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Légendes urbaines autour du compost...

Publié le : 19-12-2013

David GabelinDavid Gabelin, "notre" maitre composteur, a pris sa plume pour rétablir la vérité sur tout ce que vous avez déjà entendu sur le compost… Explications passionnantes même pour ceux qui ne réalisent pas encore du compost.

 

Légendes urbaines autour du compost...

Une légende urbaine, qu'est-ce que c'est ? Une histoire qui se propage, qui se transmet, une contre-vérité farouchement établie par les on-dit, une conscience collective erronée, soutenue le plus souvent par un soupçon de vrai et un 99% de faux.
Des légendes urbaines autour du compost, il en est certaines faciles à éluder, et d'autres qui ont la vie tenace, malgré les interventions des professionnels... Pourquoi perdurent-elles dans l'inconscient collectif ? Tout simplement parce qu'une majorité de gens n'a pas encore été convaincue du contraire, et parce que certains médias, hélas, se font souvent l'écho involontaire de telles erreurs.
Mais de quoi parle-t-on ici ? On parle bien entendu des litanies récurrentes dues à l'ignorance le plus souvent;

Le compost sent mauvais, il attire les nuisibles, c'est acide, on peut y mettre de la terre ou des cendres, surtout pas d'agrumes !... Voici celles qui font le plus de tort à ce merveilleux outil de recyclage des déchets organiques. Heureusement, ce ne sont que des mots, et ces maux, s'ils existent dans certaines conditions précises, ne correspondent pas à l'état d'un compost bien mené, bien équilibré.

Derrière ces légendes, se cachent en fait des pratiques hasardeuses, souvent non reproductibles, selon une transmission visuelle ou orale d'un geste mal cOMPOSTcompris. Cependant, le compostage, comme beaucoup de techniques, reste totalement reproductible, et finalement assez facile à obtenir dans de bonnes conditions, pour peu qu'on les respecte, tout à fait dans l'esprit d'une recette de cuisine. Qu'on se le dise, apprendre à faire du bon compost, c'est beaucoup moins compliqué que d'apprendre à conduire une voiture ! Encore faut-il être bien renseigné.

Pour dissoudre le mystère des odeurs, je vous propose en quelques mots l'explication scientifique la plus simple : dans les déchets organiques qui fermentent, certains sont très riches en azote (ceux qui se mettent très vite à faire du jus et à sentir très mauvais) et ceux qui sont plutôt riches en carbone (ceux qui ne sentent pas, et qui sont secs, durs, comme les feuilles mortes et le broyat, la paille et compagnie). Les propriétés chimiques du carbone font qu'il est capable de fixer l'azote, et c'est tout simplement la présence conjointe de l'azote et du carbone qui fait que le premier est fixé par le second pendant la phase de décomposition. Ce phénomène de liaison bloque la transformation de l'azote en nitrates et nitrites, responsables de très mauvaises odeurs. Voilà donc comment un compost équilibré en ces deux principes chimiques ne sent pas, alors qu'un tas de déchets majoritairement azotés dégagera très rapidement des odeurs insupportables faisant mauvaise réputation... non pas du compost, mais de celui qui le fait !

Et les nuisibles ? Ah, ce problème résulte très directement du premier évoqué. Un compost qui ne sent pas n'attire pas le nez des rongeurs et autres fouineurs. Pas d'odeurs, pas d'attirance, risques faibles à nul de voir votre compost héberger de grosses bêtes voraces. Par contre, un compost chaud COMPOSTau moment de la période hivernale (ce qui arrive heureusement), pourra éventuellement attirer par sa chaleur et sa tranquillité un petit couple de mulots. Eh bien, voilà la biodiversité qui s'invite dans votre compost, c'est un échange de bons procédés. Si vous remuez régulièrement votre compost, les hôtes indésirables seront dérangés et iront naturellement chercher refuge dans un endroit plus tranquille. Et si l'on craint de voir arriver en troupeaux les taupes et autres, vous pouvez toujours disposer au fond de votre composteur un grillage à mailles fines directement au sol. Mais attention aux coups de fourche lorsque vous voudrez récolter.

