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La discrète église de Montlignon mérite le détour

Publié le : 11-11-2019

Eglise de Montlignon

Vous êtes nombreux à vous promener dans la Forêt de Montmorency et, pour vous y rendre, vous traversez souvent la ville de Montlignon. Vous avez peut-être remarqué cette remarquable église qui rappelle par son aspect modeste le côté villageois de cette commune.

Eglise de MontlignonIl nous suffit de replonger au XVIIIe siècle pour voir Montlignon devenir enfin une paroisse indépendante de Saint-Prix. En effet avant cette date, le petit sanctuaire dépendait de la paroisse d'Andilly avant de devenir la possession du prieuré bénédictin de Saint-Prix (dit prieuré noir de Tour) au début du XIIIe siècle.
Gérard Ducoeur, un de nos éminents historiens locaux, nous rappelle alors, sur le site de Valmorency, l'étape importante de l'histoire de l'église : « C’est par l’ordonnance royale du 31 mars 1836, sur la demande du conseil municipal, que le sanctuaire est érigé en chapelle et ainsi rendu indépendant de celui de Saint-Prix. Il faut attendre les décisions du 26 décembre 1843 et du 23 janvier 1844 pour que la paroisse obtienne son propre desservant. »
Evidemment, la chapelle a été largement modifiée depuis cette date. « A l’intérieur, deux bas-côtés flanquent la nef sur ses quatre travées. Le chœur est à chevet plat, seul couvert d’une voûte d’arêtes en plâtre, le reste l’étant par une simple charpente.
L’arc triomphal a reçu, à la fin du XIXème siècle, un décor polychrome composé d’entrelacs sur fond doré, et en 1987, la baie d’axe a été garnie d’un vitrail non figuratif de Chaboissier. » nous rappelle-t-on sur le sur le site internet Catholique95
Rappelons enfin que l'église est dédiée à André qui est représenté sur un des vitraux du XIXe siècle.

Enfin, impossible d'évoquer cette discrète église sans mentionner Lucien Bunel (Père Jacques) qui a inspiré Louis Malle pour son film "Au revoir les enfants". Une plaque est apposée dans l'église avec ces mots inscrits :

Plaque dédiée à Lucien BunelA la mémoire bénie
du R.P. Jacques de Jésus
Carme Déchaussé fondateur-directeur
du Collège Ste Thérèse à Avon (S & M)
Aumônier militaire
Déporté par la Gestapo
Décédé à Linz (Autriche) le 2 Juin 1945
des suites de son héroïque charité
pour ses camarades du camp
Fidèle souvenir de l’Abbé
Gourdoux et ses paroissiens
de Montlignon
26 Août 1945

 

Lucien Bunel (extrait site ajpn.org)Zoom sur Lucien Bunel

« Au revoir les enfants ! » : Lucien Bunel a marqué l'histoire de Montlignon et inspiré Louis Malle.

« Au revoir, les enfants, à bientôt ! Continuez sans moi ! ». Cette phrase résonne encore pour tous ceux qui ont vu le film de Louis Malle qui raconte l'épisode d'un enseignant qui tente de soustraire trois enfants juifs à la barbarie nazie jusqu'au jour où la Gestapo vient les arrêter…L'enseignant n'était autre que… Lucien Bunel qui a marqué Montlignon de son empreinte. Retour sur un destin extraordinaire.

