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Le château de la Chasse, « la forteresse imprenable » de la Forêt de Montmorency !

Publié le : 10-06-2019

Château de la chasse de la Forêt de Montmorency

Vous avez été nombreux à réclamer une présentation du château de la Chasse, évoqué il y a quelques années par André Monneau dans sa rubrique "Histoire Forêt de Montmorency". Alors découvrons l'histoire de cet édifice classé au titre des monuments historiques par arrêté du 19 août 1933.

Château de la Chasse de la Forêt de MontmorencyPourquoi le Château de la Chasse s’appelle-t-il ainsi ?
Quand on sait que la famille des Montmorency était de grands chasseurs et que le château était un rendez-vous de chasse, nous avons vite fait de comprendre l'origine du nom… sauf que les historiens locaux mentionnent plutôt que "Château de la chasse" proviendrait probablement du gaulois "casanos" signifiant le "chêne". Compte tenu de sa situation au cœur de la forêt, cette hypothèse prend de l'épaisseur !

Plongeons-nous maintenant, avec notre historien André Monneau, dans l'histoire de l'édifice le plus remarquable de notre chère Forêt de Montmorency :

A l'origine, il aurait été édifié pour Mathieu Ier de Montmorency, connétable de Montmorency au XIIème siècle, à l'emplacement d'un antique château du haut moyen âge.
Il était déjà décrit comme étant une forteresse imprenable d'après Eginhard, chroniqueur de la vie de Charlemagne, dont il était le secrétaire. Il devait servir de base de surveillance avancée ou de retranchement, en cas de la prise de fortification de Montmorency par des troupes d'invasion française ou étrangère. Ceci se produisit pendant la guerre de Cent-ans, où cette forteresse fut partiellement détruite, obligeant les seigneurs à s'installer provisoirement au château de la chasse.
En 1207, Mathieu II, petit-fils de Mathieu Ier, choisit le château pour célébrer une fête, à l'occasion de l'investiture des fiefs de Bouffémont et de Bois-Tirel, accordée au Comte de Saint-Pol par le roi Philippe Auguste. Château de la Chasse de la Forêt de MontmorencyPendant le règne de Philippe Auguste, après la bataille de Bouvines, le manoir devient insuffisant comme résidence pour les Montmorency, qui se considèrent comme premiers barons de France.
Il devait longtemps servir d'habitation aux gruyers des seigneurs, officiers chargés de l'administration de la forêt. Mais il était connu pour être un rendez-vous de chasse habité par des gardes.
Les Montmorency étaient de grands chasseurs, y invitaient très souvent, pour la pratique de la vénerie, leurs nombreux et illustres souverains pour en obtenir des faveurs royales.

Durant la guerre de Cent Ans, le bâtiment fit office de garnison. En 1418 il était constitué de cinq serviteurs, de huit arbalétriers, d'un archer et sous le commandement d'un capitaine.
En 1429, selon un historien du siècle dernier, trois cents anglais s'emparèrent du château. Néanmoins ces derniers guerroyèrent dans la région à différentes époques.
En 1460, le baron Jean II de Montmorency fit édifier, en face de celui-ci, un hôtel seigneurial avec deux tuileries et rebâtir la chapelle Sainte-Radégonde du Bois Saint-Père.

Plus tard, François Ier vint également chasser en forêt de Montmorency ; mais le château d'Écouen fut construit à partir de 1538, beaucoup plus grand et plus luxueux et le vieux fort de la Chasse tomba dans l’oubli.
Sous le règne de Richelieu, après la décapitation d'Henri II de Montmorency, en 1632, pour conspiration, ses biens, cette forêt et ce château appartinrent en 1633 à sa sœur Charlotte et à son époux Henri II de Bourbon, prince de Condé.

Etang du Château de la Chasse de la Forêt de Montmorency

Sous Napoléon Ier, vers 1800, le Château de la Chasse fut acquis par le prince Louis Bonaparte, roi de Hollande et de la reine Hortense. Elle y vint souvent, accompagnée de son jeune fils, le futur empereur Napoléon III, lors de ses promenades favorites.

Peu après la chute de l'empire, vers 1816, le prince Louis-Henri Joseph de Condé devint acquéreur aux enchères, reprenant son bien de famille. En 1828, il obtint le prieuré et les terres de Sainte-Radégonde.
En 1830, ce dernier fut retrouvé pendu au château de Saint-Leu. Son immense fortune, avec ses châteaux, leurs parcs et forêt, ainsi que les terres cultivables revinrent au Duc d'Aumale, son petit neveu, fils du roi Louis-Philippe. Sa maîtresse, la baronne de Feuchères, parmi ses parts d'héritage, reçut la forêt de Montmorency et les demeures de Saint-Leu, de Mortefontaine et de la Chasse.
Le décès de la baronne intervenu en 1840, la forêt passe à Monsieur de Thannaron qui la fait démembrer, mais garde le domaine de la Chasse et les bois situés aux alentours.