Un compost acide, c'est parce que j'y ai mis du résineux... ou des oranges ! Là encore, un petit peu de connaissances sur la chimie du compost montre Graphique production acidesun tout autre visage que cette certitude lancée à la cantonade... qui dit surtout qu'on ne comprend pas ce qui se passe dans notre compost. En réalité, le compost connait effectivement un passage acide en dessous de pH 7 pendant quelques jours, lors d'un démarrage de fermentation. Mais très rapidement, le dégagement d'ammoniac qui accompagne invariablement un compost en action provoque une remontée du pH au dessus de 7, et dès lors, le compost reste dans une fourchette entre 7,2 et 8,5. Alors, d'où vient la certitude qu'un compost est acide ? Si le compost ne se fait pas correctement, et qu'il contient majoritairement des composés azotés très rapidement dégradables, cette dégradation se produit sans présence d'air, et donne vite des jus, qui eux sont acides, effectivement. Mais là, ce n'est plus du compost, c'est de la pourriture qui s'établit dans un milieu sans air (dit aussi anaérobie). Les bactéries qui transforment la matière ne sont pas les mêmes, et celles là génèrent des transformations de la matière en nitrites, hydrogène sulfuré, méthane... tous synonymes d'odeurs pestilentielles. Et de surcroit, c'est oublier que dans les forêts et en montagne, les résineux qui tombent au sol finissent toujours par redonner une litière d'humus. La structure de la lignine des résineux est simplement plus coriace que celle qui compose les feuillus, d'où un temps plus long pour composter du broyat de résineux.

Le cas des agrumes est un cas d'école. On croit que l'on ajoute de l'acidité au compost quand on met des agrumes dans son compost. Mais en réalité, les sucres qui composent la majorité du fruit sont très rapidement dégradés (et leurs liaisons chimiques cassées), et en aucun cas ils ne se recombinent pour composer des molécules acides. Ainsi donc, l'on peut mettre des agrumes sans crainte, du moment (comme pour n'importe quel produit que l'on y cycle matière organiquemet) qu'on ne met de grosses quantités d'un seul coup.

Quand à l'idée reçue qu'on peut y mettre de la terre... reprenons les choses dans l'ordre. Le but du compost est d'offrir un amendement organique. Or, la terre, c'est minéral, essentiellement. La terre, c'est le résultat de la minéralisation de l'humus par des bactéries spécifiques présentes dans le sol. Donc, la terre ne viendra pas améliorer ni changer la nature du compost. De plus, la terre humide finit toujours par former des poches ou des plaques lourdes qui asphyxient le compost et ruinent son processus aérobie. La terre pose donc problème par sa simple présence dans un compost. Une poignée ou deux maximum, si l'on pense que sa terre est riche en micro-organismes et qu'elle peut servir à « ensemencer » le compost. Mais à ce compte, on préférera utiliser une ou deux poignées de compost bien mûr. Plus efficace.

Et les cendres ? Déjà, l'on peut oublier les cendres du barbecue... totalement inutile dans un compost. Pour la cendre de cheminée, heureusement, il y a de meilleures manières d'utiliser cette ressource, comme le faisaient nos grands parents (lessive de potasse), ou en engrais complété avec de l'azote issu d'urine de jardinier...

seau de cendreLa cendre est très basique, et il faut donc préférer son usage à la correction d'une terre trop acide, par exemple, plutôt que de vouloir corriger le pH du compost, dont d'ailleurs on ignore le pH, puisqu'on ne fait jamais d'analyses de son compost. Donc, on ne corrige pas un problème si l'on ne connait pas les données de départ. C'est du bon sens, pas de la chimie. Laissez respirer votre compost, donnez lui une nourriture équilibrée, il vous le rendra bien mieux que si vous y mettez des choses inutiles et perturbant son bon fonctionnement. N'oubliez pas, le compost, c'est vivant.

