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Les chroniques de Moritz : il fait face aux mauvaises nouvelles

Publié le : 20-05-2019

Gérard Pouettre

Cette semaine, notre cher Moritz a décidé d'utiliser ses atouts pour réagir face aux mauvaises nouvelles... Grâce à Gérard Pouettre (écriture) et Jean-Marie Brochard (illustration) qui veillent sur lui, Moritz nous propose une nouvelle fois son regard original et humoristique sur le monde qui l'entoure.

 

Moritz fait face aux mauvaises nouvelles

MoritzIl y a des moments où les mauvaises nouvelles s’accumulent. Pour Moritz, ce fut le cas ce mois-ci. La lecture de la presse constituait une provocation permanente : le singe capucin est capable de se fabriquer un casse-noix, l’abeille est une bête en maths, les fourmis se déplacent comme si elles avaient un GPS, les cacatoes jouent de la batterie avec des bâtonnets, les créateurs des emojis ont ajouté des animaux, la loutre, le paresseux, le flamant rose… et pourquoi pas le ver de terre ou le moustique !
Moritz a même envisagé des fake news. Cette célébration exubérante des performances des autres animaux lui a hérissé le poil comme jamais. Et rien sur les chats !
Il envisagea d’arrêter immédiatement son abonnement à Pas bêtes les bêtes et à Animalin et il fut tiraillé entre trois attitudes : la déprime, la colère, et la transformation de mauvaises en bonnes nouvelles ou tout au moins l’adaptation à de nouvelles situations.

Une fois dépassés difficilement les deux premiers moments pollués par l’émotion, Moritz s’efforça de rationaliser ses pensées.
Progressivement, il ne fut plus Moritz « l’individu » singulier, ni seulement un chat, ni même un félin ; il fit partie de l’espèce animale. Ce changement de perspective lui redonna le moral et lui fit regarder l’avenir avec optimisme.

Mais comment s’opéra cette évolution psychologique ? Moritz commença par un domaine dans lequel il se sent assez à l’aise : la séduction. Ses atouts personnels sont un gabarit impressionnant mais une allure très calme, très pacifique et de grands yeux jaunes lumineux. Chez les perruches, pour être désiré, il faut être un mâle intelligent, par exemple savoir ouvrir une boite avec son bec : l’intelligence est un atout sexuel. Il en déduisit que selon les espèces, chacune développe une arme de séduction différente. Il ne faut donc pas envier les perruches, être jaloux de leur intelligence ; chacun doit utiliser ses atouts, ses compétences pour garder son autonomie. Et Moritz y tient…

Que les perruches soient plus intelligentes que les chats, pourquoi pas ! Mais parfois, il faut assumer la concurrence. Que des animaux manquant autant de personnalité que les loutres ou les paresseux ou aussi frimeurs que le flamant rose soient des émoticons exige une réaction. Les chats doivent réagir. Moritz pense à un message sur RMC (Résistance Massive des Chats). Il faudrait trouver de nouveaux moyens de médiatiser les chats : savoir compter jusqu’à cinq comme les abeilles, jouer de la batterie comme les cacatoès… ou occuper une plage délaissée par les rangers de Donald Trump comme les éléphants de mer en Californie ?

Mais Moritz ne se voit pas prendre tous ces risques et débaucher toute cette énergie. Pour conjurer ces mauvaises nouvelles, il entrevoit une troisième possibilité : la coopération.

D’abord entre le monde animal et le monde végétal. En feuilletant Plouf, le magazine des poissons, il a appris un nouveau mot : aquaponie. Il pensait à un petit cheval qui savait nager mais il s’agit de poissons qui nourrissent les plantes ; les déjections des poissons sont transformées en nitrate qui alimentent les plantes. Moritz s’engage donc à jardiner un peu plus à partir du printemps. A part l’herbe à chat, il n’est pas très légume mais plus de fleurs, c’est quelques insectes en supplément. Chacun y trouve son compte. Cela permet de coopérer avec le monde humain… en espérant que l’inverse soit de plus en plus fréquent, pense Moritz.

