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"Ezra" ou la vie des enfants soldats : débat avec Amnesty international à Montmorency

Le conseil municipal des Jeunes de Montmorency et l'association Amnesty international propose, samedi 30 avril, une projection exceptionnelle de "Ezra" film qui évoque la vie des enfants soldats, principalement en Sierra Leone
Saluons cette initiative des Jeunes de Montmorency en répondant présent ! Ce n'est pas tous les jours que nous pouvons prendre le temps de la réflexion avec, en prime, un débat avec les membres d'Amnesty International.
Attention : ce film est déconseillé aux moins de 10 ans.

Ezra de Newton I AduakaZoom sur le film "Ezra" de Newton I. Aduaka

L'histoire
Ezra, ex enfant-soldat essaie de retrouver ses repères pour revenir à une vie normale, après la guerre civile qui a ravagé son pays.
Son quotidien est partagé entre un centre de rééducation et un tribunal de réconciliation nationale constitué sous l’égide de l’ONU. Durant le procès en réhabilitation auquel Ezra est traduit, il doit affronter sa sœur Onitcha qui l’accuse du meurtre de leurs parents. Mais Ezra qui a traversé cette violente guerre civile, sous l’emprise de la drogue et de l’alcool, ne se souvient de rien. Reconnaîtra-t-il l’horreur devant ces assises, permettant ainsi à sa sœur et à sa communauté villageoise de pardonner ?
Pendant ces longs mois de procès et de souvenirs douloureux, Ezra supporte mal le fait de devoir répondre seul aux accusations de ce tribunal. Il peine à assumer ses méfaits, seule voie qui le réconcilierait avec sa conscience.

Bonus : propos de Newton I. Aduaka (extrait de la conférence de presse réalisée après le Grand Prix du FESPACO et le Prix Spécial Plan pour le Droit des Enfants, remportés par "Ezra".)

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce film ?
Je suis un enfant de la guerre. Je suis né au Biafra, un pays qui n’a existé que trois ans sur la carte du monde, et dont l’histoire a par conséquent été oubliée. Pendant ces trois années, plus d’un million de Biafrais sont morts dans une guerre brutale que j’ai vécue lorsque j’étais un enfant. Je savais que cela faisait partie de mon histoire, de ce que je suis devenu. Mais je ne pensais pas que c’était encore si ancré en moi. Je m’en suis rendu compte en revenant de mes premiers repérages en Sierra Léone, où j’avais rencontré des enfants qui avaient vécu l’enfer. Des enfants qui avaient mené une guerre dont ils ne savaient rien, hormis les mensonges qu’on leur avait racontés. Nous avons parlé à beaucoup de gens : des psychiatres, des avocats d’un tribunal spécial des Nations Unies, des éducateurs… Mais le seul fait que ces enfants aient eu à rencontrer les forces les plus sombres de la vie m’a touché. Et je sais que cette rencontre les hantera toute leur vie et restera à jamais une part de ce qu’ils sont.
Certains de ces enfants ont été enlevés à l’âge de quatre ans. Ceux que j’ai vus étaient suivis en psychothérapie pendant quatre à six mois seulement. Ensuite, on leur apprend à fabriquer du savon ou à se servir d’une machine à coudre, et puis on les lâche dans la nature. Voilà tout ce que font l’ONU et les ONG. Ces enfants ont connu l’enfer pour valoriser le prix des diamants, de l’huile et pour permettre à Wall Street de se maintenir à flot. Tout cela m’affecte profondément, et c’est ce qui a nourri Ezra. Le reste, c’est du cinéma.

Ezra de Newton I AduakaEzra est un document précieux sur la vie des enfants soldats. Comment vouliez-vous aborder cet aspect particulier de la guerre civile au Sierra Leone dont le film s’inspire ?
Le film est en majeure partie inspiré de la situation en Sierra Leone et des conflits en Côte d’Ivoire, au Tchad, au Mozambique, en Angola et au Rwanda. On dit aux enfants qu’ils se battent pour une chose, mais en réalité ils ne savent pas pour quoi ils meurent.
A cause des groupes extrémistes près à tout, ces enfants se trouvent dans des situations qu’ils ne devraient jamais voir ni même imaginer. Ce fut un film difficile à faire pour moi, car je fus moi-même un enfant de la guerre. Je n’avais pas réalisé à quel point un enfant refoule tout dans son subconscient quand il fait la guerre. Vous vivez avec, cela vous construit. J’étais effrayé de ne pas pouvoir communiquer un jour sur ce sujet.

Ezra de Newton I AduakaComment est né le projet ?
Il y a trois ans, j’étais en train d’écrire ce qui devait être mon second long-métrage. Un projet intitulé "Waiting for an angel", qui avait pour toile de fond la pire dictature qu’ait connu le Nigéria. Celle du général Sani Abacha. C’est à cette époque qu’avec Arnaud Louvet de l’Unité Fiction d’ARTE, nous avons évoqué l’idée d’un film sur les enfants soldats. L’idée puis l’histoire sont nées à partir d’un énorme travail de recherche.
J’ai travaillé avec Alain-Michel Blanc qui avait remporté le César du meilleur scénario pour son film "Va, vis et deviens".

À travers le personnage d’Ezra, vous parlez de la confusion du présent et du difficile travail de mémoire. Vouliez-vous en faire le symbole de toute une génération ?
Je suis fasciné par la mémoire. Comment elle fonctionne, comment elle oublie ou se souvient, ses différentes strates, comment nous la reconstruisons, consciemment ou non, comment nous nous arrangeons avec elle. Ezra est porteur de tout cela. Sur un plan symbolique, je crois qu’Ezra, c’est nous. Tout le monde. Nous avons tous été effrayés par la violence institutionnalisée, drogués par les médias trop peureux. Comme Ezra, nous avons tous été trompés. Oui Ezra est semblable à toute une génération d’enfants qui, comme lui, ont pris conscience que pendant qu’ils mourraient de faim ou de la guerre, une poignée de gens avides en profitaient. Ce qu’il y a d’ironique, c’est qu’ensuite, ce sont parfois les mêmes gens qui viennent les juger à travers leurs institutions… Les guerres dans le monde peuvent être évitées, mais seulement si toutes les vies valent le même prix.

Samedi 30 avril à 15 – salle de l'Eden 1bis rue de Pontoise Montmorency.

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