Enfin, une dernière légende : « on m'a dit qu'il fallait arroser le compost une fois par mois, alors quand il pleut, j'ouvre le composteur... » Voilà une dérive difficile à faire disparaître. Véhiculée par de nombreux ouvrages, mais pas dans ces termes précis, elle est également relayée par des sensibilisations à l'emporte-pièce, qui se moquent bien de précision. Simplicité ne doit jamais rimer avec simplisme. Celui qui profère de tels conseils devrait apprendre à composter, ou arrêter de sensibiliser le public.
L'humidité d'un compost, ca se contrôle, ca se vérifie, cela se gère. La correction doit se faire en connaissance de cause, et surtout pas comme certains auraient pu faire avec la cendre. Celui qui fait son compost fixe le bon degré d'humidité, et ne le laisse surtout pas à la merci des éléments météorologiques : vent, pluie, chaleurs excessives ou froid intense. Ainsi, lorsque les matières sont mélangées, on maitrise par ce mélange l'humidité de l'apport, et le test de la poignée (trucs et astuces dans un prochain numéro) permet de savoir rapidement comment est son compost. Si trop d'humidité (supérieur à 60% en début de compostage) règne dans le composteur, le milieu passera immanquablement en anaérobie, et fera de la pourriture, pas du compost. Trop sec, le compost ne pourra pas héberger suffisamment de bactéries vivantes, et ne se transformera pas non plus.
Il est donc important de maitriser l'humidité, et d'empêcher que le compost s'assèche ou se détrempe. Simple à faire. Pas d'aérations trop grandes, mais suffisantes pour laisser le compost s'aérer. Un couvercle étanche pour empêcher les eaux de ruisseler et noyer votre compost. 

En résumé, le compost c'est une affaire d'équilibres. Équilibre des proportions entre matières azotées et carbonées. Équilibre des apports, plus ils seront variés, plus riche sera le compost. Respect de l'humidité (60% en début de process, 30% pour du compost mûr). Maintient d'un milieu bien oxygéné pour que les bonnes bactéries travaillent, décomposent et désodorisent les matières.

Alors, lancez-vous, testez les agrumes, évitez les cendres, ne corrigez pas des problèmes qui n'existent pas, aérez régulièrement votre compost en profondeur afin d'obtenir le maximum de matière transformée et homogène. Observez les montées en température dans votre compost, l'arrivée des macro-organismes (vers, collemboles, larves de cétoines, fourmis, cloportes et mille-pattes...) Chaque macro-organisme est un indice qui vous aidera à comprendre comment vit le compost.

Prochain article à paraître : De l'urgence de rétablir des espaces de biodiversité et d'augmenter la richesse des plantes mellifères

 

 

David GabelinDavid Gabelin, "notre" maitre composteur, a pris sa plume pour rétablir la vérité sur tout ce que vous avez déjà entendu sur le compost… Explications passionnantes même pour ceux qui ne réalisent pas encore du compost.

 

Légendes urbaines autour du compost...

Une légende urbaine, qu'est-ce que c'est ? Une histoire qui se propage, qui se transmet, une contre-vérité farouchement établie par les on-dit, une conscience collective erronée, soutenue le plus souvent par un soupçon de vrai et un 99% de faux.
Des légendes urbaines autour du compost, il en est certaines faciles à éluder, et d'autres qui ont la vie tenace, malgré les interventions des professionnels... Pourquoi perdurent-elles dans l'inconscient collectif ? Tout simplement parce qu'une majorité de gens n'a pas encore été convaincue du contraire, et parce que certains médias, hélas, se font souvent l'écho involontaire de telles erreurs.
Mais de quoi parle-t-on ici ? On parle bien entendu des litanies récurrentes dues à l'ignorance le plus souvent;

Le compost sent mauvais, il attire les nuisibles, c'est acide, on peut y mettre de la terre ou des cendres, surtout pas d'agrumes !... Voici celles qui font le plus de tort à ce merveilleux outil de recyclage des déchets organiques. Heureusement, ce ne sont que des mots, et ces maux, s'ils existent dans certaines conditions précises, ne correspondent pas à l'état d'un compost bien mené, bien équilibré.

Derrière ces légendes, se cachent en fait des pratiques hasardeuses, souvent non reproductibles, selon une transmission visuelle ou orale d'un geste mal cOMPOSTcompris. Cependant, le compostage, comme beaucoup de techniques, reste totalement reproductible, et finalement assez facile à obtenir dans de bonnes conditions, pour peu qu'on les respecte, tout à fait dans l'esprit d'une recette de cuisine. Qu'on se le dise, apprendre à faire du bon compost, c'est beaucoup moins compliqué que d'apprendre à conduire une voiture ! Encore faut-il être bien renseigné.

