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Histoire Forêt de Montmorency > La mode des excursions à dos d'âne.

Publié le : 28-01-2019

André MonneauAndré Monneau, notre cher historien de la Forêt de Montmorency, continue à nous faire partager son amour pour la Forêt de Montmorency. Aujourd'hui, à l'aide de vieilles cartes postales, il nous offre un éclairage sur cette mode des excursions à dos d'âne qui connut un grand succès au cours du XIXe siècle.

 

La mode des excursions à dos d'âne

Promenades à dos d'âne - MontmorencyA la fin du XIXe siècle, la Forêt de Montmorency était déjà un lieu très prisé par tous les habitants de la région mais aussi par de nombreux parisiens qui n'hésitaient pas à faire le voyage en diligence (les fameux célérifères) pour rejoindre Montmorency. Depuis cette ville, ils partaient alors en excursion à dos d'ânes qu'ils louaient à la journée ou à la demi-journée. Pour quelques sous, des enfants faisaient la promenade avec les Parisiens et apportaient leur aide dans la conduite de l'animal.
C'est sous la halle de la place du marché (maintenant la place Roger Levanneur) qu'était donné le départ de ces promenades qui connaissaient un très grand succès. Sous le second Empire, l'engouement pour ce type de promenade est à son apogée : on dénombre 150 ânes.
Le développement du chemin de fer et la vogue du vélocipède entrainent progressivement la disparition des promenades à dos d'âne. En 1884, il n'en reste que 32 et seulement 23 en 1899.

L'âne récalcitrantPour regoûter l'atmosphère qui régnait à Montmorency à cette époque, je vous propose de retrouver un extrait des mémoires d'un âne de Montmorency parues dans le livre "Montmorency en 1900" de JP Neau et A Magarian (collection "Nos villes en 1900" – 1984) : « Sur la place du marché à Montmorency on commença le dimanche à nous ranger sous les arcades d’un vaste bâtiment (les Halles), où vint s’installer plus tard le café Bertelli. On y donnait des concerts. À côté de nous, il y avait aussi des chevaux de louage. Car on nous louait les uns et les autres à des inconnus qui souvent ne savaient même pas nous monter. Certains nous tapaient dessus pour nous faire avancer, quand ce n’était plus de notre humeur… Ils arrachaient des branches de cerisiers sur la route, les transformaient en badines. Par dérision, certains nous nommèrent « les cerisiers de Montmorency ».
Certaines loueuses, des vieilles, à la figure de sorcières, nous affublaient de leur propre prénom, Victoire ou Marguerite sans souci de notre sexe.
Le dimanche, autour de la Halle du marché, on voyait maint visiteur descendre de son cheval ou de sa calèche et venir nous louer pour une promenade, courte ou longue.
Quand le chemin de fer s’établit, les loueuses refusèrent de nous transférer à la gare pour attendre les voyageurs. Elles voulaient conserver leur place traditionnelle autour de la Halle du marché. Cependant, malgré les commerçants du quartier qui protestaient on finit par nous emmener avenue de la Gare en 1882.
Deux ans plus tard, en 1884, la Halle du marché était démolie, le café Bertelli aussi. Nous n’étions déjà plus que trente-deux ânes. Car la mode commençait à passer. Fini le temps où, le dimanche, il fallait nous canaliser par des barrières pour descendre la rue Grétry jusqu’à l’Ermitage ». (extrait livre issu du site Valmorency)

 

Promenade à dos d'âne Promenade à dos d'âne
Promenade à dos d'âne Promenade à dos d'âne

 

André MonneauAndré Monneau, notre cher historien de la Forêt de Montmorency, continue à nous faire partager son amour pour la Forêt de Montmorency. Aujourd'hui, à l'aide de vieilles cartes postales, il nous offre un éclairage sur cette mode des excursions à dos d'âne qui connut un grand succès au cours du XIXe siècle.

 

La mode des excursions à dos d'âne

Promenades à dos d'âne - MontmorencyA la fin du XIXe siècle, la Forêt de Montmorency était déjà un lieu très prisé par tous les habitants de la région mais aussi par de nombreux parisiens qui n'hésitaient pas à faire le voyage en diligence (les fameux célérifères) pour rejoindre Montmorency. Depuis cette ville, ils partaient alors en excursion à dos d'ânes qu'ils louaient à la journée ou à la demi-journée. Pour quelques sous, des enfants faisaient la promenade avec les Parisiens et apportaient leur aide dans la conduite de l'animal.
C'est sous la halle de la place du marché (maintenant la place Roger Levanneur) qu'était donné le départ de ces promenades qui connaissaient un très grand succès. Sous le second Empire, l'engouement pour ce type de promenade est à son apogée : on dénombre 150 ânes.
Le développement du chemin de fer et la vogue du vélocipède entrainent progressivement la disparition des promenades à dos d'âne. En 1884, il n'en reste que 32 et seulement 23 en 1899.

L'âne récalcitrantPour regoûter l'atmosphère qui régnait à Montmorency à cette époque, je vous propose de retrouver un extrait des mémoires d'un âne de Montmorency parues dans le livre " Montmorency en 1900" de JP Neau et A Magarian (collection "Nos villes en 1900" – 1984) : « Sur la place du marché à Montmorency on commença le dimanche à nous ranger sous les arcades d’un vaste bâtiment (les Halles), où vint s’installer plus tard le café Bertelli. On y donnait des concerts. À côté de nous, il y avait aussi des chevaux de louage. Car on nous louait les uns et les autres à des inconnus qui souvent ne savaient même pas nous monter. Certains nous tapaient dessus pour nous faire avancer, quand ce n’était plus de notre humeur… Ils arrachaient des branches de cerisiers sur la route, les transformaient en badines. Par dérision, certains nous nommèrent « les cerisiers de Montmorency ».
Certaines loueuses, des vieilles, à la figure de sorcières, nous affublaient de leur propre prénom, Victoire ou Marguerite sans souci de notre sexe.
Le dimanche, autour de la Halle du marché, on voyait maint visiteur descendre de son cheval ou de sa calèche et venir nous louer pour une promenade, courte ou longue.
Quand le chemin de fer s’établit, les loueuses refusèrent de nous transférer à la gare pour attendre les voyageurs. Elles voulaient conserver leur place traditionnelle autour de la Halle du marché. Cependant, malgré les commerçants du quartier qui protestaient on finit par nous emmener avenue de la Gare en 1882.
Deux ans plus tard, en 1884, la Halle du marché était démolie, le café Bertelli aussi. Nous n’étions déjà plus que trente-deux ânes. Car la mode commençait à passer. Fini le temps où, le dimanche, il fallait nous canaliser par des barrières pour descendre la rue Grétry jusqu’à l’Ermitage ».

Promenade à dos d'ânePromenade à dos d'âne

Promenade à dos d'ânePromenade à dos d'âne 

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