. Dans quelle mesure ce livre est autobiographique ?  C’est difficile à évaluer. Alain est plutôt du genre taiseux en ce qui le concerne. Ce que l’on sait, c’est qu’il est, comme Stéphan et moi, un grand fan du ballon rond. En plus, le foot amateur est un milieu qu’il connaît de l’intérieur pour l’avoir beaucoup fréquenté quand il était journaliste sportif. En ce qui concerne les personnages de Vincent et Léo, on pense, maintenant qu’on le connaît bien, qu’il leur a prêté, à l’un comme à l’autre, des traits de son caractère. Ils sont chacun un peu comme les deux moitiés d’une même orange !

Pourquoi n’avez-vous pas gardé le titre du livre pour votre film ?
Stéphan : On a planché pour dégoter quelque chose de plus universel et de plus « feel good ». C’est François qui a eu l’illumination ! "Monsieur Je-sais-tout", c’est d’abord une réplique que Vincent donne à Léo à un moment clé du film, juste avant qu’il ne décide de le mettre dans les buts. Dans ces quelques mots gentiment provocateurs, il y a le désarroi de l’adulte qui ne sait pas trop communiquer avec cet enfant et qui utilise une expression puérile - qu’il imagine appropriée - pour tenter de le faire réagir, et il y a aussi, sous-jacente, la marque du début de l’attachement que Vincent va avoir pour Léo. Au final, ce titre nous a semblé être en totale adéquation avec le film et la manière de traiter notre sujet : tenter de mettre de la légèreté et de la lumière au service de la profondeur.

Monsieur Je-sais-tout de Stéphan Archinard et François Prévôt-LeygonieJustement, le film raconte la naissance d’une amitié, pour ne pas dire d’amour presque filial, entre un adulte et un ado atteint du syndrome d’Asperger. Il avait tout pour sombrer dans le pathos. Or non seulement il n’est, à aucun moment, ni larmoyant, ni mélo, ni sinistre, mais il dégage, au contraire, une grande gaité et un bel optimisme. On rit parfois beaucoup....
Stéphan :  Pour une comédie, car c’en est une, cela vaut mieux ! (rires). Plus sérieusement... dès le départ, il a été hors de question qu’on mette les pleins feux sur le sujet de l’autisme Asperger. Parce que "Monsieur Je-sais-tout", pas plus que le livre dont il est tiré, n’est le portrait d’un enfant atteint de ce syndrome. C’est un film sur un tandem mal assorti dont le sujet central est « comment trouver sa place sur la terre », face à n’importe quelle situation de la vie, qu’on soit footballeur, intellectuel ou manuel. Ce sujet a été un point d’appui pour en aborder d’autres, comme la paternité, la transmission, l’amitié, la responsabilité, la peur de s’engager, la réconciliation, la différence...
François :  Dans la première version de notre scénario, par respect pour Alain, nous étions restés très proches de l’environnement de son roman. Il se passe dans l’Est de la France. Les ciels y sont plombés, les paysages boueux, les villes, grises et les familles impécunieuses. A lire c’est magnifique, mais à regarder moins. Alain en a convenu. Avec son accord, nous avons donc changé notre fusil d’épaule et transplanté ses personnages dans une région ensoleillée, où l’on respire et où les horizons sont dégagés. Nous avons finalement choisi La Rochelle puisque c’est là qu’il habitait et qu’en plus, comme nous vous l’avons dit plus haut, on connaissait parfaitement cette ville et ses environs, pour y avoir déjà tourné.

Dans votre film, Vincent est entraîneur de foot pour enfants...
François : Dans le livre aussi, Vincent est un ancien joueur de haut niveau qui, ayant été blessé, s’est reconverti dans l’entraînement des jeunes. C’est un personnage passionnant, notamment en raison de son rapport très complexe à ces enfants : il n’arrive pas à les considérer comme tels. Il les traite en adultes, comme des futurs professionnels. Seule différence entre le Vincent du livre et celui du film, le premier exerce son métier au bord d’une mer tempérée par le Gulf Stream, l’autre à Sedan, une ville où l’hiver, les terrains sont gelés et, de ce fait, les entraînements plus âpres.

