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Mercredi cinéma : "Le fils de l'autre" de Lorrraine Lévy avec Emmanuelle Devos et Pascal Elbé

Programme de la semaine des cinémas de la Vallée de Montmorency :
Enghien - Franconville - Saint-Gratien - Taverny et les séances du mercredi de Ermont
Autres cinémas proches : Epinay-sur-Seine - Saint-Ouen l'Aumône

 

Le fils de l'autre de Lorraine LévyZoom nouveauté : "Le fils de l'autre" de Lorraine Lévy

L'histoire
Alors qu’il s’apprête à intégrer l’armée israélienne pour effectuer son service militaire, Joseph découvre qu’il n’est pas le fils biologique de ses parents et qu’il a été échangé à la naissance avec Yacine, l’enfant d’une famille palestinienne de Cisjordanie.
La vie de ces deux familles est brutalement bouleversée par cette révélation qui les oblige à reconsidérer leurs identités respectives, leurs valeurs et leurs convictions.
Uu film de Lorraine Lévy avec Emmanuelle Devos, Pascal Elbé, Jules Sitruk Mehdi Dehbi…

 

Bonus : propos de Lorraine Lévy, réalisatrice recueillis pas Patrick Fabre

Comment est né le projet du "fils de l'autre" ?
Un jour, Éric Amouyal, l’associé de Virginie Lacombe, lui a apporté un synopsis écrit par Noam Fitoussi qui avait eu la belle idée de ces deux enfants, l’un Israélien, l’autre Palestinien, échangés à la naissance à cause du chaos provoqué par des bombardements sur une maternité. Noam n’étant pas scénariste, Virginie a fait appel à Nathalie Saugeon pour écrire avec lui une première mouture du scénario. Quand il y a eu une version susceptible d’intéresser à la fois des financiers et un réalisateur, Virginie me l’a envoyée. C’est la première fois que je recevais par la poste un projet qui m’attrapait par le cœur. Je me suis dit : « C’est une histoire pour moi. » Car elle est en relation directe avec mes propres obsessions : quelle est la place que l’on peut occuper dans sa propre vie, puis dans celle des autres, le lien à l’enfance, la filiation… À partir de là, j’ai travaillé avec Virginie et Nathalie Saugeon, puis seule, de manière à emmener le scénario vers le film que j’avais envie de faire.

Pascal Elbé et Emmanuelle DevosLa famille était un élément important de vos deux premiers films. Est-ce parce que c’est l’un des thèmes centraux du "Fils de l'autre" que vous avez craqué pour le projet ?
La famille est un microcosme dans lequel se trouve la genèse de ce que l’on est. Mais c’est quoi être un enfant ? C’est quoi être adulte ? Peut-on choisir de rester l’un ou de devenir l’autre ? J’aime assez la définition de Kenneth Branagh « Un adulte, c’est juste un enfant qui a des dettes »... Évidemment dans "Le fils de l'autre", on est au cœur du questionnement. Les deux garçons ont des chemins de vie tellement différents que l’un a basculé et l’autre pas encore. Yacine, en quittant assez tôt son cocon familial pour suivre des études en France, est projeté dans une réalité qui l’oblige à être un homme. Alors que Joseph, qui vit dans un nid surprotecteur est resté un enfant. J’ai voulu que cette différence saute aux yeux, que cette fracture soit physiquement incarnée par mes acteurs. Que l’on voie les traces de l’enfance sur Joseph (Jules Sitruk), comme un masque tendre, alors que Yacine (Mehdi Dehbi) offre une image construite et mature.

Si la famille est un thème qui vous est cher, il fallait néanmoins l’inscrire dans l’Histoire, celle du conflit israélo-palestinien.
C’est ce qui a tempéré mon ardeur et mon enthousiasme à m’emparer du projet. Je me disais que je n’étais pas habilitée à me lancer dans une aventure comme celle-là alors que je ne suis ni Israélienne ni Palestinienne. Je ne voulais pas faire un film qui ait l’air de faire la leçon de quelque façon que ce soit. Pour moi, la seule façon d’aborder ce sujet était d’avoir une posture d’humilité dès le départ, et de raconter d’abord la petite histoire. Que la grande Histoire soit là pour exacerber les passions, les tensions. Je n’ai en aucun cas le sentiment d’avoir fait un film à caractère politique. Il l’est mais malgré moi. Quant au scénario, une fois que nous nous sommes retrouvés sur place pour la préparation, mes producteurs et moi nous sommes rendu compte que par beaucoup d’aspects, il ne correspondait pas à la réalité du pays. Ni Noam, ni Nathalie ni moi ne vivons en Israël. Or il faut vivre dans ce pays pour connaître les petites choses qui deviennent de grandes choses quand on les vit. Il a fallu déshabiller le scénario, déconstruire et reconstruire pour être crédible. Tous les membres de l’équipe, qui était constituée de Juifs israéliens, et de Palestiniens vivant en Israël ou en Cisjordanie, ont à un moment donné exprimé des choses par rapport au scénario. J’ai été très à l’écoute car j’y ai puisé des vérités que ni mes coscénaristes ni moi ne pouvions connaître. Chaque matin je prenais des notes et chaque soir je retravaillais les scènes du lendemain. Les acteurs, qui recevaient les séquences nouvelles ou modifiées quelques heures avant le tournage, ont tous joué le jeu. Tout ça m’a nourrie et m’a aidée à me débarrasser de mes clichés. C’était mon angoisse : véhiculer des clichés de façon naturelle.

