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Mercredi cinéma : "Les enfants de la chance" de Malik Chibane avec Philippe Torreton.

Publié le : 30-11-2016

Programme de la semaine des cinémas de la Vallée de Montmorency :
Enghien (ugc) - Enghien (centre des arts),  Franconville - Montmorency - Taverny et les séances à Ermont (mardi-mercredi) et à Eaubonne (mercredi) 
Autres cinémas proches : Epinay-sur-Seine - Saint-Ouen l'Aumône.
Le cinéma "Les Toiles" de Saint-Gratien est en travux de rénovation

 

LES ENFANTS DE LA CHANCE de Malik ChibaneSortie de la semaine : "Les enfants de la chance" de Malik Chibane

L'histoire
Juillet 1942. Emmené à l’hôpital de Garches pour une jambe cassée, Maurice Gutman, 12 ans, évite de justesse la rafle qui va emporter sa famille. A l’hôpital, le docteur Daviel lui diagnostique une tuberculose et lui impose un long traitement. Et si cela n’était qu’une ruse pour éviter à Maurice d’être déporté ?
Maurice et huit autres jeunes pensionnaires vont vivre, avec le personnel hospitalier, une expérience inoubliable, faite de preuves d’amitié, de solidarité et de courage extraordinaire. Ce sont les enfants de la chance et leur histoire est vraie.
Un film de Malik Chibane avec Philippe Torreton, Pauline Cheviller, Mathias Mlekuz, Antoine Gouy.

>> Bande annonce

 

Bonus : propos de Malik Chibane, réalisateur du film.

Comment êtes-vous arrivé sur le projet de ce film ?
Le producteur Manuel Munz est venu à ma rencontre pour me parler de ce projet. Il avait vu mes films, dont "Le choix de Myriam", réalisé en deux parties pour France 3, qui évoque les péripéties d’une famille algérienne, de 1961 à 1979. A la demande de Manuel, je suis allé rencontrer Maurice Grosman, aujourd’hui âgé de quatre-vLES ENFANTS DE LA CHANCE de Malik Chibaneingt-six ans, pour savoir si son histoire pouvait faire l’objet d’un long métrage. Maurice était un enfant juif, né de parents immigrés polonais dans la France occupée. Il échappa plusieurs fois à la déportation grâce à d’incroyables concours de circonstances. La vie de Maurice avait déjà fait l’objet d’un livre-témoignage ("N'habite plus à l'adresse indiquée" écrit en 2009 par François Taillandier, Editions de l’Archipel), et aussi d’un autre ouvrage, rédigé par lui-même, dédié à sa famille. Si ces deux écrits ont constitué une première base de documentation, j’ai très vite eu un sentiment de « déjà vu ». Nous sommes donc repartis de zéro et j’ai cherché un moyen d’insérer mon point de vue dans cette histoire vraie. Cette quête m’a pris un certain temps.

Pour bien raconter une histoire, il faut se sentir concerné. Or celle de Maurice Grosman semble, à priori, très loin de la vôtre ?
On en revient au point de vue. D’abord, je peux comprendre que ceux qui vivent la société française comme une juxtaposition de communautés hermétiques aux autres, ne comprennent pas mon investissement sur ce projet. Mais moi je suis né en France depuis un demi-siècle, donc toutes les pages de sa mémoire collective me concernent, même les plus sombres !
Je veux aussi dire que Maurice Grosman et moi, avons des points communs fondamentaux : nous sommes tous deux parisiens, enfants d’immigrés et circoncis. Nous sommes aussi tous deux depuis longtemps supporters de l’équipe de France de foot : Kopa, Platini, Zidane ont compté pour nous !

LES ENFANTS DE LA CHANCE de Malik ChibaneEn quoi l’histoire de Maurice Grosman vous a-t-elle tant touchée ?
Cette histoire a une force très émouvante. C’est le témoignage d’un homme vivant encore aujourd’hui, alors qu’il ne devrait pas l’être. En y réfléchissant, ce sont ces coups du hasard successifs, permettant à Maurice d’échapper à une destinée tragique qui m’ont interpellé. Une fracture pour éviter la rafle, cette fracture pour découvrir sa tuberculose osseuse, un faux plâtre pour le protéger d’une nouvelle rafle, une pénicilline frelatée pour soigner sa tuberculose, mais que, par miracle, on ne lui donne pas !
On parle de chance, de bonne étoile, d’ange gardien, on l’exprime avec ces mots car on est parfois sidéré de ces événements fortuits qui peuvent changer un destin. Je suis très sensible à cette notion de destinée, j’ai naturellement été touché par les confidences de Maurice.