Pour dissoudre le mystère des odeurs, je vous propose en quelques mots l'explication scientifique la plus simple : dans les déchets organiques qui fermentent, certains sont très riches en azote (ceux qui se mettent très vite à faire du jus et à sentir très mauvais) et ceux qui sont plutôt riches en carbone (ceux qui ne sentent pas, et qui sont secs, durs, comme les feuilles mortes et le broyat, la paille et compagnie). Les propriétés chimiques du carbone font qu'il est capable de fixer l'azote, et c'est tout simplement la présence conjointe de l'azote et du carbone qui fait que le premier est fixé par le second pendant la phase de décomposition. Ce phénomène de liaison bloque la transformation de l'azote en nitrates et nitrites, responsables de très mauvaises odeurs. Voilà donc comment un compost équilibré en ces deux principes chimiques ne sent pas, alors qu'un tas de déchets majoritairement azotés dégagera très rapidement des odeurs insupportables faisant mauvaise réputation... non pas du compost, mais de celui qui le fait !

Et les nuisibles ? Ah, ce problème résulte très directement du premier évoqué. Un compost qui ne sent pas n'attire pas le nez des rongeurs et autres fouineurs. Pas d'odeurs, pas d'attirance, risques faibles à nul de voir votre compost héberger de grosses bêtes voraces. Par contre, un compost chaud COMPOSTau moment de la période hivernale (ce qui arrive heureusement), pourra éventuellement attirer par sa chaleur et sa tranquillité un petit couple de mulots. Eh bien, voilà la biodiversité qui s'invite dans votre compost, c'est un échange de bons procédés. Si vous remuez régulièrement votre compost, les hôtes indésirables seront dérangés et iront naturellement chercher refuge dans un endroit plus tranquille. Et si l'on craint de voir arriver en troupeaux les taupes et autres, vous pouvez toujours disposer au fond de votre composteur un grillage à mailles fines directement au sol. Mais attention aux coups de fourche lorsque vous voudrez récolter.

Un compost acide, c'est parce que j'y ai mis du résineux... ou des oranges ! Là encore, un petit peu de connaissances sur la chimie du compost montre Graphique production acidesun tout autre visage que cette certitude lancée à la cantonade... qui dit surtout qu'on ne comprend pas ce qui se passe dans notre compost. En réalité, le compost connait effectivement un passage acide en dessous de pH 7 pendant quelques jours, lors d'un démarrage de fermentation. Mais très rapidement, le dégagement d'ammoniac qui accompagne invariablement un compost en action provoque une remontée du pH au dessus de 7, et dès lors, le compost reste dans une fourchette entre 7,2 et 8,5. Alors, d'où vient la certitude qu'un compost est acide ? Si le compost ne se fait pas correctement, et qu'il contient majoritairement des composés azotés très rapidement dégradables, cette dégradation se produit sans présence d'air, et donne vite des jus, qui eux sont acides, effectivement. Mais là, ce n'est plus du compost, c'est de la pourriture qui s'établit dans un milieu sans air (dit aussi anaérobie). Les bactéries qui transforment la matière ne sont pas les mêmes, et celles là génèrent des transformations de la matière en nitrites, hydrogène sulfuré, méthane... tous synonymes d'odeurs pestilentielles. Et de surcroit, c'est oublier que dans les forêts et en montagne, les résineux qui tombent au sol finissent toujours par redonner une litière d'humus. La structure de la lignine des résineux est simplement plus coriace que celle qui compose les feuillus, d'où un temps plus long pour composter du broyat de résineux.

Le cas des agrumes est un cas d'école. On croit que l'on ajoute de l'acidité au compost quand on met des agrumes dans son compost. Mais en réalité, les sucres qui composent la majorité du fruit sont très rapidement dégradés (et leurs liaisons chimiques cassées), et en aucun cas ils ne se recombinent pour composer des molécules acides. Ainsi donc, l'on peut mettre des agrumes sans crainte, du moment (comme pour n'importe quel produit que l'on y cycle matière organiquemet) qu'on ne met de grosses quantités d'un seul coup.