Pourquoi avez-vous pensé à Arnaud Ducret pour l’interpréter ?
Stéphan : Nous cherchions un comédien costaud, athlétique, sympathique, tonitruant, à mi-chemin entre un Lino Ventura et un Gérard Lanvin. Un acteur capable d’être dans un va et vient de jeu à la fois intériorisé et très extériorisé, très physique, très empathique quand il joue le coach. C’est notre directeur de casting Martin Rougier qui nous a soufflé le nom d’Arnaud. Comme on le connaissait mal, on a fait comme d’habitude dans ces cas-là, on s’est « Arnauducrétisé », en regardant tout ce qu’Arnaud avait fait. Il nous a particulièrement estomaqués dans un film sur de Gaulle où il jouait un Jacques Chirac phénoménal ! On l’a alors rencontré et, comme avec Alain Gillot, on a eu un coup de cœur. Il a tout
Arnaud : la gentillesse, la disponibilité, le désir, l’humour, l’instinct, le sens de l’écoute et l’envie. C’est un gros bosseur. En plus, physiquement c’est une masse. Il emporte tout sur son passage. Pour le rôle, il était idéal.

Monsieur Je-sais-tout de Stéphan Archinard et François Prévôt-LeygonieEt votre Léonard, Max Baissette de Malglaive, comment l’avez-vous trouvé ?
François : Encore une fois grâce à Martin Rougier. Il avait fait pas mal de distributions de films avec des enfants. Il en a sélectionné une trentaine. Max a tout de suite crevé l’écran. Il avait pourtant une grippe carabinée quand il est venu passer les essais, mais il a tout explosé. Par acquis de conscience, on a organisé un deuxième tour avec deux autres candidats, mais il a remporté ce second essai haut la main !

Qu’est-ce qu’il avait de plus que les autres ?
François :  La maturité et la sagesse. Sur un plateau, Max est le plus sage de tous. Personnellement, je crois que c’est un génie de l’interprétation. On peut lui demander ce qu’on veut, il le fait. C’est un caméléon. Je crois que, malgré son gabarit d’allumette, il parviendrait à être crédible en tueur à gages ! Son regard est impressionnant. Quand ses yeux bruns en forme de billes vous prennent, il est difficile de leur échapper. En plus, c’est bête à dire, il est, comme Arnaud d’ailleurs, d’une courtoisie et d’une élégance extrêmes. Pour Stéphan et moi qui sommes un peu « old school », ce sont des qualités très importantes, primordiales même. Nous aimons que la cordialité règne sur le plateau.

A propos de plateau... Arnaud et Max vous ont-ils épatés ? Si oui, en quoi ?
Stéphan :  Arnaud nous a bouleversés par l’intensité de son sourire. Il a une luminosité incroyable et aussi une douceur et une subtilité de jeu insoupçonnable sous sa carrure d’athlète. C’est un hippopotame qui sait danser sur le fil des émotions avec la finesse et la grâce d’une ballerine. Dans la scène où il demande pardon à sa mère, il a mis tout le monde en larmes, les autres acteurs, l‘équipe technique et nous, compris. C’était la première fois qu’on voyait ça.
François : En ce qui concerne les compliments, Max n’est pas en reste. Ce garçon est un feu d’artifice de propositions. Il invente tout le temps. Sa précision est incroyable. Chaque prise est un émerveillement. Dans son personnage de Léo, Max est d’une justesse hallucinante. Avant de commencer le tournage, on lui avait fait rencontrer une jeune femme atteinte du syndrome d’Asperger. Il ne l’a pas quittée des yeux pendant les trois heures qu’a duré l’entretien. Comme s’il la vampirisait. Pourtant, quand il s’est mis à jouer, il ne l’a pas copiée. Il a inventé son propre Léo, mais avec une vérité et une intériorité qui nous ont fichus par terre. Max est un acteur. Un pur, un vrai acteur. On l’avait pressenti en le voyant dans "Versailles" de Pierre Schoeller. Il n’a alors que six ans, mais face à Guillaume Depardieu qui est pourtant exceptionnel, il est fabuleux !