Comment avez-vous procédé pour élaborer le scénario ?
On a organisé des séances de travail pour reconstituer et analyser son histoire de 1942 à 1944. Mais assez vite, je me suis rendu compte que le plus intéressant, pour l’écriture du scénario était ce que Maurice me racontait après ces séances. En « off », en quelque sorte. C’était souvent des anecdotes, qui ne semblaient pas être d’une importance capitale pour lui, mais pour le raconteur d’histoires que je suis, étaient d’une valeur inestimable ! On a donc changé notre fusil d’épaule, et on a abordé des thèmes prédéterminés. Comme le rapport aux langues, qui est une problématique spécifique aux enfants d’immigrés. Maurice avait été élevé dans deux langues, sa langue maternelle, « intérieure » en l’occurrence le yiddish; et le français, sa langue « extérieure », (celle du pays où il vivait). A douze ans, quand son histoire d’« enfant de la chance » commence, il rêve en yiddish, mais communique en français. Au fur et à mesure des chocs émotionnels qu’il subit c’est sa langue maternelle, qu’inconsciemment il finit par oublier Pour devenir comme « tout le monde », et cesser ce va-et-vient épuisant entre deux cultures et deux modes de pensée. Notre cinéma a rarement eu LES ENFANTS DE LA CHANCE de Malik Chibanel’occasion d’aborder cette problématique. Et pourtant elle est capitale. Ce choc des langues fait écho à l’enfant que j’ai été. Gamin, j’ai eu des copains qui, à la suite d’un violent traumatisme, un déménagement par exemple, ont perdu en huit jours leur langue maternelle. En faisant un film sur Maurice enfant juif d’immigrés, il m’était impossible de ne pas aborder ce problème de bilinguisme, qui m’est aussi familier… Sinon, mon film serait passé à côté d’une dimension essentielle.

Dans le film, vous accordez aussi beaucoup d’importance à la maladie dont souffre Maurice : la tuberculose osseuse.
Comme tous les adultes de ma génération, j’ai encore la trace sur mon épaule gauche, de mon vaccin BCG, qui a permis d’éradiquer la tuberculose, cette maladie dont Maurice Grosman souffrait dans sa forme « osseuse », à l’instar d’ailleurs d’autres enfants qui, à l’hôpital, étaient dans le même service que lui. A l’époque, la seule façon d’éliminer cette terrible affection était l’amputation. J’ai voulu raconter comment, avec plusieurs médicaments mis au point dans différents pays, dont les Etats-Unis et l’Allemagne, on en est venu à bout.
Plusieurs séquences abordent l’histoire de la lutte contre cette maladie : celle où le docteur Daviel explique à Maurice sa pathologie, celle de la livraison du médicament allemand mis au point pour la soigner, le Protonsil, et celle où le docteur, après analyse de leurs radios, annonce leur guérison à certains enfants.
Cette histoire est d’autant plus passionnante à relater qu’elle est aussi pleine de paradoxes. Car certains lots du médicament mis au point et apporté par les Américains (la Pénicilline), s’avérèrent frelatés, ce qui, hélas, fit mourir plusieurs enfants, dont le copain le plus proche de Maurice. En revanche, le Prontosil allemand, dont, on voit, dans le film, une distribution faite par des officiers SS, en sauva d’autres. Des « ennemis » qui sauvent des vies et des « alliés » qui, malgré eux, en suppriment… Cela prouve une fois encore que le monde n’est ni tout-à-fait noir ni totalement blanc, et qu’il faut se méfier des schémas manichéens et du politiquement correct.

LES ENFANTS DE LA CHANCE de Malik ChibaneTout est vrai dans le film ? Vous n’avez rien inventé ?
Mis à part les scènes entre les enfants du dortoir de Maurice, la majorité des « fondamentaux » du récit sont authentiques, y compris, bien sûr, celui sur la pénicilline frelatée. Cela dit, j’ai pris quelques libertés pour les raconter. Par exemple : le jour de la rafle du Vél d’Hiv, Maurice était à l’hôpital. En écoutant des infirmières, il a compris que des juifs étaient embarqués, et il a pensé à ses parents. Pour des raisons dramaturgiques, j’ai imaginé que ce jour-là, une ambulance le ramène chez lui, mais, devant sa porte, voyant des policiers arrêter ses parents, les ambulanciers ne vont pas s’arrêter et vont rouler jusqu’à Garches, permettant à Maurice d’échapper, une première fois, au pire. D’un côté, il y a la réalité, où un enfant « imagine » le pire et de l’autre, la fiction, où il le « visualise ». Mais sur le plan émotionnel, c’est pareil pour le petit garçon cloué au lit dans un espace clos.
Le seul personnage que j’ai vraiment imaginé, c’est celui de monsieur Clément, l’homme de ménage. Avec le comédien François Patissier, nous nous sommes amusés à penser qu’il avait sans doute fait 14/18, qu’il était sourd, un peu alcoolo, certainement vieux garçon, et qu’il était devenu le souffre-douleur des enfants. Qui, dans le film, ne vont pas en rater une avec lui ! Monsieur Clément apporte une touche burlesque. Dans une œuvre qui traite de la barbarie, des séquences de fantaisie sont indispensables. Il faut du « rose » pour faire ressentir le « noir » !