Quand à l'idée reçue qu'on peut y mettre de la terre... reprenons les choses dans l'ordre. Le but du compost est d'offrir un amendement organique. Or, la terre, c'est minéral, essentiellement. La terre, c'est le résultat de la minéralisation de l'humus par des bactéries spécifiques présentes dans le sol. Donc, la terre ne viendra pas améliorer ni changer la nature du compost. De plus, la terre humide finit toujours par former des poches ou des plaques lourdes qui asphyxient le compost et ruinent son processus aérobie. La terre pose donc problème par sa simple présence dans un compost. Une poignée ou deux maximum, si l'on pense que sa terre est riche en micro-organismes et qu'elle peut servir à « ensemencer » le compost. Mais à ce compte, on préférera utiliser une ou deux poignées de compost bien mûr. Plus efficace.

Et les cendres ? Déjà, l'on peut oublier les cendres du barbecue... totalement inutile dans un compost. Pour la cendre de cheminée, heureusement, il y a de meilleures manières d'utiliser cette ressource, comme le faisaient nos grands parents (lessive de potasse), ou en engrais complété avec de l'azote issu d'urine de jardinier...

seau de cendreLa cendre est très basique, et il faut donc préférer son usage à la correction d'une terre trop acide, par exemple, plutôt que de vouloir corriger le pH du compost, dont d'ailleurs on ignore le pH, puisqu'on ne fait jamais d'analyses de son compost. Donc, on ne corrige pas un problème si l'on ne connait pas les données de départ. C'est du bon sens, pas de la chimie. Laissez respirer votre compost, donnez lui une nourriture équilibrée, il vous le rendra bien mieux que si vous y mettez des choses inutiles et perturbant son bon fonctionnement. N'oubliez pas, le compost, c'est vivant.

Enfin, une dernière légende : « on m'a dit qu'il fallait arroser le compost une fois par mois, alors quand il pleut, j'ouvre le composteur... » Voilà une dérive difficile à faire disparaître. Véhiculée par de nombreux ouvrages, mais pas dans ces termes précis, elle est également relayée par des sensibilisations à l'emporte-pièce, qui se moquent bien de précision. Simplicité ne doit jamais rimer avec simplisme. Celui qui profère de tels conseils devrait apprendre à composter, ou arrêter de sensibiliser le public.
L'humidité d'un compost, ca se contrôle, ca se vérifie, cela se gère. La correction doit se faire en connaissance de cause, et surtout pas comme certains auraient pu faire avec la cendre. Celui qui fait son compost fixe le bon degré d'humidité, et ne le laisse surtout pas à la merci des éléments météorologiques : vent, pluie, chaleurs excessives ou froid intense. Ainsi, lorsque les matières sont mélangées, on maitrise par ce mélange l'humidité de l'apport, et le test de la poignée (trucs et astuces dans un prochain numéro) permet de savoir rapidement comment est son compost. Si trop d'humidité (supérieur à 60% en début de compostage) règne dans le composteur, le milieu passera immanquablement en anaérobie, et fera de la pourriture, pas du compost. Trop sec, le compost ne pourra pas héberger suffisamment de bactéries vivantes, et ne se transformera pas non plus.
Il est donc important de maitriser l'humidité, et d'empêcher que le compost s'assèche ou se détrempe. Simple à faire. Pas d'aérations trop grandes, mais suffisantes pour laisser le compost s'aérer. Un couvercle étanche pour empêcher les eaux de ruisseler et noyer votre compost. 

En résumé, le compost c'est une affaire d'équilibres. Équilibre des proportions entre matières azotées et carbonées. Équilibre des apports, plus ils seront variés, plus riche sera le compost. Respect de l'humidité (60% en début de process, 30% pour du compost mûr). Maintient d'un milieu bien oxygéné pour que les bonnes bactéries travaillent, décomposent et désodorisent les matières.

Alors, lancez-vous, testez les agrumes, évitez les cendres, ne corrigez pas des problèmes qui n'existent pas, aérez régulièrement votre compost en profondeur afin d'obtenir le maximum de matière transformée et homogène. Observez les montées en température dans votre compost, l'arrivée des macro-organismes (vers, collemboles, larves de cétoines, fourmis, cloportes et mille-pattes...) Chaque macro-organisme est un indice qui vous aidera à comprendre comment vit le compost.

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