Le « duo » Arnaud - Max a-t-il été compliqué à tourner ?
Stéphan : Sur le plan technique, assez oui ! Faire entrer dans un même plan, et côte à côte, un géant d’1m92 et un gamin d’1m53 relève du tour de passe-passe ! (rires). Mais nous, nous voulions insister sur cette différence de taille et de gabarit, parce qu’on savait qu’elle aurait beaucoup d’impact sur la force émotionnelle du film. Sur sa drôlerie aussi. Nous avons donc demandé à notre chef op de jouer les magiciens. Dans le film, on a le sentiment que Max marche constamment derrière Arnaud, presque collé à lui, comme un poisson pilote sur un requin. On a dû beaucoup « découper » pour donner cette impression-là. Dans les scènes où Max est seul, on l’a souvent filmé en gros plan, pour capter l’intensité de son regard, un regard qu’à cause de son handicap, il ne donne à personne.

Pourquoi avoir offert à Alice David le rôle du médecin ?
François : Notre film est un genre de « buddy movie », dans lequel le personnage du médecin est, en quelque sorte, l’observateur du couple vedette. Nous devions donc trouver une comédienne qui ait suffisamment d’humilité pour accepter ce principe de jouer à côté d’un duo. Nous la voulions encore peu médiatisée, mais très solaire, ce qui n’est pas antinomique ! (rires). Quand Alice David nous a été présentée, nous avons tout suite su qu’elle était « notre » médecin. Elle est simple, intelligente, à la fois à l’écoute et très investie. Elle est entrée immédiatement dans notre « famille ». C’est rigolo, parce qu’au départ, nous désirions une comédienne blonde, qui fasse l’effet d’une brise marine dans le cou d’Arnaud et de Max. Alice est naturellement brune. Il se trouve que le jour où on l’a rencontrée, elle était devenue blonde pour les besoins d’un film à venir. Encore un heureux hasard !

Comment travaillez-vous, tous les deux ?
Stéphan : On se parle beaucoup, tous les jours, sur le choix des textes, les personnages vers lesquels on a envie d’aller, les acteurs avec lesquels on a envie de travailler. Jusqu’à notre rencontre avec Alain, une fois fixée la trame de notre histoire, on écrivait toujours à deux, quotidiennement, pendant de longues séances de travail. Maintenant c’est à trois. Du « ping-pong à trois bandes » ! On écrit toujours autant, même des trucs dont on sait qu’on ne les gardera pas dans le scénario. En rentrant chacun chez soi, on écrit encore, on s’échange des longues lettres par mail dans lesquelles on s’interroge sur le sentiment des scènes. On bâtit notre petit édifice. Et, quand on a une belle matière, alors, on trie et on coupe, pour aller à l’essentiel.  On s’engueule rarement parce qu’on aime les mêmes choses.

Comment aimeriez-vous qu’on reçoive "Monsieur Je-sais-tout" ? Comme un "Rain Man" à la française ?
Stéphan : Ce serait formidable. Mais sans aller jusqu’à le comparer à ce chef d’œuvre américain, on espère que notre "Monsieur Je-sais-tout" procurera aux spectateurs des émotions similaires à celles que dégage le film de Barry Levinson.
François : L’enfant, autiste, d’un technicien est venu voir le film. Il a simplement dit : « il est bien, ce film ». Il l’a dit avec un grand sourire. C’était le plus beau compliment qu’on puisse entendre. Maintenant, on souhaite à notre "Monsieur Je-sais-tout" un beau voyage à travers de nombreux publics. Que sa douceur, sa drôlerie et son énergie soient porteuses d’espoir pour tous les enfants atteints du syndrome d’Asperger, pour tous leurs proches aussi et leurs moins proches. Si ce film pouvait un peu aider ces enfants atteints de ce handicap, on aura gagné !

Quels sont vos projets ?
Stéphan :  Ils sont essentiellement "cinéma". On planche actuellement sur une comédie romanesque, tirée du roman d’Antoine Laurain, "La Femme au carnet rouge". Il est aussi fortement question qu’on adapte, "Les Inséparables", notre pièce qui se joue en ce moment au théâtre Hébertot. Et puis bien sûr, on reste à l’affût de tous les romans d’Alain Gillot. C’est un conteur extraordinaire.
(extrait dossier de presse)

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