Et le personnage de l’instituteur qui vient donner chaque semaine des cours aux enfants ?
De même que j’ai eu un instituteur à l’ancienne, du type IIIème République (Et ce qualificatif est pour moi un compliment !), cet enseignant a réellement existé. Maurice Grosman se souvient de ce jeune homme formidable qui était bénévole et probablement résistant puisqu’ il a disparu lors de la libération de Paris en août 44. En plus de dispenser ses cours « classiques », il prenait le temps d’informer les enfants de ce qui se passait en France et en Europe. De cet instituteur, que le comédien Antoine Gouy (lui même issu d’une famille d’enseignants) a beaucoup enrichi, j’ai fait un des personnages clé de mon film, car, par son intermédiaire, j’ai pu y faire entrer la « grande Histoire ». Celle qui sans arrêt, de la rafle du Vél d’Hiv à l’arrivée des Américains, en passant par l’envahissement de la zone libre par les Allemands, a eu un impact direct sur la vie de Maurice.
Les films qui oscillent entre grande et petite Histoire sont un genre cinématographique à part entière que j’apprécie beaucoup en tant que spectateur et/ou réalisateur.

LES ENFANTS DE LA CHANCE de Malik ChibanePourquoi avoir choisi Philippe Torreton pour incarner le médecin ?
Tout d’abord j’apprécie énormément les comédiens de théâtre. Ayant travaillé avec Anémone, Fellag, Jackie Berroyer, Frédéric Diefenthal… Je reste admiratif devant leur capacité à incarner, à porter haut le verbe, en toute vraisemblance. Par exemple lorsqu’on a tourné la séquence de la deuxième rafle dans le dortoir en plan séquence, nous avions 7 pages de texte et des déplacements millimétrés Il n’y eut aucun problème grâce au vécu et l’expérience théâtrale de tous les interprètes. J’ai pu leur faire confiance car ils aiment les textes et servent des grands auteurs. Quand j’ai rencontré Philippe Torreton, j’ai immédiatement su qu’il allait être « mon » médecin. Il a une présence d’une densité exceptionnelle. En plus, fait rarissime, il n’était pas focalisé sur son propre « personnage ». Lors de notre première rencontre il m’a constamment parlé… des rôles des enfants qu’il trouvait formidables. Il est entré immédiatement au service de l’histoire.

Quelle a été l’ambiance du tournage ?
Idyllique, sincèrement idyllique ! C’est mon huitième film et c’est l’un de mes meilleurs souvenirs. Avec les enfants, tout est simple ; on va à l’essentiel. On leur fait une proposition, et elle se matérialise sous vos yeux dans l’instant. S’ils ne sentent pas les choses, ils vous le disent. On en discute et on s’adapte. Je craignais un « coup de mou » vu que nous avons tourné en sept semaines, mais à l’arrivée, ce furent les adultes, qui étaient épuisés, eux jamais !

LES ENFANTS DE LA CHANCE de Malik ChibaneQu’éprouvez-vous aujourd’hui en regardant votre film ?
Le sentiment d’un travail accompli, qui aura représenté trois ans de ma vie ! Je suis content de voir que les enfants et les petits enfants de Maurice Grosman sont émus par mon film et retrouvent l’histoire de leur père et grand-père. J’espère que ce film pourra émouvoir, faire rire et réfléchir d’autres familles. Oui, faire réfléchir sur notre identité commune, et sur l’intégration qui, depuis la Révolution française et l’instauration du droit du sol, fait encore partie de notre actualité politique.
Grâce à ce film, j’espère avoir cerné et mis en scène les aspects funestes de la culture du bouc émissaire (d’hier et d’aujourd’hui).
Le citoyen que je suis est convaincu que la commémoration de la Shoah représente un bouclier qui protège du pire tous les enfants, les petits-enfants, les arrière-petits-enfants de toutes les immigrations. C’est pour cela qu’il ne faut jamais cesser d’en parler.
(extrait dossier de presse)

Programme de la semaine des cinémas de la Vallée de Montmorency

Sortie de la semaine : "Les enfants de la chance" de Malik Chibane

L'histoire
Juillet 1942. Emmené à l’hôpital de Garches pour une jambe cassée, Maurice Gutman, 12 ans, évite de justesse la rafle qui va emporter sa famille. A l’hôpital, le docteur Daviel lui diagnostique une tuberculose et lui impose un long traitement. Et si cela n’était qu’une ruse pour éviter à Maurice d’être déporté ?

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1 commentaire(s)

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Marié helene - Il y a 1 an
Il me semble avoir reconnu un hopital de Neuilly sur Marne ? J'y ai fait mes études d'infirmière . Ai je raison ? Merci
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