En 1870-871, les Prussiens l'occupèrent. Ensuite il passa à d'autres grands propriétaires.
Enfin le château fut acquis par une société de chasse qui y éleva des sangliers dans les dépendances de l'ancien hôtel seigneurial.
En 1973, l'Etat l'achète, puis le cède à l'Office National des Forêts qui fit entreprendre la démolition de l'hôtel seigneurial et d'importants travaux de rénovation du château, au début des années 1980, pour réaliser un centre d'information forestier.

Evidemment il est impossible d'évoquer le Château de la Chasse sans mentionner ses tours en biais recouverts de tuiles. Celles-ci offrent à l'édifice un aspect original unique.
C'est en 1728 que le petit-fils du Grand Condé a choisi de tronquer les tours et d'installer un corps de logis. Il aurait pu facilement prendre la décision de démolir le château qui tombait en ruines !

Château de la Chasse de la Forêt de MontmorencyEt zoomons enfin sur l'architecture de ce château dont l'intérieur reste mystérieux pour le grand public.
Ce château, vestige d’un logis quadrangulaire de 20 m de côté, est flanqué aux angles de quatre tours rondes de 6 m de diamètre ; une arête marquée en capitale des tours vient souligner la symétrie du plan. Les tours sont espacées d'environ 7 m et la plus haute mesure 10 m. Les murs, en moellons de grès stampien, de taille irrégulière mais de construction soignée, ont 1,20 m d’épaisseur.
Le château est entouré d’un cycle de douves et de deux étangs situés au point de jonction des terriers de Saint-Prix, Montlignon, Bouffémont et Domont, recevant plusieurs ruisseaux dont celui du Nid d’Aigle et du Petit Moulin.
Le côté nord est plus intéressant sur le plan architectural : au XIIe siècle, l'éclairage des tours d'angles ne fut réalisé qu'à travers des meurtrières. Puis, au XIIIe siècle, des fenestrelles furent ouvertes à l'étage : le seigneur y habitait. La salle de garde était au rez-de-chaussée. Dès le XVe siècle et jusqu'à la Renaissance, les fenêtres à meneaux les remplacèrent, puis du XVIIIe au XXe siècle, il y eut différentes autres ouvertures.

Château de la Chasse de la Forêt de Montmorency

 

Château de la chasse de la Forêt de Montmorency

Vous avez été nombreux à réclamer une présentation du château de la Chasse, évoqué il y a quelques années par André Monneau dans sa rubrique "Histoire Forêt de Montmorency". Alors découvrons l'histoire de cet édifice classé au titre des monuments historiques par arrêté du 19 août 1933.

Château de la Chasse de la Forêt de MontmorencyPourquoi le Château de la Chasse s’appelle-t-il ainsi ?
Quand on sait que la famille des Montmorency était de grands chasseurs et que le château était un rendez-vous de chasse, nous avons vite fait de comprendre l'origine du nom… sauf que les historiens locaux mentionnent plutôt que "Château de la chasse" proviendrait probablement du gaulois "casanos" signifiant le "chêne". Compte tenu de sa situation au cœur de la forêt, cette hypothèse prend de l'épaisseur !

Plongeons-nous maintenant, avec notre historien André Monneau, dans l'histoire de l'édifice le plus remarquable de notre chère Forêt de Montmorency :

A l'origine, il aurait été édifié pour Mathieu Ier de Montmorency, connétable de Montmorency au XIIème siècle, à l'emplacement d'un antique château du haut moyen âge.
Il était déjà décrit comme étant une forteresse imprenable d'après Eginhard, chroniqueur de la vie de Charlemagne, dont il était le secrétaire. Il devait servir de base de surveillance avancée ou de retranchement, en cas de la prise de fortification de Montmorency par des troupes d'invasion française ou étrangère. Ceci se produisit pendant la guerre de Cent-ans, où cette forteresse fut partiellement détruite, obligeant les seigneurs à s'installer provisoirement au château de la chasse.
En 1207, Mathieu II, petit-fils de Mathieu Ier, choisit le château pour célébrer une fête, à l'occasion de l'investiture des fiefs de Bouffémont et de Bois-Tirel, accordée au Comte de Saint-Pol par le roi Philippe Auguste. Château de la Chasse de la Forêt de MontmorencyPendant le règne de Philippe Auguste, après la bataille de Bouvines, le manoir devient insuffisant comme résidence pour les Montmorency, qui se considèrent comme premiers barons de France.
Il devait longtemps servir d'habitation aux gruyers des seigneurs, officiers chargés de l'administration de la forêt. Mais il était connu pour être un rendez-vous de chasse habité par des gardes.
Les Montmorency étaient de grands chasseurs, y invitaient très souvent, pour la pratique de la vénerie, leurs nombreux et illustres souverains pour en obtenir des faveurs royales.