Emmanuelle DevosAvez-vous écrit avec des acteurs en tête ?
J’ai besoin de ça. Dès que nous avons commencé à parler casting avec mes producteurs, j’ai pensé à Emmanuelle Devos avant même que je n’aborde le travail sur le scénario. Son nom a été accueilli avec enthousiasme par mes producteurs et ma coscénariste. Emmanuelle a cette intelligence immédiate de l’émotion. Elle est cérébrale et en même temps charnelle. C’est une actrice de paradoxe. Pascal Elbé, j’avais déjà travaillé avec lui. C’est un acteur absolument délicieux avec un physique magnifique et un mystère, une fêlure… J’ai trouvé que le couple fonctionnerait très bien. Ils nous ont dit oui rapidement, ce qui nous a permis après d’aller à la rencontre des autres acteurs.

Comment avez vous préparé ce film ?
De façon technique, mais aussi idéologique. Même si je ne voulais pas que ce soit un film politique, ça ne pouvait pas ne pas être un film à caractère idéologique. Pour ça je me suis choisie des parrains. Le premier, je l’ai rencontré, c’est Yasmina Khadra. J’ai voulu lui soumettre le scénario, parce qu’il avait été écrit par trois Français dont deux Juifs, et que je voulais le point de vue d’un intellectuel et d’un artiste arabe pour savoir si le scénario n’était pas déséquilibré. Yasmina Khadra a accepté, il l’a lu, il a fait ce qu’on appelle une consultation, il a annoté le scénario, posé des éléments de dialogues dont nous nous sommes servis. Il a apporté sa vision.
Le deuxième parrain est extrêmement emblématique. Je ne l’ai jamais rencontré, il n’est même pas au courant, mais je l’ai choisi comme on se choisit une famille : c’est l’immense écrivain israélien Amos Oz, fondateur, en 1977, du mouvement "La paix maintenant. La pensée d’Amos Oz a guidé mon travail. Quand je suis arrivée sur le tournage, j’ai donné à chaque chef de poste un petit livre intitulé “Imaginer l’Autre”, transcription d’un long entretien d’Amos Oz. Je voulais que mes collaborateurs le lisent parce que ce bouquin contenait le même message d’ouverture que celui que je souhaitais donner au film. Pour Amos Oz, la seule solution au conflit israélo-palestinien réside dans un compromis historique où chacun recevrait une partie de ce qu’il estime lui appartenir. Amos Oz a été une sorte de guide spirituel. Voilà pourquoi je le remercie dans mon générique de fin. J’ai d’ailleurs glissé une interview de lui à la radio dans une séquence et dans une autre, Emmanuelle Devos lit un de ses livres.

Pascal ElbéEn voyant "Le fils de l'autre", on a vraiment le sentiment que votre mise en scène a évolué, que vous avez grandi comme réalisatrice. Est-ce un sentiment que vous avez éprouvé ?
Deux choses : d’abord c’est mon troisième long-métrage de cinéma, mais mon quatrième film. La réalisation s’apprend en travaillant et en se nourrissant de ses expériences précédentes. Plus on tourne, plus on se sent libre de ce qu’on peut faire.
Au début, pour moi qui suis d’abord scénariste, la force était dans l’écrit. Or quand on passe à la réalisation, on découvre que la force est dans l’image. La tentation était grande au début de se servir du scénario non pas comme un matériau de départ, comme une colonne vertébrale mais comme un tout à filmer tel quel. Plus on avance et plus on se rend compte qu’on doit s’en éloigner et que la force de l’image ne doit pas être redondante avec le pouvoir du mot. Ensuite, c’est la première fois que je suis aussi libre. Mes producteurs m’ont fait confiance. Ils m’ont suivie en tout. Cette confiance m’a galvanisée. Pourtant on avait très peu d’argent, on a tourné en 33 jours, et on avait tellement de problèmes de budget que j’ai dû rendre une journée de tournage sur le plateau. Malgré ça, nous n’avons été privés de rien, nous avons tourné selon nos besoins. Cette confiance, cette liberté, m’ont donné des ailes. Brusquement j’ai oublié toutes les contraintes. Et cela a incité au dépassement.

Vous avez déjà montré le film aux membres de l’équipe, quelle a été leur réaction ?
Oui. C’était un moment très émouvant. Malheureusement tout le monde n’était pas là car c’est une projection que nous avons faite à la Cinémathèque de Tel-Aviv en journée, donc certains travaillaient. Ceux qui étaient là étaient heureux, émus, Khalifa
Natour était bouleversé.

Vous croyez au pouvoir du cinéma ?
Pour quoi ? Pour changer le monde ? Non. Pour partager, transmettre, échanger, oui. Un livre, un film, c’est un dialogue avec celui qui fait la démarche de venir à sa rencontre. C’est un moyen de vivre et de comprendre l’humanité de l’Autre.
(extrait dossier de presse)

 

Autres films toujours à l'affiche :

"La terre outragée" de Michale Boganim
 "Les adieux à la reine" de Benoit Jacquot
"Cloclo" de Florent-Emilio Siri
"Nos plus belles vacances" de Philippe Lellouche
"Martha Marcy May Marlene" de Sean Durkin
"La mer à boire" de Jacques Maillot

"La désintégration" de Philippe Faucon
"Une bouteille à la mer" de Thierry Binisti

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