Gérard Pouettre

Cette semaine, notre cher Moritz a décidé d'utiliser ses atouts pour réagir face aux mauvaises nouvelles... Grâce à Gérard Pouettre (écriture) et Jean-Marie Brochard (illustration) qui veillent sur lui, Moritz nous propose une nouvelle fois son regard original et humoristique sur le monde qui l'entoure.

 

Moritz fait face aux mauvaises nouvelles

MoritzIl y a des moments où les mauvaises nouvelles s’accumulent. Pour Moritz, ce fut le cas ce mois-ci. La lecture de la presse constituait une provocation permanente : le singe capucin est capable de se fabriquer un casse-noix, l’abeille est une bête en maths, les fourmis se déplacent comme si elles avaient un GPS, les cacatoes jouent de la batterie avec des bâtonnets, les créateurs des emojis ont ajouté des animaux, la loutre, le paresseux, le flamant rose… et pourquoi pas le ver de terre ou le moustique !
Moritz a même envisagé des fake news. Cette célébration exubérante des performances des autres animaux lui a hérissé le poil comme jamais. Et rien sur les chats !
Il envisagea d’arrêter immédiatement son abonnement à Pas bêtes les bêtes et à Animalin et il fut tiraillé entre trois attitudes : la déprime, la colère, et la transformation de mauvaises en bonnes nouvelles ou tout au moins l’adaptation à de nouvelles situations.

Une fois dépassés difficilement les deux premiers moments pollués par l’émotion, Moritz s’efforça de rationaliser ses pensées.
Progressivement, il ne fut plus Moritz « l’individu » singulier, ni seulement un chat, ni même un félin ; il fit partie de l’espèce animale. Ce changement de perspective lui redonna le moral et lui fit regarder l’avenir avec optimisme.

Mais comment s’opéra cette évolution psychologique ? Moritz commença par un domaine dans lequel il se sent assez à l’aise : la séduction. Ses atouts personnels sont un gabarit impressionnant mais une allure très calme, très pacifique et de grands yeux jaunes lumineux. Chez les perruches, pour être désiré, il faut être un mâle intelligent, par exemple savoir ouvrir une boite avec son bec : l’intelligence est un atout sexuel. Il en déduisit que selon les espèces, chacune développe une arme de séduction différente. Il ne faut donc pas envier les perruches, être jaloux de leur intelligence ; chacun doit utiliser ses atouts, ses compétences pour garder son autonomie. Et Moritz y tient…

Que les perruches soient plus intelligentes que les chats, pourquoi pas ! Mais parfois, il faut assumer la concurrence. Que des animaux manquant autant de personnalité que les loutres ou les paresseux ou aussi frimeurs que le flamant rose soient des émoticons exige une réaction. Les chats doivent réagir. Moritz pense à un message sur RMC (Résistance Massive des Chats). Il faudrait trouver de nouveaux moyens de médiatiser les chats : savoir compter jusqu’à cinq comme les abeilles, jouer de la batterie comme les cacatoès… ou occuper une plage délaissée par les rangers de Donald Trump comme les éléphants de mer en Californie ?

Mais Moritz ne se voit pas prendre tous ces risques et débaucher toute cette énergie. Pour conjurer ces mauvaises nouvelles, il entrevoit une troisième possibilité : la coopération.

D’abord entre le monde animal et le monde végétal. En feuilletant Plouf, le magazine des poissons, il a appris un nouveau mot : aquaponie. Il pensait à un petit cheval qui savait nager mais il s’agit de poissons qui nourrissent les plantes ; les déjections des poissons sont transformées en nitrate qui alimentent les plantes. Moritz s’engage donc à jardiner un peu plus à partir du printemps. A part l’herbe à chat, il n’est pas très légume mais plus de fleurs, c’est quelques insectes en supplément. Chacun y trouve son compte. Cela permet de coopérer avec le monde humain… en espérant que l’inverse soit de plus en plus fréquent, pense Moritz.


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1 commentaire(s)

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Dion-Guérin - Il y a 6 mois
Bravo pour cette rubrique pleine de finesse puisqu'elle moralise sans ...moraliser
Merci à Jean-Marie et à ses chats et chattes.Merci aussi à lui de notre rencontre
JDG
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