Lucien Bunel est né en 1900 à Barentin (Seine-Maritime). Dès son plus jeune âge, il a décidé de devenir prêtre. A 5 ans, il disait : « Je serai un grand Monsieur le curé ». Attiré par le sacerdoce, il entre donc au séminaire de Rouen.
C'est à cette époque de sa vie, en 1920, qu'il effectue son service militaire au Fort de Montlignon dans le 82ème régiment d’artillerie lourde. Aussitôt il s'attache à la commune et aux habitants. Il crée le premier patronage pour les jeunes garçons où il déploie déjà ses qualités de pédagogue. Il organise en forêt de Montmorency des promenades qui se terminent en général par un temps de prière.
Deux ans plus tard, en mars 1922, Lucien Bunel est devenu maréchal des logis chef. Il termine son service militaire et quitte Montlignon. Cependant il gardera des liens étroits avec les habitants de la ville. Il reviendra chaque année, jusqu'en 1941, pour retrouver ses amis. Une fidélité qui a touché le cœur des Montlignonais.
Sur le site internet du Carmel en France (Lucien Bunel y est entré en 1931), on indique que « les registres paroissiaux gardent la trace des baptêmes célébrés à Montlignon en 1928 par l’abbé Lucien Bunel et en 1941 par celui désormais appelé Jacques de Jésus. Les anciens numéros du bulletin paroissial "La voix des cloches" témoignent des liens fraternels noués au cours de ce temps de service militaire. »
Lucien Bunel (extrait site rouen.catholique.fr)En 1934, Lucien Bunel devient le directeur du Collège d'Avon fondé par le Conseil provincial du Carmel. Une tâche qui lui permet de permet de mettre en œuvre une nouvelle fois son sens de la pédagogie.
Lorsque la guerre éclate, il est mobilisé en tant que Maréchal des logis et rejoint la 21e batterie de repérage dans l’Est à Bazailles puis à Remenoncourt. Mais il est fait prisonnier en juin 1940 à Lunéville et libéré en novembre.
Dès janvier 1941, le Collège rouvre ses portes. Conscient de la situation, Lucien Bunel (Père Jacques) inscrira en 1894 trois enfants juifs sous un nom d'emprunt afin de leur éviter la déportation. En lien avec la Résistance, il permettra aussi à des personnes d'échapper au STO (Service Du Travail Obligatoire).
Ensuite arrive le fameux 15 janvier 1944 : Le Père Jacques et les trois enfants sont arrêtés par la Gestapo. Lucien Bunel dira à tous ses élèves réunis pour l'appel : « Au revoir, les enfants ! A bientôt ! ». « Au revoir, mon Père » ont répondu ensemble les élèves et les professeurs en applaudissant.
Les enfants seront transférés à Drancy puis déportés à Auschwitz où ils seront dirigés vers les chambres à gaz. Quant au Père jacques, il est d'abord transféré ver la prison de Fontainebleau, puis Compiègne avant d'être déporté au camp de Sarrebrück et enfin à celui de Mauthausen-Gusen. Jusqu'au bout, il aide ses compagnons en leur disant : « N'en doutez pas, le Christ est là, au milieu de nous, comme Il était sur sa Croix, et vous pouvez le contempler. ».
Malheureusement, il tombera malade mais trouvera encore la force, à la libération du camp, de représenter les Français aux réunions du Comité international des déportés. Il mourra d'épuisement à Linz (Autiche) le 2 juin 1945, à l'hôpital Sainte-Élisabeth. Son corps sera transféré à Avon dans le cimetière du Carmel.
Lucien Bunel fait aujourd'hui partie des Justes parmi les Nations honorés par Yad Vashem (voir site internet).

En savoir plus > site consacré à Jacques de Jésus

Eglise de Montlignon

 

 

Eglise de Montlignon

Vous êtes nombreux à vous promener dans la Forêt de Montmorency et, pour vous y rendre, vous traversez souvent la ville de Montlignon. Vous avez peut-être remarqué cette remarquable église qui rappelle par son aspect modeste le côté villageois de cette commune.

Eglise de MontlignonIl nous suffit de replonger au XVIIIe siècle pour voir Montlignon devenir enfin une paroisse indépendante de Saint-Prix. En effet avant cette date, le petit sanctuaire dépendait de la paroisse d'Andilly avant de devenir la possession du prieuré bénédictin de Saint-Prix (dit prieuré noir de Tour) au début du XIIIe siècle.
Gérard Ducoeur, un de nos éminents historiens locaux, nous rappelle alors, sur le site de Valmorency, l'étape importante de l'histoire de l'église : « C’est par l’ordonnance royale du 31 mars 1836, sur la demande du conseil municipal, que le sanctuaire est érigé en chapelle et ainsi rendu indépendant de celui de Saint-Prix. Il faut attendre les décisions du 26 décembre 1843 et du 23 janvier 1844 pour que la paroisse obtienne son propre desservant. »
Evidemment, la chapelle a été largement modifiée depuis cette date. « A l’intérieur, deux bas-côtés flanquent la nef sur ses quatre travées. Le chœur est à chevet plat, seul couvert d’une voûte d’arêtes en plâtre, le reste l’étant par une simple charpente.
L’arc triomphal a reçu, à la fin du XIXème siècle, un décor polychrome composé d’entrelacs sur fond doré, et en 1987, la baie d’axe a été garnie d’un vitrail non figuratif de Chaboissier. » nous rappelle-t-on sur le sur le site internet Catholique95
Rappelons enfin que l'église est dédiée à André qui est représenté sur un des vitraux du XIXe siècle.

Enfin, impossible d'évoquer cette discrète église sans mentionner Lucien Bunel (Père Jacques) qui a inspiré Louis Malle pour son film "Au revoir les enfants". Une plaque est apposée dans l'église avec ces mots inscrits :

Plaque dédiée à Lucien BunelA la mémoire bénie
du R.P. Jacques de Jésus
Carme Déchaussé fondateur-directeur
du Collège Ste Thérèse à Avon (S & M)
Aumônier militaire
Déporté par la Gestapo
Décédé à Linz (Autriche) le 2 Juin 1945
des suites de son héroïque charité
pour ses camarades du camp
Fidèle souvenir de l’Abbé
Gourdoux et ses paroissiens
de Montlignon
26 Août 1945

 

Lucien Bunel (extrait site ajpn.org)Zoom sur Lucien Bunel

« Au revoir les enfants ! » : Lucien Bunel a marqué l'histoire de Montlignon et inspiré Louis Malle.