Durant la guerre de Cent Ans, le bâtiment fit office de garnison. En 1418 il était constitué de cinq serviteurs, de huit arbalétriers, d'un archer et sous le commandement d'un capitaine.
En 1429, selon un historien du siècle dernier, trois cents anglais s'emparèrent du château. Néanmoins ces derniers guerroyèrent dans la région à différentes époques.
En 1460, le baron Jean II de Montmorency fit édifier, en face de celui-ci, un hôtel seigneurial avec deux tuileries et rebâtir la chapelle Sainte-Radégonde du Bois Saint-Père.

Plus tard, François Ier vint également chasser en forêt de Montmorency ; mais le château d'Écouen fut construit à partir de 1538, beaucoup plus grand et plus luxueux et le vieux fort de la Chasse tomba dans l’oubli.
Sous le règne de Richelieu, après la décapitation d'Henri II de Montmorency, en 1632, pour conspiration, ses biens, cette forêt et ce château appartinrent en 1633 à sa sœur Charlotte et à son époux Henri II de Bourbon, prince de Condé.

Etang du Château de la Chasse de la Forêt de Montmorency

Sous Napoléon Ier, vers 1800, le Château de la Chasse fut acquis par le prince Louis Bonaparte, roi de Hollande et de la reine Hortense. Elle y vint souvent, accompagnée de son jeune fils, le futur empereur Napoléon III, lors de ses promenades favorites.

Peu après la chute de l'empire, vers 1816, le prince Louis-Henri Joseph de Condé devint acquéreur aux enchères, reprenant son bien de famille. En 1828, il obtint le prieuré et les terres de Sainte-Radégonde.
En 1830, ce dernier fut retrouvé pendu au château de Saint-Leu. Son immense fortune, avec ses châteaux, leurs parcs et forêt, ainsi que les terres cultivables revinrent au Duc d'Aumale, son petit neveu, fils du roi Louis-Philippe. Sa maîtresse, la baronne de Feuchères, parmi ses parts d'héritage, reçut la forêt de Montmorency et les demeures de Saint-Leu, de Mortefontaine et de la Chasse.
Le décès de la baronne intervenu en 1840, la forêt passe à Monsieur de Thannaron qui la fait démembrer, mais garde le domaine de la Chasse et les bois situés aux alentours.

En 1870-871, les Prussiens l'occupèrent. Ensuite il passa à d'autres grands propriétaires.
Enfin le château fut acquis par une société de chasse qui y éleva des sangliers dans les dépendances de l'ancien hôtel seigneurial.
En 1973, l'Etat l'achète, puis le cède à l'Office National des Forêts qui fit entreprendre la démolition de l'hôtel seigneurial et d'importants travaux de rénovation du château, au début des années 1980, pour réaliser un centre d'information forestier.

Evidemment il est impossible d'évoquer le Château de la Chasse sans mentionner ses tours en biais recouverts de tuiles. Celles-ci offrent à l'édifice un aspect original unique.
C'est en 1728 que le petit-fils du Grand Condé a choisi de tronquer les tours et d'installer un corps de logis. Il aurait pu facilement prendre la décision de démolir le château qui tombait en ruines !

Château de la Chasse de la Forêt de MontmorencyEt zoomons enfin sur l'architecture de ce château dont l'intérieur reste mystérieux pour le grand public.
Ce château, vestige d’un logis quadrangulaire de 20 m de côté, est flanqué aux angles de quatre tours rondes de 6 m de diamètre ; une arête marquée en capitale des tours vient souligner la symétrie du plan. Les tours sont espacées d'environ 7 m et la plus haute mesure 10 m. Les murs, en moellons de grès stampien, de taille irrégulière mais de construction soignée, ont 1,20 m d’épaisseur.
Le château est entouré d’un cycle de douves et de deux étangs situés au point de jonction des terriers de Saint-Prix, Montlignon, Bouffémont et Domont, recevant plusieurs ruisseaux dont celui du Nid d’Aigle et du Petit Moulin.
Le côté nord est plus intéressant sur le plan architectural : au XIIe siècle, l'éclairage des tours d'angles ne fut réalisé qu'à travers des meurtrières. Puis, au XIIIe siècle, des fenestrelles furent ouvertes à l'étage : le seigneur y habitait. La salle de garde était au rez-de-chaussée. Dès le XVe siècle et jusqu'à la Renaissance, les fenêtres à meneaux les remplacèrent, puis du XVIIIe au XXe siècle, il y eut différentes autres ouvertures.

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1 commentaire(s)

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Fabienne - Il y a 2 mois
Merci pour votre article fort intéressant
Je vais aller y faire un tour une fois de plus
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