« Au revoir, les enfants, à bientôt ! Continuez sans moi ! ». Cette phrase résonne encore pour tous ceux qui ont vu le film de Louis Malle qui raconte l'épisode d'un enseignant qui tente de soustraire trois enfants juifs à la barbarie nazie jusqu'au jour où la Gestapo vient les arrêter…L'enseignant n'était autre que… Lucien Bunel qui a marqué Montlignon de son empreinte. Retour sur un destin extraordinaire.

Lucien Bunel est né en 1900 à Barentin (Seine-Maritime). Dès son plus jeune âge, il a décidé de devenir prêtre. A 5 ans, il disait : « Je serai un grand Monsieur le curé ». Attiré par le sacerdoce, il entre donc au séminaire de Rouen.
C'est à cette époque de sa vie, en 1920, qu'il effectue son service militaire au Fort de Montlignon dans le 82ème régiment d’artillerie lourde. Aussitôt il s'attache à la commune et aux habitants. Il crée le premier patronage pour les jeunes garçons où il déploie déjà ses qualités de pédagogue. Il organise en forêt de Montmorency des promenades qui se terminent en général par un temps de prière.
Deux ans plus tard, en mars 1922, Lucien Bunel est devenu maréchal des logis chef. Il termine son service militaire et quitte Montlignon. Cependant il gardera des liens étroits avec les habitants de la ville. Il reviendra chaque année, jusqu'en 1941, pour retrouver ses amis. Une fidélité qui a touché le cœur des Montlignonais.
Sur le site internet du Carmel en France (Lucien Bunel y est entré en 1931), on indique que « les registres paroissiaux gardent la trace des baptêmes célébrés à Montlignon en 1928 par l’abbé Lucien Bunel et en 1941 par celui désormais appelé Jacques de Jésus. Les anciens numéros du bulletin paroissial "La voix des cloches" témoignent des liens fraternels noués au cours de ce temps de service militaire. »
Lucien Bunel (extrait site rouen.catholique.fr)En 1934, Lucien Bunel devient le directeur du Collège d'Avon fondé par le Conseil provincial du Carmel. Une tâche qui lui permet de permet de mettre en œuvre une nouvelle fois son sens de la pédagogie.
Lorsque la guerre éclate, il est mobilisé en tant que Maréchal des logis et rejoint la 21e batterie de repérage dans l’Est à Bazailles puis à Remenoncourt. Mais il est fait prisonnier en juin 1940 à Lunéville et libéré en novembre.
Dès janvier 1941, le Collège rouvre ses portes. Conscient de la situation, Lucien Bunel (Père Jacques) inscrira en 1894 trois enfants juifs sous un nom d'emprunt afin de leur éviter la déportation. En lien avec la Résistance, il permettra aussi à des personnes d'échapper au STO (Service Du Travail Obligatoire).
Ensuite arrive le fameux 15 janvier 1944 : Le Père Jacques et les trois enfants sont arrêtés par la Gestapo. Lucien Bunel dira à tous ses élèves réunis pour l'appel : « Au revoir, les enfants ! A bientôt ! ». « Au revoir, mon Père » ont répondu ensemble les élèves et les professeurs en applaudissant.
Les enfants seront transférés à Drancy puis déportés à Auschwitz où ils seront dirigés vers les chambres à gaz. Quant au Père jacques, il est d'abord transféré ver la prison de Fontainebleau, puis Compiègne avant d'être déporté au camp de Sarrebrück et enfin à celui de Mauthausen-Gusen. Jusqu'au bout, il aide ses compagnons en leur disant : « N'en doutez pas, le Christ est là, au milieu de nous, comme Il était sur sa Croix, et vous pouvez le contempler. ».
Malheureusement, il tombera malade mais trouvera encore la force, à la libération du camp, de représenter les Français aux réunions du Comité international des déportés. Il mourra d'épuisement à Linz (Autiche) le 2 juin 1945, à l'hôpital Sainte-Élisabeth. Son corps sera transféré à Avon dans le cimetière du Carmel.
Lucien Bunel fait aujourd'hui partie des Justes parmi les Nations honorés par Yad Vashem (voir site internet).

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1 commentaire(s)

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HERBEZ - Il y a 25 jours
merci pour vos pages d'histoire
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